June 11, 2017 / 9:25 PM / a year ago

La digue de la droite cède face à la déferlante Macron

PARIS (Reuters) - Les Républicains et l’UDI ont échoué dimanche à endiguer la lame de fond en faveur du parti d’Emmanuel Macron au premier tour des législatives, qui annoncent des débats probablement houleux entre camps rivaux au sein d’une droite en recomposition.

Les Républicains et l'UDI ont échoué dimanche à endiguer la lame de fond en faveur du parti d'Emmanuel Macron au premier tour des législatives. /Photo prise le 24 avril 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

Avec environ 22% des voix, selon des résultats non encore définitifs, la coalition LR-UDI peut désormais espérer sauver des décombres une petite centaine se sièges, soit environ deux fois moins que dans l’Assemblée nationale sortante.

Un résultat “décevant pour notre famille politique”, a concédé le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, sur France 2, tout en soulignant le poids de l’abstention. “Notre électorat ne s’est pas mobilisé, n’est pas allé voter.”

Symbole du désarroi qui règne à droite : la deuxième circonscription de Paris, réputée imperdable pour LR, a placé le candidat de La République en marche, Gilles Le Gendre, largement en tête avec 41,55% des voix, selon des résultats provisoires, devant une multitude d’adversaires se réclamant du camp conservateur, Nathalie Kosciusko-Morizet en tête.

“Il faut prendre acte que les Républicains sont ce soir la deuxième force politique du pays et qu’il nous appartient dans la semaine qui vient de détailler les différences (avec La République en marche-NDLR)”, a dit Bernard Accoyer.

Au siège du parti, François Baroin a lancé un appel au sursaut aux électeurs de la droite et du centre.

CHOC DES PERSONNALITÉS

“Les projections en sièges annoncées montrent qu’un sursaut est indispensable pour le second tour de ces législatives”, a déclaré le sénateur, à qui était revenu le rôle sacrificiel de mener sa famille dans la bataille.

“Il est en effet indispensable pour porter un maximum de candidats de l’union de la droite et du centre à l’Assemblée nationale”, a poursuivi ce chiraquien historique.

La semaine de la droite sera également dominée par une question épineuse et potentiellement destructrice pour la droite, celle des consignes à donner dans les circonscriptions où le FN se maintient au second tour.

Bernard Accoyer a fait savoir dimanche que la question serait tranchée au cas par cas, à l’occasion d’un bureau politique prévu lundi.

Ce débat préfigure ceux qui attendent LR en prévision d’un congrès, prévu à l’automne.

Décapités par leur primaire puis par la présidentielle, Les Républicains se chercheront alors un nouveau président parmi les prétendants pressentis - Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et peut-être d’autres encore.

Au-delà du choc des personnalités, les dirigeants se préparent à un examen de conscience post-défaites.

“Sur la ligne, nous discuterons et nous aurons un compromis nécessairement puisque nous élirons notre prochain président à l’automne”, a déclaré Bernard Accoyer dimanche.

Depuis la victoire d’Emmanuel Macron, le mois dernier, le clivage s’est dessiné entre les partisans d’une position souple face au nouveau président et les tenants d’une ligne dure, pour lesquels aucune concession n’est envisageable.

Simon Carraud avec Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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