January 31, 2017 / 12:25 PM / 2 years ago

Marine Le Pen refuse de restituer 300.000 euros au Parlement européen

STRASBOURG (Reuters) - Marine Le Pen a annoncé qu’elle ne rembourserait pas près de 300.000 euros que le Parlement européen lui réclame d’ici ce mardi soir pour avoir rémunéré comme assistante parlementaire Catherine Griset à une époque où celle-ci était la secrétaire, puis la chef de cabinet de la dirigeante du Front national.

Marine Le Pen a annoncé qu'elle ne rembourserait pas près de 300.000 euros que le Parlement européen lui réclame d’ici ce mardi soir pour avoir rémunéré comme assistante parlementaire Catherine Griset à une époque où celle-ci était la secrétaire, puis la chef de cabinet de la dirigeante du Front national. /Photo prise le 26 janvier 2017/REUTERS/Jacky Naegelen

“Je ne me soumettrai pas à la persécution, à cette décision unilatérale prise par des adversaires politiques avec exécution provisoire en violation de l’Etat de droit, des droits de la défense, sans preuves et sans attendre que la justice que j’ai saisie ne se prononce au fond”, a-t-elle déclaré à Reuters.

La présidente du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) a déposé récemment une plainte auprès du parquet de Bruxelles pour “faux intellectuel” visant la directrice de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) et le secrétaire général du Parlement européen, Klaus Welle, au sujet de l’enquête sur des soupçons de fraude relative à l’emploi d’assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

Son avocat, Me Marcel Ceccaldi, dénonce une présumée “collusion” entre le Parlement européen et l’Olaf, dont il demande à voir le rapport.

Le parquet de Paris a ouvert le 15 décembre dernier une information judiciaire pour abus de confiance et recel de ce délit, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé dans l’enquête sur ces soupçons de fraude relative à l’emploi par le FN d’assistants parlementaire.

UNE “PREMIÈRE”

Faute de s’être acquittée de la somme réclamée par une lettre envoyée par le Parlement mi-décembre, la candidate à la présidentielle pourrait se voir retirer la moitié de son salaire et de ses indemnités journalières, ainsi que la totalité de ses frais généraux, indique une source proche du Parlement européen.

La somme précise, 298.392 euros, charges sociales et fiscales incluses, correspond à l’emploi de Catherine Griset comme attachée parlementaire entre décembre 2010 et mi-février 2016, a-t-on précisé de même source.

Une seconde lettre de recouvrement a été adressée à la présidente du Front national, pour un montant de 41.554 euros correspondant à l’emploi comme assistant parlementaire de son garde du corps, en octobre et novembre 2011.

L’échéance est fixée à fin février.

“L’administration du Parlement a eu plusieurs entretiens avec Marine Le Pen pour qu’elle se justifie, mais ses arguments n’ont pas convaincu”, a confié la source à Reuters.

L’Olaf a été saisi en mars 2015 par le Parlement européen de soupçons de fraudes relatives aux conditions d’emploi de vingt assistants parlementaires du Front national.

L’affaire était alors qualifiée par un porte-parole du Parlement de “première” à cette échelle dans l’histoire de l’institution.

Trois des nouveaux eurodéputés du Front national élus en 2014 ont d’ores et déjà été invités à rembourser et se voient prélever depuis septembre 2016 la moitié de leur salaire chaque mois. Il s’agit de Mylène Troszczynski pour 56.554 euros, de Sophie Montel pour 77.276 euros et de Dominique Bilde pour 40.320 euros.

Gilbert Reilhac, avec Gérard Bon à Paris, édité par Yves Clarisse

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