February 4, 2017 / 11:37 AM / in a year

Trump dénonce le blocage de son décret anti-immigration

WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Donald Trump s’en est pris vivement samedi au juge qui a bloqué sa directive interdisant aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane l’accès au territoire américain.

Une femme manifeste contre la décision de Donald Trump. Un juge fédéral de Seattle a ordonné la suspension au niveau national du décret de Trump qui interdit temporairement l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de sept pays à majorité musulmane. Trump s'en est pris vivement samedi au juge. /Photo prise le 4 février 2017/REUTERS/David Gray

Le décret, signé le 27 janvier et critiqué par de nombreux pays, a semé le chaos et la confusion le week-end dernier mais un juge fédéral de l’Etat de Washington a suspendu vendredi son application.

Le département de la Sécurité intérieure en a tiré les conséquences en rétablissant les procédures normales de contrôle des voyageurs. Il a ajouté que le département de la Justice allait déposer au plus tôt un appel suspensif contre la décision du juge Robart.

En attendant, le département d’Etat américain a annoncé qu’il autorisait toute personne avec un visa en cours de validité à se rendre aux Etats-Unis.

Selon les services diplomatiques américains, près de 60.000 visas ont été suspendus depuis le décret du 27 janvier.

UN “SOI-DISANT JUGE”

Sur Twitter, Donald Trump a estimé que la décision du juge Robart était “ridicule” et amenée à être invalidée.

“L’avis de ce soi-disant juge, qui, fondamentalement, prive notre pays de l’application du droit, est ridicule et sera invalidé”, a déclaré Donald Trump, en week-end en Floride.

“Que devient notre pays quand un juge peut stopper une interdiction de voyager de la Sécurité intérieure et que tout le monde, même avec de mauvaises intentions, peut entrer aux Etats-Unis?” a encore écrit le président américain sur son canal de communication favori.

Le sénateur démocrate du Maryland Ben Cardin a estimé que le président américain allait trop loin en attaquant ainsi un juge et l’intégrité de l’appareil judiciaire.

“Il affaiblit tout le système de gouvernement, pas seulement les décisions avec lesquelles il est en désaccord”, a déclaré Cardin dans un communiqué.

“Lisez la ‘soi-disant’ Constitution”, a pour sa part conseillé au président le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement à la Chambre.

Cette décision du juge fédéral est la première d’une série de recours contre ce décret qui divise profondément les Américains. Un sondage Reuters/Ipsos publié cette semaine montrait que 49% des Américains approuvaient la décision du président Trump, et que 41% la désapprouvaient.

Le décret bloqué interdit pour 90 jours l’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane: Libye, Somalie, Iran, Irak, Syrie, Yémen et Soudan. Il interrompt également pendant quatre mois l’arrivée de réfugiés sur le sol américain, à l’exception des réfugiés syriens, interdits de territoire pour une durée indéterminée.

“MESURE PROVISOIRE DE PROTECTION”

Dans les heures qui ont suivi l’annonce du blocage temporaire du décret, le service américain des douanes et de la protection des frontières a donné pour instruction aux compagnies aériennes d’autoriser l’embarquement des ressortissants des pays concernés par le décret de Trump.

La compagnie aérienne Qatar Airways a été la première à annoncer qu’elle autorisait les passagers concernés à embarquer à bord de ses vols vers des destinations américaines, à condition qu’ils disposent de passeports, visas ou cartes vertes en cours de validité.

Deux autres compagnies du Golfe, Etihad Airways et Emirates, lui ont emboîté le pas un peu plus tard, de la même façon qu’Air France, Iberia et Lufthansa en Europe.

Outre la “mesure provisoire de protection” accordée à ces immigrants, le magistrat de Seattle a jugé les plaignants fondés à engager des poursuites judiciaires contre les autorités fédérales.

Des recours similaires à celui de l’Etat de Washington ont été examinés dans quatre autres Etats, les plaignants arguant notamment du fait que le décret de Donald Trump viole la Constitution en créant une discrimination religieuse.

Dans le Massachusetts, un juge fédéral de Boston a pris une décision inverse de celle de son collègue de Seattle en refusant de prolonger la mesure provisoire de protection qui a permis à certaines personnes visées par le décret d’entrer cette semaine aux Etats-Unis.

Saisi par l’American Civil Liberties Union (ACLU), le juge Nathaniel Gorton a jugé peu pertinents les arguments avancés par l’avocat de l’association représentant les plaignants.

Le magistrat a notamment noté qu’à aucun moment le décret ne faisait mention spécifiquement de “pays musulmans” et qu’il ne pouvait pas considérer les déclarations d’un candidat avant ou après son élection - Donald Trump a proposé d’interdire les Etats-Unis aux musulmans pendant sa campagne - comme appartenant à un texte réglementaire alors qu’elles n’y figurent pas.

A Londres, samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés aux abords de l’ambassade des Etats-Unis pour protester contre le décret de Trump sur l’immigration. (voir)

Avec Mica Rosenberg à New York, Brian Snyder à Boston et Lawrence Hurley, Lesley Wroughton et Susan Heavey à Washington; Nicolas Delame, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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