January 31, 2017 / 11:04 AM / 2 years ago

Les candidats à l'Elysée interpellés sur le mal-logement

PARIS (Reuters) - En France, quatre millions de personnes sont sans abri ou mal logées, peut-on lire dans le 22e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, qui dresse mardi un bilan “en demi-teinte” du quinquennat de François Hollande en la matière.

En France, quatre millions de personnes sont sans abri ou mal logées, peut-on lire dans le 22e rapport annuel de la Fondation Abbé. A trois mois de l'élection présidentielle, l'organisation caritative a invité les principaux candidats - à l'exception de Marine Le Pen - à un "grand oral" sur ce sujet hautement politique. /Photo prise le 18 janvier 2017/REUTERS/Jacky Naegelen

A trois mois de l’élection présidentielle, et dix ans après la mort de l’Abbé Pierre, l’organisation caritative a invité les principaux candidats - à l’exception de la présidente du Front national, Marine Le Pen - à un “grand oral” sur ce sujet hautement politique.

Benoît Hamon (Parti socialiste), Emmanuel Macron (En Marche!), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts) ont exposé leur projet. Le candidat de la droite, François Fillon, était représenté par la députée Les Républicains Isabelle Le Callennec.

Benoît Hamon a rappelé son souhait d’étendre l’encadrement des loyers et de réformer l’économie de la rente foncière. Emmanuel Macron voudrait, lui, créer un “bail mobilité” d’un an dans certaines zones pour les personnes ayant du mal à se loger.

Pour Jean-Luc Mélenchon, le problème illustre le fossé “entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien”. “Au point de départ, c’est la répartition de la richesse qui est la source de tout”, a-t-il déclaré à la presse.

Selon le rapport annuel de la Fondation, près d’un Français sur quatre est concerné par la crise du logement, qu’il s’agisse de problèmes financiers, de précarité énergétique, de surpeuplement ou de risques d’expulsion locative.

“Près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre”, peut-on lire. “À bien des égards, pour les pauvres, les classes populaires et moyennes, la situation tend à s’aggraver, en particulier depuis la hausse des prix de l’immobilier des années 2000 et le déclenchement de la crise économique en 2008”.

“LE COMPTE N’Y EST PAS”

La Fondation dresse un bilan “en demi-teinte” de l’action de François Hollande, jugeant que “le compte n’y est pas”. Alors que le président avait fixé l’objectif de 500.000 constructions neuves par an, dont 150.000 logements sociaux, “moins de 400.000 logements sont mis en chantier chaque année”.

Pour ce qui est des logements sociaux, 115.000 ont été financés en 2013, 105.000 en 2014, 109.000 en 2015 et plus de 120.000 en 2016, ajoute-t-on.

La Fondation Abbé Pierre fait aussi deux constats accablants : “le logement social est de plus en plus cher” et les “contribuables aisés ont été largement favorisés au nom de la relance du bâtiment.”

Les expulsions locatives avec le concours de la force publique “sans relogement, contrairement aux engagements présidentiels” se poursuivent et ont fait un bond annuel de 24% à 14.363 en 2015, “un triste record”.

Si elle reconnaît “des avancées” en matière de loyers, d’orientation des attributions HLM, de gouvernance, de précarité énergétique, la Fondation déplore des progrès limités “faute de priorité budgétaire accordée à ce sujet, de cap politique clair et stable et d’un partage des compétences suffisamment lisible et responsabilisant sur le terrain.”

Elle réclame une vision de long terme.

“La majorité des mesures esquissées ou mises en oeuvre ces dernières années mériteraient d’être poursuivies et amplifiées avec un volontarisme adapté à l’urgence de la situation”, écrivent les auteurs à l’adresse des futurs dirigeants du pays.

Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a invité la droite à poursuivre le travail engagé sous le quinquennat socialiste si elle gagne l’élection présidentielle.

“Vous avez un choix : défendre la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains-NDLR) ou l’oublier. Défendre la loi Alur (Accès au logement et urbanisme rénové-NDLR) ou l’oublier. Poursuivre les efforts ou les oublier”, a-t-elle déclaré, se plaçant dans “le camp des personnes qui veulent des logements sociaux dans des communes qui ne les construisent pas”.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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