July 7, 2017 / 9:46 AM / a year ago

Information judiciaire pour favoritisme sur la soirée Macron à Las Vegas

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert vendredi une information judiciaire pour favoritisme lors de l’organisation d’une coûteuse soirée de promotion de la “French Tech” organisée début 2016 à Las Vegas, en présence d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme lors de l'organisation d'une coûteuse soirée de promotion de la "French Tech" organisée début 2016 à Las Vegas, avec la présence d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. /Photo d'archives/REUTERS/Steve Marcus

“Au vu des premiers éléments recueillis dans le cadre de l’enquête préliminaire (...) le parquet de Paris ouvre ce jour (...) une information judiciaire contre personne non dénommée des chefs de favoritisme et recel de favoritisme”, peut-on lire dans un communiqué.

L’enquête préliminaire avait été ouverte le 13 mars dernier après réception d’un signalement de l’Inspection générale des finances (IGF) et confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

L’établissement public chargé de promouvoir la France auprès des investisseurs étrangers, Business France, alors dirigé par Muriel Pénicaud, actuelle ministre du Travail, avait demandé à Havas d’organiser cette soirée à l’occasion du salon Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas.

Muriel Pénicaud, qui “prend acte” de la décision du parquet, déclare dans un communiqué attendre “sereinement les conclusions qui seront tirées à l’issue de la procédure”.

“Je maintiens avec la plus grande fermeté que je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai pas l’intention de me laisser détourner de la mission qui est la mienne”, souligne-t-elle.

Havas se défend également de toute irrégularité et assure qu’un accord cadre conclu en juin 2015 pour 18 mois avec Business France lui permettait d’organiser ce type d’événement sans passer par un appel d’offres.

Cet accord cadre, dit-on de source proche du dossier, avait lui-même fait l’objet d’un appel d’offres dont l’objectif était de sélectionner une agence de communication pour “accompagner” Business France dans son action de promotion.

Business France “s’engage à y avoir recours et à acquérir par son biais l’ensemble de ses besoins définis dans le présent cahier des charges”, lit-on dans ce document, consulté par Reuters, au chapitre modalités des passation de commandes.

AUDITS

Sur 18 mois, Havas a facturé à Business France 6,666 millions d’euros hors taxes, dont 315.000 euros pour la soirée “French Tech” de Las Vegas.

Selon une source proche du dossier, Business France avait mandaté Havas fin novembre 2015 pour travailler sur l’événement de Las Vegas, prévu le 6 janvier 2016, et les équipes du publicitaire s’étaient aussitôt mises au travail.

Mais parmi les mails trouvés lors de perquisitions le 20 juin aux sièges des deux sociétés, figure un courriel de la directrice de la communication de Business France, Fabienne Bothy-Chesneau, récemment entendue par les enquêteurs.

Elle écrit en 2015 à la personne chargée du compte Business France à Havas que Business France va mettre le publicitaire en concurrence avec l’agence APCO, qui avait organisé le même événement l’année précédente, précise-t-on de même source.

Cela n’interrompt pas le travail de Havas mais Business France ne paye pas et Muriel Pénicaud lancera deux audits, un interne et un externe, après la soirée de Las Vegas.

En novembre 2016, un protocole transactionnel est négocié entre Business France et Havas, qui n’a toujours pas été payé.

Finalement, Business France règlera en mars 2017 à Havas la somme de 289.000 euros, après validation par l’Inspection générale des finances le 15 février, selon une synthèse des montants versés au publicitaire également consultée par Reuters.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner a rappelé mardi sur Europe 1 que Muriel Pénicaud devrait quitter ses fonctions si elle était mise en examen dans ce dossier, tout en minimisant cette affaire.

Emmanuel Jarry avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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