February 5, 2017 / 2:16 PM / in 2 years

Benoît Hamon officiellement investi candidat du PS

PARIS (Reuters) - Benoît Hamon a endossé officiellement dimanche les habits de candidat à la présidentielle avec un discours de rassemblement à l’adresse d’une gauche qui reste dispersée, tout en mettant en avant les thèmes du “futur désirable” qui lui ont permis de remporter la primaire du Parti socialiste et de ses alliés.

Benoît Hamon a endossé officiellement dimanche les habits de candidat à la présidentielle avec un discours de rassemblement à l'adresse d'une gauche qui reste dispersée, tout en mettant en avant les thèmes du "futur désirable" qui lui ont permis de remporter la primaire du Parti socialiste et de ses alliés. /Photo prise le 5 fevrier 2017/REUTERS/Christian Hartmann

L’éphémère ministre de l’Education nationale, qui avait rejoint les rangs des frondeurs après son départ du gouvernement en 2014, a été officiellement investi en présence de quelque 2.000 militants réunis à la salle de la Mutualité, à Paris.

“Tout ce que je perçois partout où je vais montre qu’est en train de se lever un vent, un mouvement, une aspiration à nous tourner vers l’avenir qui va une fois de plus démentir tous les pronostics”, a-t-il dit dans une allusion aux sondages qui donnent la gauche exclue du second tour de la présidentielle d’avril-mai.

Deux de ses rivaux de la primaire, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et une poignée de ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem et Emmanuelle Cosse, étaient présents pour l’occasion.

Mais ni Manuel Valls, qu’il a devancé au deuxième tour fin janvier, ni aucun ténor du gouvernement ou de la garde rapprochée de François Hollande n’avaient fait le déplacement.

Le chef de file de l’aile gauche du PS a fait quand même applaudir le chef de l’Etat, qu’il a cité sur la laïcité ou pour les “mesures graves” prises pour assurer la sécurité des Français, qui ont permis de sauver des vies.

Mais il a soufflé le chaud et le froid sur son bilan.

“Regardons ce que la droite veut défaire et nous verrons ce que nous avons fait de bien”, a-t-il dit en citant l’Education nationale, l’opposition au projet de traité de libre-échange Europe-Etats-Unis ou les progrès en matière d’insertion des handicapés.

“Tout ça va dans le bon sens, mais ce bilan a laissé aussi des personnes mécontentes”, s’est-il empressé d’ajouter. “Il ne faut pas mépriser cela au moment où on veut rassembler pour transformer cette colère en une aspiration à quelque chose qui nous dépasse, nous transcende.”

UNE GAUCHE DE COMBAT

L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, conscience morale de la gauche, avait déclaré auparavant tout le bien qu’elle pense de l’investiture du député des Yvelines.

“Avec toi, Benoît, nous repartons à la reconquête des coeurs et des esprits”, a-t-elle dit, “nous allons redevenir une gauche de combat plutôt qu’une gauche de constats”.

Dans son discours d’une heure, Benoît Hamon a défendu un projet qui repose sur une politique et non le rassemblement derrière une figure charismatique ou un homme providentiel.

“Je ne crois plus du tout dans cette forme d’immaturité qui consiste à proposer un guide au peuple et à la Nation dans un rapport assez abstrait aux foules et au peuple, qui vous amène à assumer tranquillement être la solution aux problèmes de tous les Français”, a-t-il indiqué.

Dans ce prolongement, il s’en est pris à l’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron, que les derniers sondages placent en deuxième position du premier tour de la présidentielle, en faisant référence au célèbre roman Le Guépard, situé lors de la Révolution italienne de 1860, pour contester ses intentions réformistes.

“Dans l’humeur du temps, il y a la doctrine du Guépard. Tout change en surface pour qu’en réalité rien ne change derrière”, a-t-il déclaré. “On les voit les jeunes guépards, les créatures du système qu’une habile manipulation transforme soudain en grands transformateurs.”

Il s’est adressé de même au chef de file des “Insoumis”, Jean-Luc Mélenchon, qui exclut tout futur accord avec Benoît Hamon si le PS investit les ministres du Travail et des Affaires sociales Myriam El Khomri et Marisol Touraine pour les prochaines législatives en raison des lois qu’elles ont portées.

Il a indiqué ainsi qu’il ne posait aucun préalable à ceux qui veulent discuter avec lui, pour ajouter : “Je leur demande en échange de ne pas me demander des têtes”, faute de quoi un rassemblement n’aurait aucun sens.

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Stéphane Brosse

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