June 14, 2017 / 3:41 PM / a year ago

A Paris, Kosciusko-Morizet en détresse dans une zone "imperdable"

PARIS (Reuters) - Avec 23 points de retard au premier tour des législatives sur son adversaire de La République en Marche (LREM), Nathalie Kosciusko-Morizet a une chance infime d’être élue dimanche députée d’une circonscription pourtant jugée imperdable pour la droite.

Avec 23 points de retard au premier tour des législatives sur son adversaire de La République en Marche (LREM), Nathalie Kosciusko-Morizet a une chance infime d'être élue dimanche députée d'une circonscription pourtant jugée imperdable pour la droite. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

C’est en “battante” autoproclamée que l’ancienne ministre investie par Les Républicains, ex-candidate à la mairie de Paris et à la primaire de la droite pour la présidentielle faisait campagne, mardi soir, près de la Tour Eiffel.

A l’heure de la sortie des bureaux, une table avec des friandises et des bracelets siglés “Avec NKM” avait été installée au coin de deux rues, non loin des panneaux électoraux officiels montrant son adversaire du second tour, Gilles Le Gendre, tout sourire aux côtés d’Emmanuel Macron.

Le candidat LREM a obtenu 41,81% des suffrages dimanche contre 18,13% pour “NKM”, qui a aussi pâti de la concurrence de dissidents LR comme le maire du VIe arrondissement, Jean-Yves Lecoq, et l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

“A Paris, on risque de ne plus avoir un seul député de droite, y compris dans des circonscriptions traditionnellement imperdables comme le 15e, le 16e ou le 17e arrondissements. Dans ce contexte, notre circonscription se tient”, analyse Nathalie Kosciuko-Morizet devant Reuters.

Une déroute également constatée dans les bastions comme le Var, où la droite risque de tout perdre, et les Hauts-de-Seine.

“ILS ONT DÉJÀ LA MAJORITÉ, DONC VOTEZ POUR NOUS!”

Conjurant les présages, Nathalie Kosciusko-Morizet discute avec les passants, tandis que ses équipes dispersent des tracts.

“J’espère que vous allez l’emporter ! “, lance une dame, sans s’arrêter. “Merci, on se bat pour ça”, répond la candidate.

Une femme se glisse pour dire son “estime” à l’une des rares figures féminines des Républicains. “D’autres sont comme des camionneurs, ils se battent sans douceur. Ce n’est pas votre cas”, souligne-t-elle.

Un homme l’interpelle à propos d’En marche. “Une start-up a pris le contrôle de la France, c’est quand même énorme !”

Une riveraine âgée s’approche. “Macron va vous écraser”, prédit-elle. “Tout le monde est écrasé”. Nathalie Kosciusko-Morizet tente une parade : “Ce n’est pas la peine de voter pour eux, ils ont déjà la majorité, donc votez pour nous !”

Séduite, la dame repart avec des tracts pour son immeuble.

L’échec possible de Nathalie-Kosciusko Morizet dans la 2e circonsciption de Paris, abandonnée par François Fillon, symbolise toute la difficulté du positionnement de LR face à un mouvement qui a mis Edouard Philippe et Bruno Le Maire, deux figures de droite, à Matignon et au ministère de l’Economie.

Malgré son appel, en mai, à saisir la main tendue d’Emmanuel Macron, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas été épargnée par le parti présidentiel, qui a présenté un candidat contre elle.

Ce que l’ex-ministre considère comme une manoeuvre pour lui refuser un tremplin vers les élections municipales de 2020, qui intéressent aussi le porte-parole de LREM, Benjamin Griveaux.

“CANDIDATE DES CONVICTIONS”

Après Alain Juppé la semaine dernière, celle qui revendique sa “libre parole” a reçu lundi le soutien de Jean-Pierre Raffarin, autre ténor d’une droite déboussolée.

“L’évolution de la position de certains républicains qui commencent la campagne en disant ‘on bloquera tout’ et qui finissent en disant “on votera ce qu’il y a de bien” n’a pas aidé”, reconnaît-elle. “Personnellement, je pense depuis le début qu’il faut voter ce qu’il y a de bien.”

Un positionnement jugé ambigu par son adversaire LREM.

“Quand on se présente aux électeurs, il faut être dans une position claire. Elle n’est pas dans une position claire”, déclarait Gilles Le Gendre mardi devant la presse.

Aux accusations de confusion, Nathalie Kosciusko-Morizet réplique en se présentant comme “la candidate des convictions”.

“Lui, on n’a toujours pas compris quelles étaient les siennes car il se contente de dire ‘regardez, j’ai l’étiquette, votez pour moi !”, ironise-t-elle.

Polytechnicienne, ingénieur de profession, ancienne fonctionnaire, mère de deux enfants, Nathalie Kosciusko-Morizet dit n’avoir pas encore envisagé “l’après”, si défaite il y a.

“Beaucoup de choses m’intéressent mais, pour l’instant, je dépense toute mon énergie sur la campagne”, assure-t-elle avant de quitter la rue pour une réunion d’appartement.

Edité par Yves Clarisse

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