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Le ministère du Travail porte plainte sur les fuites

PARIS (Reuters) - Muriel Pénicaud annonce vendredi que le ministère du Travail a porté plainte contre X à la suite de la publication, mercredi dans le quotidien Libération, de plusieurs documents issus de la Direction générale du travail faisant état de pistes étudiées pour la réforme du Code du travail.

La ministre Muriel Pénicaud (photo) annonce vendredi que le ministère du Travail a porté plainte contre X à la suite de la publication, mercredi dans le quotidien Libération, de plusieurs documents issus de la Direction générale du travail faisant état de pistes étudiées pour la réforme du Code du travail. /Photo prise le 6 juin 2017/REUTERS/Charles Platiau

“L’administration du ministère de Travail a décidé de porter plainte contre X, parce que ça porte atteinte à l’honneur, à l’intégrité de toute l’administration”, a déclaré Muriel Pénicaud sur franceinfo, en précisant que cette plainte “ne concerne pas le gouvernement”.

La ministre du Travail a visé “quelques personnes qui ont enfreint la loi, qui ont [violé le] secret professionnel, qui ont volé ou divulgué des documents”.

D’après les textes publiés par Libération, le ministère entendrait mettre en place la primauté des négociations au sein des entreprises.

“Je rappelle que ce document n’a en rien engagé le gouvernement”, s’est une nouvelle fois défendu la ministre.

Dès mercredi, Muriel Pénicaud avait dénoncé ce qu’elle avait présenté comme “pas un document officiel”.

“Il n’y a pas de plan caché. Il y a des orientations qui ont été clairement annoncées lors de la campagne présidentielle et que le président et donc le gouvernement portent”, avait-elle déclaré sur France Inter.

Libération s’en remet “à la justice pour apprécier le degré de pertinence de cette plainte” et évoque une “fuite désagréable pour l’autorité, mais fuite utile au débat public”.

“Madame Pénicaud est sans doute habituée aux us et coutumes du secteur privé, qui cherche à réprimer par tout moyen juridique ou moral ceux qui rendent publiques ses menées diverses et variées, y compris s’il s’agit d’un lanceur d’alerte”, estime Laurent Joffrin, directeur de la publication, dans un billet publié sur le site du quotidien.

“On doit choisir entre la transparence du débat public et le secret dont tout pouvoir cherche à s’entourer. La ministre a choisi. Elle exige le secret. Quitte, pour l’obtenir, à recourir immédiatement à l’arme ultime, la répression judiciaire”, ajoute-t-il.

Cette plainte vient exacerber les inquiétudes des syndicats. “Si elle porte plainte, elle admet que ce sont ses documents. Elle valide donc bien ces axes de travail”, a réagi Eric Beynel de Solidaires.

Le groupe syndical a rencontré jeudi soir la CGT, la FSU, le syndicat étudiant Unef et le syndicat lycéen UNL pour discuter de mobilisations.

“Nous, on est persuadés que le gouvernement ne fait qu’attendre les résultats des législatives. Les choses sont assez graves”, a dit le syndicaliste à Reuters.

Caroline Pailliez et Cyril Camu, édité par Yves Clarisse

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