April 3, 2017 / 1:17 PM / in 2 years

Attentat suicide présumé dans le métro de Saint-Pétersbourg, 11 morts

SAINT-PETERSBOURG (Reuters) - Onze personnes ont été tuées et 45 autres blessées lundi dans une explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg, selon un bilan fourni par la commission nationale antiterroriste, les autorités russes soupçonnant un attentat suicide commis par un kamikaze lié à l’islamisme radical, rapporte pour sa part l’agence Interfax, qui cite une source proche de l’enquête.

Onze personnes ont été tuées et 45 autres blessées lundi dans une explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg, selon un bilan fourni par la commission nationale antiterroriste, les autorités russes soupçonnant un attentat suicide commis par un kamikaze lié à l'islamisme radical, rapporte pour sa part l'agence Interfax, qui cite une source proche de l'enquête. /Photo prise le 3 avril 2017/REUTERS/Ruslan Shamukov

Aucune revendication n’a été émise dans l’immédiat. Les autorités disent traiter cette explosion comme un acte terroriste mais il n’y a eu aucune confirmation officielle du moindre lien avec l’islamisme radical.

Un engin explosif, dissimulé dans un extincteur, a été découvert et désamorcé dans une autre station du métro de Saint-Pétersbourg, a annoncé la commission nationale antiterroriste.

En raison de son intervention militaire en Syrie en soutien au président Bachar al Assad, la Russie est devenue une cible potentielle de l’organisation Etat islamique, disent les experts des questions de sécurité.

Le président russe Vladimir Poutine, qui se trouvait à Saint-Pétersbourg au moment de l’explosion, s’est rendu dans la soirée sur les lieux de l’explosion et a déposé une gerbe de fleurs rouges en hommage aux victimes.

Les médias russes ont dans un premier temps diffusé des images des caméras de surveillance montrant un homme barbu recherché par les enquêteurs mais, d’après Interfax, ce dernier s’est présenté aux autorités et a été innocenté.

L’agence de presse rapporte que des restes humains examinés sur les lieux de l’explosion donnent à penser qu’il s’agit d’un attentat suicide. Elle ajoute que la police a identifié un suspect lié à des organisations islamistes radicales interdites en Russie.

MÉTRO FERMÉ

La déflagration s’est produite vers 14h40 (11h40 GMT), une heure où le métro n’est pas trop fréquenté, à bord d’une rame qui circulait entre les stations Sennaïa Plochtchad et Tekhnologichesky Institut (Institut technologique). Dans un premier temps, des sources proches des services de secours avaient évoqué deux explosions dans deux rames distinctes.

“J’ai vu beaucoup de fumée, une foule se dirigeant vers les escalators, des personnes ensanglantées (...)”, a déclaré un témoin à Reuters. “Beaucoup pleuraient”, a-t-il ajouté.

Des ambulances et des véhicules de pompiers ont aussitôt afflué aux abords de la station Sennaïa Plochtchad, survolée par un hélicoptère.

Une enquête criminelle en relation avec des faits de terrorisme a été ouverte par le comité d’enquête fédérale.

La totalité des stations de métro de Saint-Pétersbourg ont été fermées, rapporte Interfax citant l’opérateur du réseau. A Moscou, des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises pour protéger le réseau de transport souterrain.

Le site d’information Life News, premier à faire état de l’explosion, a diffusé des images de blessés allongés sur un quai ainsi que de la porte éventrée d’un wagon du métro. De nombreux passagers ont été touchés par des éclats de verre et de métal.

Des vidéos montrent des passagers allongés au sol recevant les premiers soins, d’autres fuyant les quais obscurcis par une épaisse fumée.

MENACES SPÉCIFIQUES DE L’EI

Les services russes sont depuis plusieurs mois en état d’alerte renforcée.

La Russie, qui soutient diplomatiquement et militairement le régime de Bachar al Assad, a été spécifiquement visée par des menaces de l’organisation Etat islamique (EI) et les autorités redoutent le retour de combattants tchétchènes partis faire le djihad en Syrie.

En 2015, un avion transportant des touristes russes revenant d’une station balnéaire sur la mer Rouge s’est écrasé et les 224 personnes à bord de l’appareil sont mortes. L’EI a affirmé à l’époque avoir abattu l’appareil.

Plus globalement ces dernières années, la Russie a été la cible d’attaques menées par des rebelles tchétchènes.

En mars 2010, le métro de Moscou avait été frappé par deux femmes kamikazes qui avaient tué au moins 38 personnes en déclenchant leurs ceintures d’explosifs au milieu des passagers de deux rames.

L’année précédente, en novembre, un attentat à la bombe revendiqué par les rebelles tchétchènes faisait dérailler le train express Moscou-Saint-Pétersbourg, provoquant la mort de 26 personnes.

En septembre 2004, l’assaut donné contre un commando islamiste retenant des otages dont des enfants dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, avait fait plus de 330 morts. Deux ans plus tôt, en octobre 2002, une précédente prise d’otages dans le théâtre moscovite de la Doubrovka s’était soldée par la mort de 129 otages et 41 combattants tchétchènes.

avec Alexander Winning, Polina Nikolskaya et le bureau de Moscou; Henri-Pierre André, Nicolas Delame et Bertrand Boucey pour le service français

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