March 6, 2017 / 5:52 AM / a year ago

Sommet à quatre pour examiner l'avenir européen

PARIS (Reuters) - François Hollande réunit lundi au château de Versailles les dirigeants des trois autres grandes puissances économiques de la zone euro - Allemagne, Italie, Espagne - pour un sommet censé tracer des pistes pour l’avenir de l’Union européenne à 27.

François Hollande réunit lundi au château de Versailles les dirigeants des trois autres grandes puissances économiques de la zone euro - Allemagne, Italie, Espagne - pour un sommet censé tracer des pistes pour l'avenir de l'Union européenne à 27. /Photo prise le 23 février 2017/REUTERS/Tony Gentile

François Hollande, Angela Merkel, Paolo Gentiloni et Mariano Rajoy feront chacun une déclaration à la presse peu après leur arrivée, avant un dîner de travail notamment consacré à la préparation du sommet du 60e anniversaire du Traité de Rome, le 25 mars, au contenu du Livre blanc du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur l’avenir de l’Union.

Les relations avec les Etats-Unis et la Russie, ainsi que la question des migrations, sont aussi à l’ordre du jour.

A deux mois du départ de l’Elysée du président français, ce sommet informel marque la fin d’un quinquennat jalonné de crises continentales, des déboires de l’euro au “Brexit” en passant par la dette grecque.

“L’idée est de montrer à la fois l’unité, l’engagement envers l’Europe et les priorités partagées par les quatre dirigeants. Ce sera un message de force pour l’Union européenne”, souligne l’entourage du chef de l’Etat dont le mandat prend fin le 15 mai.

“PARTAGER UNE DYNAMIQUE”

L’organisation de cette réunion en petit comité a froissé quelques susceptibilités au sein des Vingt-Sept, selon un diplomate européen.

“On dit toujours que le partenariat franco-allemand n’est plus aussi essentiel qu’avant mais dès qu’on ajoute un élément [en l’occurrence l’Espagne et l’Italie-NDLR], ça suscite des jalousies”, a-t-il dit à Reuters.

A Paris, on se défend de vouloir “apparaître comme des prescripteurs”. “Ce sommet ne doit pas être perçu comme un directoire ni une exclusion des autres, mais comme une volonté de partager avec les autres une dynamique construite ensemble”, dit un diplomate français.

La réunion précédera le Conseil européen de la fin de semaine à Bruxelles, en attendant les célébrations du 60e anniversaire du traité de Rome, censées célébrer les acquis et tracer l’avenir d’une Union européenne aujourd’hui ébranlée par les populismes et la perspective du départ du Royaume-Uni.

Les invités de Versailles ne manqueront pas d’étudier le Livre blanc dévoilé mercredi par le président de la Commission européenne, où Jean-Claude Juncker envisage notamment une Europe à deux vitesses où un groupe de pays membres pourrait approfondir la coopération sans que l’ensemble des Etats de l’UE n’aient à suivre.

François Hollande et Angela Merkel ont prêté une oreille attentive à cette idée, néanmoins suspendue au résultat des élections présidentielle en France, en avril-mai, et législatives en Allemagne, en septembre.

SUCCESSION DE DONALD TUSK

Le projet Juncker s’inscrit dans les réflexions depuis le choc du référendum sur la sortie du Royaume-Uni, le 23 juin dernier. Un divorce appelé à être officialisé d’ici fin mars.

“On pensait que le Brexit allait tout ficher en l’air mais Theresa May est claire sur le départ donc ça facilite les choses”, dit un diplomate européen.

La volonté de la Première ministre de quitter l’UE sans tergiverser a le mérite de la transparence, même si les choses sont compliquées par le vote de la Chambre des Lords obligeant Theresa May à garantir les droits des ressortissants européens établis au Royaume-Uni lors du déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne actant le divorce avec l’UE.

Outre les décisions concrètes pour relancer l’Union - en matière d’emploi, de sécurité, etc... - prises à 27 l’an dernier à Bratislava, des voix s’élèvent pour pousser l’idée d’une Europe de la défense, à l’heure où le président américain Donald Trump semble vouloir se désengager vis-à-vis de ses alliés, en particulier au sein de l’Alliance atlantique.

La succession de Donald Tusk au poste de président du Conseil européen, dont le mandat entamé le 1er décembre 2014 prend fin en mai, est aussi au menu du dîner de Versailles.

La rumeur de son remplacement par François Hollande a été démentie et l’ancien Premier ministre semble se diriger vers un second mandat, contre l’avis de l’actuel gouvernement polonais, dirigé par le conservateur Jaroslaw Kaczynski.

La décision doit être prise la semaine prochaine.

Avec Yves Clarisse, édité par Sophie Louet

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