July 13, 2017 / 9:34 AM / a year ago

Paris et Berlin passent à la vitesse supérieure sur la Défense

PARIS (Reuters) - La France et l’Allemagne ont donné jeudi un grand coup d’accélérateur à leur coopération dans le domaine de la Défense en convenant de se doter des mêmes avions de combat de prochaine génération, chars, hélicoptères et autres matériels.

La France et l'Allemagne ont donné jeudi un grand coup d'accélérateur à leur coopération dans le domaine de la Défense en convenant de se doter des mêmes avions de combat de prochaine génération, chars, hélicoptères et autres matériels. Lors d'un conseil des ministres conjoint à l'Elysée, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont également annoncé un plan d'action pour les entreprises de haute technologie et mis l'accent sur les convergences, notamment fiscale. /Photo prise le 13 juillet 2017/REUTERS/Julien de Rosa

Lors d’un conseil des ministres conjoint à l’Elysée, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont également annoncé un plan d’action pour les entreprises de haute technologie et mis l’accent sur les convergences, notamment fiscale.

“Nous sommes prêts à donner un nouvel élan à la coopération franco-allemande”, a déclaré la chancelière allemande lors d’une conférence de presse avec le président français.

Emmanuel Macron a annoncé que Paris et Berlin prendraient des initiatives communes pour l’évolution de la zone euro et de l’Union européenne d’ici la fin de l’année.

Concentré sur la Défense, “ce conseil (...) a été un moment important de notre convergence en la matière”, a-t-il dit.

Paris et Berlin ont affirmé leur volonté de développer une politique européenne de Défense commune et noué une série d’accords ouverts aux autres pays de l’Union qui le souhaitent.

Les deux pays ont exprimé leur intention de concevoir ensemble un futur avion de combat, le prochain modèle d’hélicoptère Tigre, des chars, des systèmes d’artillerie, des drones et de lancer un programme commun de missiles air-sol.

Une impulsion inédite qui tranche avec l’inertie de ces dernières années en la matière.

Un avion commun, “c’est une révolution profonde mais nous n’avons pas peur des révolutions quand elles sont menées de manière pacifique, construite et dans la durée”, a plaidé Emmanuel Macron en écho aux premières inquiétudes des industriels.

MERKEL OUVERTE À UN BUDGET DE LA ZONE EURO

La France et l’Allemagne appellent également de leurs voeux une solution européenne pour de nouveaux systèmes de patrouille maritime et coopération structurée entre leurs commandements cyber.

Les deux pays veulent s’appuyer sur les deux avancées actées lors du dernier Conseil européen - le lancement de la coopération structurée permanente par laquelle des pays pourront coopérer davantage et la création d’un fonds pour la défense.

Outre les futurs matériels, ils désigneront dans ce cadre “des missions à entreprendre” ensemble, a dit Angela Merkel.

Emmanuel Macron a évoqué “une feuille de route volontariste d’initiatives communes que nous prendrons d’ici la fin de l’année en matière d’une plus grande intégration de la zone euro et de l’Europe”.

Il a souhaité, dans un entretien publié jeudi “marier la convergence et les solidarités au sein de l’Union européenne et de la zone euro pour mettre en place des mécanismes de solidarité plus puissants”. “Pour cela, il faut un budget, un gouvernement qui décide de l’allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n’existe pas aujourd’hui.”

La chancelière s’est montrée ouverte aux propositions d’Emmanuel Macron : “Je n’ai rien contre un budget de la zone euro (...) et le ministre européen des Finances, on peut en parler”.

“Le projet de faire évoluer le MES (mécanisme européen de stabilité, NDLR) vers une fonction comparable à celle du FMI est un très bon projet”, a-t-elle ajouté, en soulignant que “les paramètres sont tout à fait différents qu’au moment où a surgi la crise grecque”.

UN MILLIARD POUR LE NUMÉRIQUE

“Nous aurons un calendrier très ambitieux pour la zone euro”, a-t-elle ajouté, mais il faudra un mandat du Parlement issu des législatives allemandes de la fin septembre. “Il y aura de nouvelles étapes franchies cette année mais ça ne peut pas purement et simplement se décréter.”

Elle a confirmé que les deux pays envisageaient une réforme pour faire converger la fiscalité des entreprises, ce qui n’est selon elle “pas simple”.

Paris et Berlin ont réitéré leur volonté de renforcer les instruments de défense commerciale européens, de promouvoir la réciprocité dans l’accès aux marchés, et souligné la nécessité de contrôler les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, selon un document diffusé par l’Elysée.

Le renforcement de la coopération pour développer les micro et nanoélectroniques se ferait dans le cadre d’”un grand projet d’intérêt économique européen” qui permettrait des investissements d’environ 8 milliards d’euros dans les deux pays.

Paris et Berlin veulent aussi mobiliser un milliard d’euros d’investissements publics et privés pour le numérique, les biotechnologies et écotechnologies et mettre en place un programme de recherche conjoint dans les domaines du climat, de l’énergie et du système terrestre.

Un projet d’”Erasmus de la culture et de l’apprentissage” doit être présenté à l’automne.

La France et l’Allemagne ont en outre lancé l’Alliance pour le Sahel, une initiative visant à faciliter les échanges entre bailleurs internationaux pour accélérer l’aide au développement dans cette région en proie à l’instabilité politique, économique et sécuritaire.

avec Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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