June 9, 2017 / 4:30 AM / a year ago

Theresa May reste à la tête du gouvernement malgré le désaveu électoral

LONDRES (Reuters) - Theresa May a annoncé vendredi qu’elle allait former un nouveau gouvernement en Grande-Bretagne malgré le net désaveu enregistré dans les urnes par le Parti conservateur aux élections législatives de jeudi.

Theresa May a annoncé vendredi qu'elle allait former un nouveau gouvernement en Grande-Bretagne malgré le désaveu enregistré dans les urnes par le Parti conservateur lors des élections législatives de jeudi. /Photo prise le 9 juin 2017/REUTERS/Toby Melville

La Première ministre avait convoqué ce scrutin anticipé dans le but de renforcer la majorité absolue dont elle disposait au Parlement et se donner ainsi les coudées franches dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Brexit, qui doivent commencer le 19 juin.

Mais, au terme d’une nuit électorale à suspense, une opposition travailliste renaissante l’a privée d’une victoire pleine et entière en lui faisant perdre non seulement la majorité absolue à la Chambre des communes, mais aussi son pari.

L’avenir politique de Theresa May, 60 ans, n’est pas garanti, tant le résultat du scrutin a surpris, et irrité, au sein du Parti conservateur. “Elle reste, pour le moment”, résume-t-on chez les Tories.

Pour se donner les moyens de gouverner, la Première ministre a déclaré qu’elle allait continuer à travailler “avec nos amis et alliés du DUP (...) dans l’intérêt de tout le Royaume Uni”.

Le Parti unioniste démocrate (DUP, protestant) d’Irlande du Nord a remporté dix sièges. Sa dirigeante, Arlene Foster, a confirmé que des pourparlers allaient se tenir avec les Tories.

CORBYN “PLEIN D’ESPOIR”

Après attribution de 649 des 650 sièges des Communes, les Tories en ont remporté 318. Il en faut 326 pour disposer d’une majorité absolue. Le Parti conservateur en avait 330 dans l’assemblée sortante. Le Labour a obtenu 261 sièges, un score inespéré il y a encore quelques semaines.

Son chef, Jeremy Corbyn, a jugé que Theresa May devait démissionner, disant que le Labour était prêt à former un gouvernement minoritaire. Il a estimé que les négociations sur le Brexit devaient s’enclencher comme prévu.

“Si (...) le Parti conservateur a remporté le plus de sièges et probablement le plus grand nombre de voix, il nous incombera de faire en sorte que nous ayons cette période de stabilité et c’est ce que nous ferons”, a déclaré Theresa May après avoir été réélue dans sa circonscription de Maidenhead, près de Londres.

Après avoir lui aussi été réélu dans le nord de Londres, Jeremy Corbyn a dit sa “fierté” face à résultat “plein d’espoir”.

“Les gens en ont assez des politiques d’austérité et des coupes dans les services publics”, a jugé le dirigeant travailliste.

Le temps de Theresa May est “terminé”, a-t-il tranché. “Le mandat qu’elle a eu ce sont des sièges conservateurs perdus, des voix perdues, un soutien perdu et une confiance perdue”.

CRAINTES DE BRUXELLES

Prié de dire si les négociations en vue du Brexit devaient être reportées, Jeremy Corbyn a répondu : “Il va falloir qu’elles commencent parce que l’article 50 (du traité européen NDLR) a été invoqué. Le gouvernement qui sera en fonction dans 11 jours devra mener ces négociations sur le Brexit.”

“Notre position est très claire, nous voulons un Brexit qui mette l’emploi en premier. De ce fait, la chose la plus importante est un accord commercial avec l’Europe”, a-t-il ajouté sur Sky News.

Le Labour aurait eu lui aussi des alliés potentiels pour former un gouvernement minoritaire, notamment le Parti national écossais (SNP) de Nicola Sturgeon, qui a subi un gros revers mais conserve néanmoins la majorité des sièges écossais (35).

Nicola Sturgeon, qui est également la Première ministre écossaise, a estimé que Theresa May avait perdu “toute autorité et toute crédibilité”.

Dans ce contexte d’incertitude, la livre sterling a perdu jusqu’à environ 2% à la fois face à l’euro et au dollar. En revanche, la Bourse de Londres a fini en hausse.

L’Union européenne s’est montrée prudente dans sa réaction mais des craintes sont apparues de voir un report du début des négociations sur le Brexit.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a estimé que la contre-performance des conservateurs “ne sera pas sans impact” sur le Brexit.

Le négociateur en chef pour le Brexit, Michel Barnier, a rappelé que le calendrier était clair mais que les négociations sur le divorce, censées durer deux ans, ne devraient commencer que quand le Royaume-Uni serait prêt.

Le scrutin a par ailleurs marqué un effondrement du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip), promoteur historique de la sortie de l’UE, qui n’obtient aucun siège. Son chef de file, Paul Nuttall, a démissionné.

Tangi Salaün, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser pour le service français

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