June 20, 2017 / 9:05 AM / a year ago

Philippe "pas satisfait" qu'un fiché S puisse être armé

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe a estimé mardi qu’il n’était pas “satisfaisant” qu’une personne fichée S puisse continuer de bénéficier d’une autorisation de détention d’armes, au lendemain d’une tentative d’attentat sur les Champs-Elysées.

Edouard Philippe a estimé mardi qu'il n'était pas "satisfaisant" qu'une personne fichée S puisse continuer de bénéficier d'une autorisation de détention d'armes, au lendemain d'une tentative d'attentat sur les Champs-Elysées. /Photo prise le 24 mai 2017/REUTERS/Benoit Tessier

Un homme a foncé lundi sur un fourgon de gendarmes sur la célèbre avenue parisienne au volant d’une voiture contenant des explosifs, sans faire de blessés. L’auteur de l’attaque, qui n’a pour l’heure pas été revendiquée, est mort.

“On se rend compte qu’il est en fait assez possible que l’homme qui est décédé (lundi sur les Champs-Elysées-NDLR) ait été l’objet d’un signalement, d’une fiche S et en même temps qu’il ait été détenteur d’une autorisation de détention d’armes”, a dit le Premier ministre sur BFM TV RMC.

“Ce que je sais, à ce stade, c’est que la première autorisation d’armes a été donnée avant le signalement de cet individu”, a-t-il ajouté. “Au moment où l’autorisation a été donnée il n’y avait aucun antécédent judiciaire qui aurait justifié une décision de ne pas autoriser la détention d’armes.”

“Personne ne peut se satisfaire et certainement pas moi que quelqu’un qui fait l’objet d’un signalement puisse continuer à bénéficier de cette autorisation”, a dit le Premier ministre.

Dans le même temps, “si on retire une autorisation à quelqu’un qui fait l’objet d’une surveillance, il va assez vite comprendre pourquoi on lui retire, je ne dis pas que c’est infondé, je dis juste c’est une décision difficile à prendre à un moment donné”.

La France est en état d’alerte depuis janvier 2015 et la série d’attentats djihadistes sans précédent commis sur son sol qui ont fait plus de 238 morts et des centaines de blessés.

Dans un contexte de menaces jugées encore élevées, le gouvernement souhaite inscrire dans la loi des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence.

Ce régime d’exception instauré depuis les attentats de novembre 2015 est décrié par les défenseurs des libertés publiques et les défenseurs des droits de l’homme.

“Nous allons vivre pendant longtemps avec une menace terroriste élevée”, a souligné Edouard Philippe “La question c’est comment nous nous organisons pour vivre avec cette menace terroriste et pour la faire disparaître”.

“Nous ne pouvons pas rester dans l’état d’urgence, ce n’est pas raisonnable, nous devons en sortir mais nous devons faire en sorte qu’un certain nombre de situations extrêmement limitées puissent être prises en compte avec des instruments légaux sous le contrôle du juge”.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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