June 20, 2017 / 8:45 AM / a year ago

Jean-Marie Le Pen demande la démission de Marine Le Pen

par Simon Carraud

Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du Front national, a demandé mardi la démission de sa fille, Marine Le Pen, de la présidence du parti, conséquence logique, selon lui, de ses "échecs cinglants" aux élections présidentielle et législatives. /Photo prise le 1er mai 2017/REUTERS/Gonzalo Fuentes

NANTERRE, Hauts-de-Seine (Reuters) - Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du Front national, a demandé mardi la démission de sa fille, Marine Le Pen, de la présidence du parti, conséquence logique, selon lui, de ses “échecs cinglants” aux élections présidentielle et législatives.

Celui qui est encore, à 89 ans, le président d’honneur du Front national s’est vu refuser l’entrée de la réunion du bureau politique du parti d’extrême droite.

Il a trouvé grille close au siège du FN, rue des Suisses à Nanterre (Hauts-de Seine), ce qu’il a fait constater sur place par un huissier et l’un de ses avocats, Frédéric Joachim.

Des membres du service d’ordre du Front national, le Département protection sécurité (DPS), se trouvaient devant le siège et un cadenas était posé sur la grille lorsque Jean-Marie Le Pen s’est présenté - il a été retiré après son départ.

Evoquant les “échecs cinglants” de son parti aux élections présidentielle et législatives, le patriarche a demandé la démission du bureau exécutif du FN, puis le départ de sa fille, qui préside le Front national depuis 2011.

“Le Front national vient de subir deux échecs cinglants”, a-t-il dit. “La règle démocratique et républicaine, c’est (...) dans ces conditions on démissionne.”

“On sait qu’au Front National, il n’y a pas la reconnaissance du ventre. Puisque je vous rappelle que, si je n’avais pas prêté neuf millions au Front National, non seulement il n’aurait pas pu participer aux élections législatives, mais même pas aux élections présidentielles”, a-t-il ajouté.

MARINE LE PEN “A HORREUR DU DÉBAT”

“On fait son temps tant qu’on rend service, on cesse de faire son temps quand on nuit à son mouvement par ses positions et son entêtement”, a-t-il déclaré à propos de sa fille, qualifiée pour le second tour de la présidentielle.

Jean-Marie Le Pen a été exclu du Front national en 2015 après des propos répétés sur la Deuxième Guerre mondiale. Il a été rétabli un an plus tard par la justice dans ses fonctions de président d’honneur.

Il entretient des relations orageuses avec Marine Le Pen, qui le considère comme un adversaire politique.

“Mme Le Pen ne souhaite avoir autour d’elle que des courtisans. Elle a horreur du débat, elle a horreur de la contradiction”, a-t-il déclaré mardi, mettant sur le compte de son éviction, notamment, les scores à ses yeux décevants du Front national aux élections du printemps.

La première cause, “c’est l’éviction du président”, a-t-il dit en parlant de lui-même, évoquant une “faute capitale”.

Le bureau politique du Front national se réunit mardi pour la première fois depuis des mois afin d’analyser les deux dernières campagnes électorales qui se sont soldées par l’élection de huit députés FN à l’Assemblée nationale.

Un résultat en deçà des espérances affichées par le parti de constituer au moins un groupe de 15 députés.

Une ligne de clivage traverse le FN, qui sépare principalement les partisans de Florian Philippot, attachés à un souverainisme anti-euro, et les autres, qui souhaitent un aggiornamento sur la question monétaire et un rapprochement avec une partie de la droite.

Marine Le Pen doit réunir un séminaire cet été puis un congrès, probablement début 2018, au cours duquel doivent être tranchées les questions qui fâchent.

Marine Le Pen reproche à son père d’avoir présenté ses propres candidats aux législatives, une initiative qui a selon elle coûté sa place au second tour à un dirigeant frontiste, Jean-Lin Lacapelle, dans une circonscription pourtant favorable des Bouches-du-Rhône.

À la sortie du bureau politique, les participants ont tous souligné la “bonne ambiance” et le climat “constructif” qui aurait régné pendant les cinq heures d’échanges à huis clos, conformément à l’esprit de “camaraderie” voulu par Marine Le Pen après les passes d’armes entre clans de ces dernières semaines.

La direction a décidé de mettre sur pied huit groupes de réflexion, sur la stratégie, les thématiques de campagne ou l’organisation du parti, un vaste remue-méninges préalable à un séminaire prévu en juillet, puis au congrès décisif du début 2018.

Le but est de purger les différends, si possible en évitant les esclandres et les portes qui claquent.

Edité par Elizabeth Pineau

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