March 30, 2017 / 11:07 AM / a year ago

Macron, Le Pen et Fillon tentent de s'allier les agriculteurs

par Pierre-Henri Allain

Marine Le Pen, dont la popularité croît chez les agriculteurs, a fustigé l'Europe et promis de "franciser" les aides agricoles devant le 71e congrès de la FNSEA, où François Fillon s'est engagé à lutter contre les "excès" de charges et normes et Emmanuel Macron a défendu un "plan Marshall" de cinq milliards d'euros. /Photo prise le 30 mars 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

BREST, Finistère (Reuters) - Marine Le Pen, dont la popularité croît chez les agriculteurs, a fustigé l’Europe et promis de “franciser” les aides agricoles devant le 71e congrès de la FNSEA, où François Fillon s’est engagé à lutter contre les “excès” de charges et normes et Emmanuel Macron a défendu un “plan Marshall” de cinq milliards d’euros.

Sept des onze candidats à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai se sont succédé devant les représentants des agriculteurs, un corps électoral stratégique, afin d’exposer leur projet pour un secteur en crise.

Selon une enquête Cevipof publiée en février dans Le Monde, les agriculteurs français, traditionnellement ancrés à droite, se détournent du candidat de la droite et du centre, crédité alors de 20% d’intentions de vote, à égalité avec Emmanuel Macron. Marine Le Pen recueille elle 35% d’intentions de vote.

Premier du trio de tête des sondages à s’exprimer, Emmanuel Macron a proposé “un vrai plan Marshall pour l’agriculture” et l’organisation d’un “Grenelle de l’alimentation”.

Devant quelque 1.500 délégués et observateurs, il a précisé que ce plan serait doté d’un fonds de cinq milliards d’euros pour “aider les agriculteurs à mieux s’équiper” et à moderniser leurs exploitations.

L’ancien ministre de l’Economie prône une agriculture diversifiée mêlant agriculture intensive, biologique, appellations d’origine contrôlée et circuits courts. Très applaudi, ce natif d’Amiens ayant fait ses études à Paris a affirmé ne pas être “le candidat des villes”.

Abordant le thème choisi pour ce congrès, il a défendu une Europe qui “accompagne, protège et stimule davantage”.

“Tous les projets qui vous promettent de sortir de l’Europe et qui vous disent que ce sera mieux vous mentent, mais je veux une harmonisation des normes”, a-t-il dit en référence au programme de la candidate du Front national.

Durant une audition d’une vingtaine de minutes, un discours puis un échange avec la salle, Marine Le Pen a livré une charge en règle contre la Politique agricole commune (PAC).

FILLON POUR UNE PAC “PUISSANTE”

“L’Europe c’est la guerre, l’Europe c’est la guerre des prix, la guerre dans tous les domaines, l’Europe c’est les salariés contre les salariés, c’est le dumping social, c’est la concurrence déloyale, c’est l’injustice la plus profonde”, a-t-elle lancé.

Elle a déploré que “les produits agricoles français de qualité infiniment supérieure à d’autres se retrouvent en concurrence déloyale avec des produits qui ne respectent aucune norme”.

Face aux “années atroces” que traverse selon elle le monde agricole, la candidate du FN dit vouloir récupérer les “neuf milliards offerts” à l’Europe pour les aides agricoles afin de “franciser ces aides”. “Chaque filière doit être libre de choisir la manière dont elle doit être aidée”, a-t-elle dit.

“On n’exporte bien que ce qu’on consomme bien”, a-t-elle poursuivi, défendant un “patriotisme alimentaire”.

La difficile question des négociations commerciales entre les acteurs des secteurs agricole et agroalimentaire français est un des rares sujets qui a mis d’accord les candidats devant le premier syndicat agricole de France.

Ainsi, François Fillon a défendu l’idée que “les agriculteurs reprennent le pouvoir” dans ces discussions à travers “une juste répartition de la valeur ajoutée, un juste rapport de forces, (...) et une contractualisation équilibrée”.

Applaudi à plusieurs reprises, le candidat de la droite, qui poursuivait sa campagne en Bretagne, s’est engagé à “libérer les entreprises agricoles de ce qui les étouffe”.

Dénonçant un “excès de charges”, il a plaidé pour “la liberté d’innover, le droit au progrès, le droit à la recherche”, en proposant que les exploitations soient “éligibles au crédit impôt recherche”.

Affirmant la nécessité d’une politique européenne, il a préconisé la suppression des “sur-réglementations” françaises vis-à-vis des normes européennes et donné sa vision de la PAC.

“Il faut une PAC puissante, ambitieuse, réactive, concentrée sur ses missions avec deux priorités: la gestion des risques et le soutien des investissements”, a t-il lancé, avant une nouvelle fois d’appeler de “toutes [s]es forces” à la levée des sanctions contre la Russie”.

Edité par Sophie Louet

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