June 8, 2017 / 9:39 AM / 2 years ago

Aux Antilles-Guyane, les partis traditionnels éclatés

FORT-DE-FRANCE, Martinique (Reuters) - Des partis locaux traditionnels à la peine et des formations nationales quasi inexistantes : la campagne des élections législatives passerait presque inaperçue aux Antilles et en Guyane, s’il n’y avait les allers et venues des voitures sono dans les quartiers.

Des partis locaux traditionnels à la peine et des formations nationales quasi inexistantes : la campagne des élections législatives passerait presque inaperçue aux Antilles et en Guyane. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Le nombre de candidats explose : 154 au total sur ce bassin d’à peine plus d’un million d’habitants.

En Martinique, 53 candidats labourent le terrain. Trois des quatre députés sortants restent favoris : Serge Letchimy (PPM - Parti progressiste martiniquais), Jean-Philippe Nilor (MIM- Mouvement indépendantiste martiniquais) et Nestor Azerot (Mouvement initiative populaire, divers gauche).

“L’affaiblissement des partis traditionnels est complet”, analyse Justin Daniel, professeur de sciences politiques à l’Université des Antilles. “Lors des élections précédentes, des coalitions ont été formées, mais il ne s’agit que du cache-misère d’un paysage politique hyper morcelé”.

Serge Letchimy distance le candidat soutenu par la coalition MIM-Droite. Sa circonscription, celle de Fort-de-France, est détenue par le PPM depuis 1958.

Cet affaiblissement ne profite pas pour autant aux partis et mouvements politiques de métropole, qui ne s’implantent que très péniblement, malgré le raz-de-marée en faveur de La France insoumise à l’élection présidentielle (27,36%, devant La République en Marche, 25,53 %).

LREM ne présente d’ailleurs que deux candidats, au faible poids politique local, dans les première et troisième circonscriptions.

LA GUYANE SORT D’UN CONFLIT SOCIAL

En Guadeloupe, 82 candidats sur quatre circonscriptions, dont un nombre important de gauche, tentent de se faire remarquer dans un grand brouhaha. C’est 49 de plus qu’en 2012.

Aucun des députés sortants ne se représente : ni l’ancien ministre des Outre-mer, proche de François Hollande, Victorin Lurel (PS), ni l’actuel président de région, Ary Chalus (GUSR-Guadeloupe unie solidaire) et responsable et porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle pour les outre-mer).

A la présidentielle, la Guadeloupe a voté Macron à 30,22 %, devant Jean-Luc Mélenchon (24,13 %).

Le 31 mai dernier, un candidat de LREM de Guadeloupe, Olivier Serva, s’est fait épingler pour des propos tenus en 2012 dans lesquels il qualifiait l’homosexualité “d’abomination”, déclarations pour lesquelles il s’est excusé.

Un seul autre candidat a été investi par LREM en Guadeloupe, dans la deuxième circonscription.

La Guyane, quant à elle, ne devrait pas connaître de coup de théâtre majeur dans la mesure où les députés sortants des deux circonscriptions se représentent : Gabriel Serville (Parti socialiste guyanais) et Chantal Berthelot (A gauche en Guyane- Parti radical de Gauche).

Le département sort d’un lourd conflit social de plus d’un mois mené par le collectif “Pou Lagwiyann dékolé”, qui a abouti à un accord le 21 avril dernier.

Toutefois, “les Guyanais risquent de voir l’abstention de nouveau croissante, suite à une perte de confiance dans les institutions elles-mêmes, conséquence d’une citoyenneté inachevée”, dit Justin Daniel.

Au premier tour de l’élection présidentielle, la Guyane avait voté France Insoumise en majorité (24,72 %) mais aussi Front national, à 24,29 %.

Décalage horaire avec Paris oblige, les Martiniquais, Guadeloupéens et Guyanais votent samedi 10 juin, mais il n’est pas certain que le scrutin mobilise : la participation au premier tour des élections législatives de 2012 était, dans ces territoires, respectivement de 33,09 % en Martinique, 34,46% en Guadeloupe et 30,46% en Guyane.

“Plus qu’ailleurs, les élections à la députation continuent d’être perçues comme des élections complètement locales, avec des campagnes fondées autour de personnalités”, conclut Justin Daniel.

Edité par Elizabeth Pineau

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