January 30, 2017 / 2:16 PM / 2 years ago

Trump ignore les critiques après la contestation de son décret

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a ignoré lundi les critiques et minimisé l’importance des perturbations provoquées par son décret interdisant aux ressortissants de sept pays musulmans d’Afrique et du Moyen-Orient l’accès au territoire américain.

Donald Trump a ignoré lundi les critiques et minimisé l'importance des perturbations provoquées par son décret interdisant aux ressortissants de sept pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient l'accès au territoire américain. /Photo prise le 30 janvier 2017/REUTERS/Carlos Barria

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a de son côté annoncé qu’il présenterait dès lundi soir devant la chambre haute du Congrès un projet de loi pour mettre fin à cette décision.

Le décret, signé vendredi, interdit pendant 90 jours l’accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d’Iran, d’Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, pendant 120 jours l’accueil de tout réfugié aux Etats-Unis, et suspend sine die l’accueil de tous les réfugiés syriens.

L’ordre présidentiel a provoqué chaos et manifestations dans les aéroports et les agents des douanes américains ont peiné à mettre la directive en pratique.

Un responsable gouvernemental a déclaré lundi que le département d’Etat avait reçu de nombreux câbles des ambassades étrangères faisant part de leur colère et de leur désarroi.

Les compagnies aériennes ont également réagi avec agacement face à ce changement abrupt de politique. L’Iata (Agence internationale du transport aérien) a dénoncé un décret pris sans coordination ni avertissement préalables, qui a pris de court les compagnies, en première ligne pour l’appliquer.

La décision de Donald Trump, contestée dans de nombreux aéroports américains par des manifestants et critiquée dans le monde entier, est jugée discriminatoire à l’encontre des musulmans, contraire à la loi et la Constitution américaines, et à la tradition d’hospitalité historique des Américains.

Sur Twitter lundi matin, le président américain a rejeté les problèmes d’application de son décret sur les manifestants, sur le sénateur Schumer, qui a pleuré ce week-end en évoquant cette décision, et sur une panne informatique de la compagnie Delta Airlines.

“Seules 109 personnes sur 325.000 ont été retenues et interrogées. Les gros problèmes dans les aéroports ont été provoqués par un incident informatique de Delta... les manifestants et les larmes du sénateur Schumer”, a-t-il écrit.

“Le secrétaire (à la Sécurité intérieure John) Kelly dit que tout va bien et qu’il y a peu de problèmes. RENDRE L’AMÉRIQUE À NOUVEAU SÛRE”, a-t-il tweeté.

Selon Chuck Schumer, 11 élus républicains du Congrès ont critiqué le décret sur l’immigration.

“Nous devons le supprimer et nous devrions ensuite nous asseoir autour d’une table pour imaginer de manière prudente et réfléchie aux moyens de renforcer les choses contre le terrorisme”, a déclaré le sénateur démocrate de New York sur l’antenne de NBC News.

Il a ajouté qu’il réclamerait le report du vote du Sénat sur la confirmation de Rex Tillerson au poste de secrétaire d’Etat mais la commission sénatoriale des Affaires étrangères a exclu cette hypothèse.

CONFUSION SUR LA “CARTE VERTE”

Après avoir déclaré samedi que les détenteurs de la “carte verte”, qui octroie un droit de résidence permanente aux Etats-Unis, étaient concernés par le décret, l’administration Trump a finalement déclaré dimanche que ces derniers seraient autorisés à entrer aux Etats-Unis après un contrôle supplémentaire si nécessaire.

Kellyanne Conway, conseillère du président américain, est venue expliquer lundi sur CNBC que les règles concernant les détenteurs de la “carte verte” n’avaient pas été modifiées, qu’elles avaient seulement besoin de clarification.

“Il ne s’agit pas d’un retour en arrière”, a-t-elle affirmé alors qu’ont été signalés des cas de rétention de propriétaires du précieux sésame à leur arrivée dans des aéroports américains.

Lundi, un haut responsable américain a cependant assuré que tous les détenteurs de “cartes vertes” avaient finalement été admis sur le territoire américain dimanche soir.

Donald Trump a également réfuté l’idée qu’il avait pris ce décret avec l’intention d’imposer une “interdiction (de territoire) contre les musulmans” comme il en avait pourtant fait la promesse lors de sa campagne électorale. Pour se justifier, il a fait valoir qu’une quarantaine de pays à majorité musulmane n’étaient pas concernés par cette mesure.

Il a justifié la signature de ce décret par des questions de sécurité nationale et a expliqué que les sept pays visés par son texte avaient été jugés comme “sources du terrorisme” par l’administration de son prédécesseur Barack Obama.

Avec Doina Chiacu, Susan Heavey; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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