February 27, 2017 / 4:13 PM / a year ago

Fillon, distancé, lance une course contre la montre

PARIS (Reuters) - François Fillon, distancé dans les sondages par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, “fonce” dans une campagne rapiécée de thèmes sarkozystes avec la conviction d’arracher la seconde place “dans les derniers jours” avant le premier tour de la présidentielle.

François Fillon, distancé dans les sondages par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, "fonce" dans une campagne rapiécée de thèmes sarkozystes avec la conviction d'arracher la seconde place "dans les derniers jours" avant le premier tour de la présidentielle. /Photo prise le 27 février 2017/REUTERS/Lionel Bonaventure

Deux jours après l’ouverture d’une information judiciaire sur les emplois présumés fictifs de son épouse, le candidat de la droite et du centre a renoué lundi avec le terrain pour avancer une nouvelle proposition sécuritaire à même de mobiliser l’électorat de droite : la création d’une police municipale armée, dotée de missions de police judiciaire, dans chaque ville de plus de 10.000 habitants.

Une nouvelle parade, répliquent ses détracteurs à gauche, destinée à se défaire d’une lancinante emprise judiciaire. Dans un même élan tactique, l’ancien Premier ministre a poursuivi sa diatribe contre le gouvernement accusé de nourrir par son inertie un climat de “quasi guerre civile”.

“Les Français doivent pouvoir débattre des projets, choisir leur candidat dans un climat qui ne peut pas être un climat de violence”, a-t-il dit à des journalistes à Meaux (Seine-Maritime), ville de son ex-ennemi juré Jean-François Copé, au lendemain d’un communiqué accusateur contre l’exécutif.

L’entourage du candidat feint de ne pas s’inquiéter d’une salve de sondages dans lesquels Emmanuel Macron creuse l’écart depuis son alliance avec le centriste François Bayrou, tout en reconnaissant que “ce sera dur”.

“Il reste encore 55 jours avant le premier tour. Une campagne, ça se gagne dans les dernières semaines, les derniers jours”, affirme un compagnon de route de longue date, qui rappelle avec philosophie les “cahots” des campagnes de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Et le dénouement inattendu de la primaire de la droite et du centre en novembre dernier.

“Je reste raisonnablement confiant. Fillon a accusé le coup, mais il est en nettement meilleure forme. Il est extrêmement motivé, serein, malgré cette cicatrice qu’il garde en lui”, ajoute le même proche.

“PAYER L’ADDITION”

L’essayiste Alain Minc, qui avait soutenu Alain Juppé durant la primaire avant de rallier Emmanuel Macron, a estimé lundi sur LCI que les dernières attaques de François Fillon dénotaient au contraire “un signe d’affolement” de la part de “quelqu’un d’aussi pondéré et qui a le sens des mots”.

Lundi, le quotidien conservateur Le Figaro titrait : “Etat d’alerte à droite”.

Car même si l’on se dit “regonflé à bloc” au QG du candidat, nombre de députés Les Républicains s’inquiètent des conséquences électorales de cette campagne “abîmée”.

“Pour les législatives on risque de payer l’addition, surtout s’il est battu”, confie un élu juppéiste, qui estime à “3 ou 4 points” le préjudice de l’enquête Fillon pour les candidats LR à la députation et redoute de “nombreuses” triangulaires au profit du Front national.

François Fillon continue de penser que son projet “puissant” de redressement reste son meilleur atout. Il en fera une présentation exhaustive samedi lors d’un grand rassemblement autour de la société civile à Aubervilliers, près de Paris, avant de dévoiler son chiffrage la semaine prochaine.

“Nous y avons beaucoup travaillé ces dernières semaines”, a précisé lundi Hervé Mariton, ancien concurrent de la primaire, au “Talk” Orange-le Figaro. “La vie est trop courte pour faire une campagne triste. (...) Il faut du pep’s, de l’ardeur, ce n’est pas facile”, a-t-il ajouté comme une recommandation.

François Fillon, qui refuse désormais de répondre aux questions des journalistes sur l’enquête le visant, a promis vendredi soir à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) de “traverser les tempêtes” et de “franchir les ponts”.

“Sur le terrain, on sent que ça tourne, ça évolue favorablement”, assure un membre de l’équipe. “On n’a plus l’hostilité qu’on avait avant”.

François Fillon tentera d’en faire la démonstration mercredi lors d’une visite au Salon de l’agriculture, à Paris, où il est attendu avec défiance.

Selon une enquête récente du Cevipof, les agriculteurs français, traditionnellement ancrés à droite, se détournent du candidat de la droite et du centre, crédité de 20% d’intentions de vote comme Emmanuel Macron. La candidate du Front national, Marine Le Pen, recueille 35% d’intentions de vote.

Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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