May 10, 2017 / 4:41 PM / a year ago

La CGT met en garde Macron contre des "reculs sociaux"

PARIS (Reuters) - La direction de la CGT a lancé mercredi une mise en garde à Emmanuel Macron contre la mise en oeuvre de “reculs sociaux” par le biais de son projet de réforme du marché du travail.

La direction de la CGT a lancé mercredi une mise en garde à Emmanuel Macron contre la mise en oeuvre de "reculs sociaux" par le biais de son projet de réforme du marché du travail. /Photo d'archives/REUTERS

La commission exécutive confédérale de la CGT rappelle dans une déclaration au successeur de François Hollande qu’il a été en partie élu par des Français qui s’étaient mobilisés contre sa loi sur la croissance et l’activité et contre la loi El Khomri sur le travail sous ce quinquennat finissant.

“Il doit en prendre acte. Considérer qu’il s’agirait là uniquement d’un vote d’adhésion et d’un blanc-seing à son programme (...) serait irresponsable”, poursuit la deuxième centrale syndicale française après la CFDT.

“La CGT appelle solennellement Emmanuel Macron à renoncer à imposer de nouveaux reculs sociaux par ordonnance ou 49-3.”

Emmanuel Macron veut présenter dès cet été à l’Assemblée nationale qui sortira des élections législatives de juin un projet de loi d’habilitation pour amplifier par ordonnances la réforme du droit du travail engagée par la loi El Khomri.

Il souhaite aussi déposer dès la fin du printemps ou le début de l’été un projet de loi d’habilitation permettant de simplifier par ordonnances les relations avec l’administration, notamment en introduisant un droit à l’erreur des administrés.

L’ex-ministre de l’Economie a par ailleurs fait savoir pendant la campagne présidentielle qu’il conserverait la possibilité, prévue par l’article 49-3 de la Constitution, de faire adopter un projet de loi sans vote solennel.

La CGT dit se placer “résolument dans une dynamique revendicative offensive pour agir contre tout projet régressif” et appelle les syndicats, salariés et retraités “à amplifier les luttes pour gagner de nouvelles conquêtes sociales”.

Les principales autres grandes centrales syndicales ont adressé ce type d’avertissement à Emmanuel Macron, qui souhaite notamment généraliser les accords d’entreprises et plafonner les indemnités prud’homales pour licenciement abusif.

“S’il persiste dans l’idée de faire des ordonnances au mois de juillet, ça veut dire qu’il va balayer le dialogue social et la concertation. Il y aura problème d’une manière ou d’une autre”, a ainsi déclaré lundi sur franceinfo le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

Laurent Berger, son homologue de la CFDT, première confédération syndicale française dont la ligne réformiste est en principe plus compatible avec le projet du président élu, l’a pour sa part mis en garde contre la tentation de présider seul et de réformer sans concertation.

Selon un sondage Elabe pour BFM TV réalisé mardi et mercredi auprès de 1.000 personnes, les Français sont partagés entre l’impératif d’apaiser la société et la volonté de réformer sans délai le pays en profondeur.

Ainsi, 50% des sondés souhaitent que le nouveau président rassemble et apaise la société, quitte à reporter des réformes qui ne font pas consensus, et 48% veulent qu’il réforme en profondeur, quitte à provoquer d’importants mouvements sociaux.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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