June 2, 2017 / 8:27 AM / 2 years ago

A Villeurbanne, LREM contrarie les projets de Vallaud-Belkacem

VILLEURBANNE, Rhône (Reuters) - A Villeurbanne, bastion socialiste du Rhône depuis plusieurs décennies, La République en Marche (LREM) vient perturber une élection législative qui semblait devoir bénéficier à Najat Vallaud-Belkacem, la météorite politique de François Hollande.

A Villeurbanne, bastion socialiste du Rhône depuis plusieurs décennies, La République en Marche (LREM) vient perturber une élection législative qui semblait devoir bénéficier à Najat Vallaud-Belkacem, la météorite politique de François Hollande. /Photo prise le 30 mars 2017/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Dans cette circonscription mitoyenne de Lyon, l’ancienne ministre pensait avoir trouvé une terre d’accueil sur mesure.

La députée socialiste sortante, Pascale Crozon, avait en effet décidé de ne pas se représenter et de la désigner comme son héritière. Et le maire de la commune, le socialiste Jean-Paul Bret, était prêt à accueillir à bras grands ouverts l’ex-élue lyonnaise en délicatesse avec le maire, Gérard Collomb.

Depuis près de deux ans, après une ascension fulgurante, l’ex-ministre de François Hollande prépare avec l’appui des socialistes locaux une élection d’abord considérée comme gagnée d’avance et désormais contrariée par la vague macroniste.

    Lors de l’élection a présidentielle, Emmanuel Macron est arrivé largement en tête à Villeurbanne avec 27,73% au premier tour et près de 80% au second, devançant largement Benoît Hamon, écrasé (9,21%) malgré le soutien de Najat Vallaud-Belkacem.

Sur cette lancée, LREM a lancé Bruno Bonnell, entrepreneur de 58 ans proche de Gérard Collomb et d’Emmanuel Macron.  

Le doute s’installe pour la socialiste depuis la publication d’un sondage Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale, Sud radio, et le JDD la donnant perdante. Créditée de 19% au premier tour, elle améliore le score de Benoît Hamon mais arrive loin derrière Bruno Bonnell qui totalise 30% au premier tour et l’emporterait à 60% au second tour selon cette enquête.

Arpentant inlassablement les contours de cette circonscription de 150.000 habitants, Najat Vallaud-Belkacem, peste contre cette concurrence, alors que certains de ses collègues du gouvernement ont bénéficié d’un traitement plus clément avec l’absence de candidat “marcheur”.

“Il a été mis sous pression pour venir présenter sa candidature contre la mienne à Villeurbanne”, déplore-t-elle.

    Le chef d’entreprise, figure française de la filière robotique après avoir incarné celle du jeu vidéo, se plonge pour la première fois dans le bain politique.

UN CHEF D’ENTREPRISE MACRONISTE

Séduit par la candidature d’Emmanuel Macron, il est très actif dans le département du Rhône, qu’il sillonne au volant d’une camionnette siglée à son effigie dont il a fait son QG mobile, habillé d’un T-shirt de La République en Marche.

“Je ne suis pas un homme politique, je suis un chef d’entreprise”, se présente-t-il. “Après avoir fait la campagne présidentielle Macron, je ne voudrais pas qu’il lui manque un siège à l’Assemblée nationale et que ce soit celui-ci”.

Celui qui use des réseaux sociaux pour applaudir chaque pas du nouveau président, diffuse aussi sur YouTube de petites vidéos “maison” qui rappellent ses origines villeurbannaises.

“Rapatrié d’Algérie, je suis arrivé à Villeurbanne avec ma famille à l’âge de huit ans, j’y ai fait toute ma scolarité et mes études, j’y ai habité pendant de nombreuses années, et j’y ai créé quasiment toute mes entreprises”, raconte-t-il.

Najat Vallaud-Bekacem, qui joue la carte de la reconstruction du PS se présente comme “la candidate utile”.

“A l’Assemblée je défendrai les valeurs de la gauche, je soutiendrai ce qui va dans le bon sens dans le programme du gouvernement actuel, mais je saurai m’opposer à tout ce qui consiste à détricoter le droit social et les acquis sociaux”, argumente-t-elle.

En début de semaine, elle a reçu la visite de Bernard Cazeneuve venu dire tout le bien qu’il pense de son ancienne collègue : “Une combattante, une militante, une femme engagée, qui, dans l’exercice de la responsabilité gouvernementale, a suscité mon admiration au cours des cinq dernières années”.

Il a aussi salué “le parcours personnel exceptionnel d’une jeune femme issue de ce qu’on appelle la diversité qui a connu les difficultés de la vie dans sa jeunesse”.

A côté de ce duel, 17 candidats tentent de se faire une place dans cette campagne. Celui de La France insoumise, Laurent Legendre, ingénieur de 34 ans, espère accéder au second tour. Pour les Républicains, Emmanuelle Haziza, avocate de 32 ans qui se présente pour la seconde fois aux législatives, a bien du mal à faire entendre sa voix.

Edité par Elizabeth Pineau et Yves Clarisse

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