5 janvier 2017 / 09:10 / dans un an

Mélenchon juge une candidature socialiste inutile

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon juge inutile, dans une interview au Monde publiée jeudi, une candidature socialiste à l‘élection présidentielle, pointant la position d‘outsider du parti dans les sondages et fustigeant l‘absence de programme.

Jean-Luc Mélenchon juge inutile, dans une interview au Monde publiée jeudi, une candidature socialiste à l'élection présidentielle, pointant la position d'outsider du parti dans les sondages et fustigeant l'absence de programme. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

“Jusqu’à présent, l’ultime justification du candidat socialiste, c‘était d’être en tête dans les sondages”, souligne le candidat de “La France insoumise”, qui a refusé de participer à la primaire de la gauche organisée les 22 et 29 janvier malgré les appels lancés en ce sens par le PS.

“Il se présentait alors comme le ‘vote utile’. Actuellement, le PS est en troisième position derrière M. Macron et moi-même”, ajoute-t-il. “Dans ces conditions, sans projet et sans avantage électoral, à quoi bon un candidat du PS ?”

“En réalité, le vrai choix des électeurs du PS, c’est de trancher entre l’orientation gouvernementale amplifiée, telle que la porte M. Macron, et la tradition de l’humanisme émancipateur de la famille culturelle, que j’incarne.”

Dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon et l‘ex-ministre de l‘Economie Emmanuel Macron, candidat du mouvement “En Marche!”, arrivent pour l‘heure toujours devant le candidat qui gagnera la primaire de la gauche, quel qu‘il soit.

Le député européen, âgé de 65 ans, avait remporté 11,1% des voix au premier tour de l‘élection présidentielle de 2012. Il a obtenu fin novembre le soutien au Parti communiste.

Sept candidats se disputeront fin janvier l‘investiture de la gauche pour l‘élection présidentielle qui se tiendra les 23 avril et 7 mai prochains : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy, et Jean-Luc Benhamias.

BOUCLER UN PROGRAMME

François Hollande a annoncé début décembre qu‘il renonçait à briguer un nouveau mandat.

“La légitimité de la candidature PS, c’était celle du président sortant qui, faisant valoir son bilan, aurait proposé de le corriger ou de l’amplifier”, estime Jean-Luc Mélenchon.

“Faute de bilan, il aurait pu y avoir comme alternative un projet ou un programme du PS. Mais lui-même a renoncé à en avoir un. Il leur reste donc 92 jours, entre la fin de la primaire et le premier tour de la présidentielle, pour boucler un programme et le faire assez connaître pour que les citoyens puissent se prononcer dessus.”

A quatre mois du scrutin présidentiel, Jean-Luc Mélenchon assure avoir recueilli la quasi totalité des 500 parrainages d‘élus nécessaires.

“Je les ai, à 17 près. Mais je ne suis pas tranquille tant que je n’ai pas une marge, aux alentours de 600 signatures”, indique-t-il. Quant au financement de sa campagne, “le banquier est d’accord sur le principe pour un prêt.”

“Nous avons déjà récolté 1 million d’euros de dons. On devrait être entre 5 et 7 millions d’euros, soit moins que les 9 millions de 2012.”

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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