June 2, 2017 / 2:58 PM / a year ago

Tensions entre Ciotti et Estrosi à Nice, le FN en embuscade à Menton

NICE (Reuters) - Dans les Alpes-Maritimes et ses neuf circonscriptions détenues par Les Républicains, l’entrée d’Emmanuel Macron à l’Elysée sème la zizanie au sein d’une droite locale perturbée par les tensions entre les deux poids lourds locaux, Eric Ciotti et Christian Estrosi.

Dans les Alpes-Maritimes et ses neuf circonscriptions détenues par Les Républicains, l'entrée d'Emmanuel Macron à l'Elysée sème la zizanie au sein d'une droite locale perturbée par les tensions entre les deux poids lourds locaux, Eric Ciotti (à gauche) et Christian Estrosi (à droite). /Photo prise le 17 avril 2017/REUTERS/Eric Gaillard

En embuscade, le Front national espère mettre fin au monopole LR en s’imposant dans la région de Menton marquée par l’afflux de migrants venus de l’Italie voisine.

“Il y a une étrange atmosphère, avec certains République En marche qui ne font pas campagne, et la droite qui se déchire”, analyse Xavier Garcia, patron du PS des Alpes-Maritimes, qui n’espère pas grand-chose pour son camp.

Eric Ciotti, président du conseil départemental qui brigue un troisième mandat dans la première circonscription de Nice et le maire de la ville Christian Estrosi, non candidat mais très actif, s’affrontent depuis des semaines à propos de la conduite à tenir face au nouveau président de la République.

Partisan d’une ligne dure, Eric Ciotti prône une opposition “fidèle à ses convictions” face à une jeune avocate investie par La République en Marche (LREM), Caroline Reverso-Meinietti.

Redevenu maire de Nice depuis le 15 mai, Christian Estrosi milite, lui, auprès de ses troupes pour soutenir Emmanuel Macron dans la future Assemblée nationale. Un discours qu’il porte dans la campagne des deux autres circonscriptions niçoises.

Les deux personnalités des Républicains règlent leurs comptes par déclarations interposées, parfois codées, souvent ironiques.

ESTROSI SUR LA PHOTO

“Des Niçois sont en colère à cause de l’attitude de certains qui ne sont pas guidés par la fidélité à des convictions”, a dit Eric Ciotti jeudi en marge d’une réunion publique à Nice.

“Il n’y a pas de tensions, mais des différences de points de vue”, tente-t-on de déminer dans l’entourage du maire de Nice, Christian Estrosi.

Ce dernier a beau ne pas se présenter pour respecter le non-cumul des mandats - il est président de la métropole Nice Côte-d’Azur et a démissionné récemment de la présidence de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur -, il n’en est pas moins très mobilisé sur cette campagne.

Fait inédit et symbolique, Christian Estrosi veut que sa photo figure sur les bulletins de vote de la députée sortante Marine Brenier, à qui il a remis les clefs de la cinquième circonscription lors d’une législative partielle en 2016. 

Une demande contestée par la commission de la propagande qui a porté devant le Conseil d’Etat l’affaire, toujours en cours.

“On fait partie d’une équipe, je ne vois pas pourquoi on s’en priverait”, se défend Marine Brenier. “Je suis jeune, il une vraie vista et voit des choses que je ne vois pas encore”.

La surprise de ces législatives pourrait venir d’une potentielle victoire du Front national dans la quatrième circonscription, qui comprend notamment la vallée de la Roya et Menton, où Marine Le Pen a obtenu 51,23% au second tour de la présidentielle. 

“Certes, mais ne ce n’était pas face à un candidat de droite”, relativisent les deux favoris Xavier Beck (LR), maire de Cap-d’Ail et le Niçois Olivier Bettati, apparenté FN, conseiller régional et ancien adjoint de Christian Estrosi. 

En 2012, l’UMP Jean-Claude Guibal s’était imposé face à la FN Lydia Schénardi au second tour. Depuis, la région, voisine de l’Italie, est marquée par un afflux de réfugiés venus d’Afrique et du Moyen-Orient. En 2016, 36.789 d’entre eux ont été arrêtés à frontière et le chiffre pourrait exploser cette année.

“La Roya est devenue l’entrée officieuse de l’immigration clandestine. Cela a même des conséquences pour l’image de la région, les hôtels, les commerces”, assure Xavier Beck.

Olivier Bettati décrit, lui “une immigration économique avec très peu de réfugiés de guerre, c’est l’endroit où on mesure l’échec de l’UMP”.

C’est dans cette circonscription aussi qu’agit Cédric Herrou, un agriculteur très médiatisé engagé dans l’aide aux migrants, fustigé par Xavier Beck et Olivier Bettati.

Edité par Elizabeth Pineau

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