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La droite se fracture à l'Assemblée nationale

PARIS (Reuters) - La bombe à fragmentation des législatives a produit ses premiers effets à droite avec l’annonce mardi d’un groupe dissident des Républicains à l’Assemblée, les “constructifs”, qui prônent une attitude d’ouverture à l’égard d’Emmanuel Macron.

La bombe à fragmentation des législatives a produit ses premiers effets à droite avec l'annonce mardi d'un groupe dissident des Républicains à l'Assemblée, les "constructifs", qui prônent une attitude d'ouverture à l'égard d'Emmanuel Macron. Les Républicains ont déjà manifesté leur indépendance en annonçant la formation d'un groupe d'"une quarantaine" de députés, LR et centristes de l'UDI. Thierry Solère (photo) pourrait en prendre la présidence. /Photo prise le 24 avril 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

Les divisions ont resurgi dimanche au sein de LR après la victoire sans appel de La République en marche, qui relègue la droite dans l’opposition avec toutefois une marge d’influence plus large qu’annoncé : 111 élus LR siégeront.

L’UDI, allié de LR aux élections législatives, a lui aussi appelé à la constitution d’un groupe parlementaire “novateur” et “progressiste” à l’issue d’une réunion de son bureau politique.

L’Union des démocrates et indépendants compte 18 députés à la chambre basse du Parlement. Six “divers droite” ont également été élus.

Le remaniement gouvernemental consécutif au scrutin, prévu d’ici mercredi 18h00, risque de déstabiliser un peu plus un parti exsangue, le Premier ministre (LR) Edouard Philippe ayant clairement exprimé son intention d’appeler d’autres élus de droite dans son équipe.

Les noms des “constructifs” Jean-Baptiste Lemoyne, Franck Riester, Pierre-Yves Bournazel, notamment, circulaient.

Ils ont déjà manifesté leur indépendance en annonçant la formation d’un groupe d’”une quarantaine” de députés, LR et centristes de l’UDI. Thierry Solère pourrait en prendre la présidence.

“Il y aura un groupe de députés constructifs qui va rassembler des députés issus de la droite et du centre qui veulent travailler avec le Premier ministre”, a dit à la presse la députée Laure de La Raudière, proche du ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui a été réélue dimanche.

“On a envie d’accompagner ce gouvernement pour qu’il réussisse, pour qu’il ait des résultats vis-à-vis des Français”, a-t-elle ajouté.

Le groupe aura la liberté de vote et certains de ses membres voteront le 4 juillet la confiance au gouvernement, a-t-elle précisé. Sa composition devrait être annoncée mercredi, lorsque le groupe LR se réunira pour élire son président.

L’UDI précise pour sa part que la nouvelle formation doit être ouverte et rassembler des courants très divers.

“L’UDI appelle à la constitution d’une force progressiste rassemblant les familles écologistes, radicales, démocrates, centristes et de droite humaniste”, déclare le parti de centre droit dans un communiqué publié dans la soirée.

“Nous invitons donc ces familles politiques à constituer un groupe parlementaire novateur indépendant, exigeant et bienveillant qui portera ce renouveau de la vie politique”, poursuit le communiqué.

“IL NE PEUT Y AVOIR D’OPPOSITION OFFICIELLE”

Face à eux, les tenants d’une opposition “constructive et vigilante”, selon les termes de Damien Abad, ex-soutien de Bruno le maire, qui brigue la présidence du groupe, et les avocats d’une opposition frontale, pour majorité “sarkozystes”, emmenés par un Christian Jacob contesté au sein du groupe.

Les deux hommes, Damien Abad et Christian Jacob, sont les seuls à avoir déposé leur candidature pour diriger le groupe avant l’heure limite, mardi soir.

Le “sarkozyste” Daniel Fasquelle a regretté la scission du groupe.

“C’est dommage, en faisant cela, on affaiblit l’opposition inutilement”, a-t-il dit. “Je pense que sur le fond, en réalité, ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous sépare.” “Chacun a toujours sa liberté dans ce groupe. (...) Il n’y a aucune raison de vouloir créer un groupe différent et supplémentaire”, a-t-il dit.

Le chef de file de la campagne des Républicains pour les législatives, François Baroin, s’était réjoui dimanche soir que le parti ait déjoué les pronostics les plus sombres et se soit mis en position de constituer “un groupe suffisamment important pour faire entendre nos engagements, nos convictions, nos valeurs”.

“Il appartiendra à ce groupe, dans le respect du nouveau pouvoir exécutif, de faire entendre nos différences avec En Marche, notamment sur le plan fiscal”, avait-il ajouté.

Alain Juppé a estimé lundi, sur son blog, que la droite était désormais confrontée à trois défis : “celui de son attitude vis-à-vis du gouvernement - opposition frontale ou travail constructif -“, “du renouvellement de ses équipes dirigeantes” et “le défi de la ligne politique et plus profondément de la vision qu’une droite humaniste régénérée pourra proposer”.

“Il ne peut pas y avoir d’opposition officielle. La majorité ne peut la choisir, l’organiser. Il doit y avoir une opposition franche, claire, constructive, qui regarde et vote les textes lorsqu’ils vont dans le bon sens”, a déclaré mardi sur Radio Classique l’ancien ministre sarkozyste Eric Woerth, réélu dans l’Oise.

Un bureau politique LR convoqué mercredi devrait permettre de clarifier la situation, avec le risque de nouveaux règlements de comptes.

Emile Picy et Sophie Louet, avec Simon Carraud et Danielle Rouquié édité par Yves Clarisse

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