March 29, 2017 / 6:45 AM / a year ago

Valls votera Macron, "le choix de la raison"

PARIS (Reuters) - L’ancien Premier ministre Manuel Valls a annoncé mercredi qu’il voterait dès le premier tour de la présidentielle pour Emmanuel Macron, candidat du mouvement En Marche!, estimant qu’il ne fallait prendre “aucun risque” face au Front national.

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a annoncé mercredi qu'il voterait pour Emmanuel Macron, candidat du mouvement En Marche! à l'élection présidentielle, estimant qu'il ne fallait prendre "aucun risque" face au Front national. /Photo prise le 29 janvier 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

Le candidat malheureux de la primaire organisée par le Parti socialiste fin janvier avait confirmé mardi devant ses soutiens réunis à l’Assemblée nationale son intention, qui faisait l’objet de spéculations croissantes dans les médias, d’opter pour un “vote utile” au profit de son ancien ministre de l’Economie.

“Ce n’est pas un ralliement, c’est le choix de la raison”, a-t-il dit, sur BFMTV RMC. “Je ne prendrai aucun risque pour la République, je ne prendrai aucun risque pour la France, je ne veux pas le soir du premier tour que je me retrouve face au choix entre François Fillon et Marine Le Pen”.

“Je n’ai rien à négocier et je ne demande rien, ce n’est pas un ralliement, c’est une prise de position responsable”, a-t-il poursuivi. “Face au danger que représente le Front national, on ne peut pas hésiter”.

L’ancien locataire de Matignon a également dénoncé “l’échec” de la stratégie du candidat investi par le PS Benoît Hamon, ancien frondeur, soulignant qu’il n’acceptait pas “la marginalisation de la gauche de gouvernement”.

Emmanuel Macron, qui engrange depuis plusieurs mois de nombreux soutiens de droite comme de gauche - dont celui du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian - a “remercié” au micro d’Europe 1 Manuel Valls de son soutien.

“Ça traduit ce que j’avais indiqué il y a plusieurs mois, c’est-à-dire que les primaires n’étaient pas en situation de réunir ensemble de la gauche, et ça traduit le fait que les sociaux-démocrates et les hommes et les femmes de gauche responsables sont prêts à s’inscrire dans une démarche qui est la mienne”, a-t-il déclaré.

Pour autant, le leader d’En Marche!, qui entend être “le garant du renouvellement des visages, des pratiques”, a indiqué qu’il ne prévoyait pas de gouverner avec Manuel Valls s’il était élu en mai.

HAMON “COMBATTANT”

L’ex-Premier ministre avait fait un premier pas vers Emmanuel Macron, favori des sondages pour le second tour de l’élection, en faisant savoir le 14 mars qu’il ne parrainerait pas le candidat investi par le Parti socialiste, Benoît Hamon.

“Je ne suis pas surpris (...) On le sait depuis une semaine”, a déclaré ce dernier, interrogé un peu plus tôt sur France 2 sur l’officialisation attendue de Manuel Valls.

“Toutes les semaines est organisé une sorte de feuilleton destiné à m’affaiblir”, a estimé l’ancien ministre de l’Education, actuellement en cinquième position dans les intentions de vote pour le premier tour.

“Il me revient à partir de là de continuer à faire campagne”, a-t-il ajouté. “Je suis un combattant, je n’avais pas anticipé une campagne facile, je me doutais bien qu’en gagnant la primaire au regard du projet politique qui était le mien (...) que ceux qui avaient échoué n’allaient pas me laisser faire campagne tranquillement.”

Benoît Hamon, qui peine à rassembler l’ensemble du Parti socialiste autour de sa candidature, avait accusé la semaine dernière Manuel Valls de lui planter “des couteaux dans le dos”.

“C’est quand même assez drôle de recevoir des leçons de trahison de la part de ceux qui ont voulu faire voter des motions de censure contre leur propre gouvernement”, a réagi l’ancien Premier ministre.

“Ce n’est pas ma responsabilité si Benoît Hamon est aujourd’hui à 10%” des intentions de vote, a-t-il dit. “Qui a fait le choix de ne pas occuper une position centrale après la primaire, de ne pas rassembler toute la gauche progressiste, qui dans le dernier débat (...) s’est en pris d’abord sur les questions d’argent à Emmanuel Macron plutôt qu’à Marine Le Pen ou à François Fillon?”

“L’intérêt supérieur du pays, l’intérêt supérieur de la France va au delà des règles d’un parti”, a-t-il ajouté.

Sur Twitter, Arnaud Montebourg, ancien candidat à la primaire socialiste rallié à Benoît Hamon, a fustigé la décision de Manuel Valls.

“Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l’honneur d’un homme comme Manuel Valls : rien. Ce que vaut un homme sans honneur”, a estimé l’ancien ministre du Redressement productif, qui avait démissionné du gouvernement Valls en 2014 pour protester contre sa ligne économique.

Marine Pennetier, avec Michel Rose, édité par Yann Le Guernigou

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