July 9, 2017 / 10:42 AM / a year ago

Une nouvelle direction au PS pour tenter de rebondir

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste, laminé par les élections présidentielle et législatives du printemps, s’est donné samedi une direction collégiale, rajeunie et féminisée mais provisoire pour tenter d’échapper à la mort que lui prédisent ses détracteurs.

Le Parti socialiste, laminé par les élections présidentielle et législatives du printemps, s'est donné samedi une direction collégiale, rajeunie et féminisée mais provisoire pour tenter d'échapper à la mort que lui prédisent ses détracteurs. /Photo prise le 24 avril 2017/REUTERS/Vincent Kessler

Son parlement, le Conseil national, réuni à huis clos dans un hôtel parisien, a approuvé sa composition, strictement paritaire (huit femmes et huit hommes).

Cette direction provisoire, qui se réunira pour la première fois le 17 juillet, aura pour mission principale, cet été, de proposer une feuille de route pour la refondation du PS, a dit l’un de ses membres, Rachid Temal, à la presse. Cette feuille de route sera soumise au vote des militants du PS en septembre.

Une des surprises de cette direction est la présence de Régis Juanico, proche de l’ex-candidat socialiste à l’élection présidentielle Benoît Hamon, qui a quitté le PS pour lancer son propre mouvement.

Deux des principaux lieutenants du premier secrétaire démissionnaire Jean-Christophe Cambadélis, Guillaume Bachelay (jusqu’ici chargé des études) et Rachid Temal (qui s’occupait de l’organisation) font aussi partie de la nouvelle direction.

Pour le reste, ses membres vont de la sénatrice Frédérique Espagnac, proche de l’ex-président François Hollande, à des représentants de son aile gauche, comme Emmanuel Maurel, en passant par des proches de la maire de Lille Martine Aubry (Jean-Marc Germain, Isabelle This-Saint-Jean, Valérie Rabault), de l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg (François Kalfon) ou de l’ex-Premier ministre Manuel Valls.

C’est le cas de Luc Carvounas (brouillé avec l’ex-Premier ministre), ou des ex-ministres Ericka Bareigts et Laurence Rossignol. Ce qui n’a pas empêché Manuel Valls, qui a aussi quitté le PS, de diffuser un tweet assassin.

“D’un côté au PS ‘ni Macron, ni Mélenchon’, la ligne qui a conduit au désastre, de l’autre l’optimisme, l’envie et la mesure à La Convention LREM”, écrit-il.

Une allusion à la convention de La République en marche, le mouvement du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, qui se tenait au même moment à l’autre bout de Paris.

UN CONGRÈS DÉBUT 2018 ?

Parmi les anciens ministres de François Hollande figurent également dans cette direction la présidente de la région Occitanie Carole Delga et Matthias Fekl (proche du commissaire européen Pierre Moscovici) mais pas Najat Vallaud-Belkacem.

Cette direction provisoire sera assistée par le trésorier du parti, Jean-François Debat, et les présidents de quatre groupes d’élus socialistes : Olivier Faure (députés), François Rebsamen (élus locaux), Christine Revault d’Allones (eurodéputés) et le future chef de file des sénateurs PS.

Le bureau national et les secrétaires nationaux du PS restent en place et suivront notamment les travaux de la direction provisoire, précise le PS dans un communiqué.

Rachid Temal a également annoncé une réforme du Conseil national du PS, afin d’en faire “un véritable parlement”, avec des commissions de travail comme à l’Assemblée nationale.

Jean-Christophe Cambadélis restera premier secrétaire jusqu’au vote de la feuille de route et demeurera membre du Conseil national et du Bureau national, a-t-il précisé.

“J’essaierai d’être un des sages du PS, j’aiderai à la refondation”, déclare dans une interview au Monde le dirigeant démissionnaire, qui propose un congrès en février 2018.

Ce congrès devra notamment trancher la question des rapports du PS avec le pouvoir et avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, explique Jean-Christophe Cambadélis.

Il juge “de plus en plus difficile” de discuter avec ce dernier, qui dérive selon lui vers un “gauchisme autoritaire et le populisme le plus échevelé”.

Il estime en revanche qu’il y a “un espace pour une opposition de gauche et responsable” face à Emmanuel Macron, à son Premier ministre venu de la droite Edouard Philippe et à la majorité LREM écrasante à l’Assemblée.

Le groupe PS à l’Assemblée, rebaptisé Nouvelle gauche, ne compte que 31 députés, dix fois moins que lors de la précédente législature et moins de deux fois plus que la France insoumise.

“Il faudra aussi se pencher sur la question européenne, ainsi que sur les questions organisationnelles, parce que la forme partidaire est datée”, estime Jean-Christophe Cambadélis.

Concernant la date du congrès, Rachid Temal a dit que ce serait un des éléments de la feuille de route. Mais il a jugé “à titre personnel” que février était “une bonne date”, avant les élections européennes de 2019.

Emmanuel Jarry

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