May 23, 2017 / 4:54 PM / 2 years ago

Philippot s'est exclu du FN, selon un dirigeant du parti

PARIS (Reuters) - Les débats au sein du Front national s’apparentent de plus à une controverse sur la personne de Florian Philippot qui, selon l’eurodéputé Jean-Richard Sulzer, s’est de facto exclu du parti par ses prises de position perçues comme des bravades.

Les débats au sein du Front national s'apparentent de plus à une controverse sur la personne de Florian Philippot qui, selon l'eurodéputé Jean-Richard Sulzer, s'est de facto exclu du parti par ses prises de position perçues comme des bravades. /Photo prise le 28 avril 2017/REUTERS/Charles Platiau

“Florian Philippot (...) veut être calife à la place du calife et il ne se rend pas compte qu’il n’est pas très populaire au sein du Front”, a tonné mardi cet élu, membre du bureau politique et du comité central, interrogé par le Figaro.

Depuis la présidentielle, plusieurs initiatives du vice-président frontiste, dont l’influence sur Marine Le Pen était déjà mal acceptée par une partie des dirigeants, ont ulcéré ses opposants internes.

Ce pourfendeur de la monnaie unique a menacé de quitter le parti d’extrême droite si celui-ci devait abandonner son projet de quitter la zone euro, comme certains le souhaitent, et lancé parallèlement son propre mouvement, Les Patriotes, présenté comme un laboratoire de la refondation du FN.

“Ce chantage intervenu le premier jour pratiquement de la campagne législative est plutôt malvenu”, a jugé Jean-Richard Sulzer, qui n’en est pas à ses premières récriminations anti-Philippot.

“Je considère que son cas est classé puisqu’il s’est placé de lui-même en dehors des statuts du parti”, a-t-il ajouté. “Il est hors du parti, il est ailleurs (...) Je crois que beaucoup de gens au Front national commencent à parler de lui au passé.”

Traditionnellement, les courants sont interdits au FN, où l’on suit la ligne du chef.

Jean-Richard Sulzer, qui siège avec Florian Philippot au Parlement européen, a par ailleurs exhorté Marine Le Pen à réunir un bureau politique au mois de juillet, dans la foulée des législatives de juin, sans attendre un congrès qui ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois.

“On a besoin d’air, on a besoin de modernisation, on a besoin que ça bouge, on a besoin d’ouvrir, on a besoin de rassembler”, a dit Florian Philippot sur France Inter, mardi, pour justifier la création des Patriotes. “Je pense que c’est voulu par nos militants, c’est voulu par nos électeurs.”

Plusieurs figures de la galaxie FN, comme Nicolas Bay, Robert Ménard et Gilbert Collard, ont exprimé sur des registres différents une forme d’exaspération devant son attitude.

La présidente du FN, dont le score face à Emmanuel Macron (33,9%) a déçu dans ses rangs, a elle-même évoqué à haute voix un possible départ de son conseiller qui irait ainsi “au bout de ses convictions”.

Elle a par ailleurs affirmé que “tout” serait soumis à la discussion lors du congrès à venir, y compris la question de l’euro.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below