December 28, 2016 / 5:17 PM / a year ago

John Kerry pessimiste sur le processus de paix au Proche-Orient

WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a admis mercredi qu’une solution du conflit israélo-palestinien impliquant la cohabitation de deux Etats semblait éloignée.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a admis mercredi qu'une solution du conflit israélo-palestinien impliquant la cohabitation de deux Etats semblait éloignée. /Photo prise le 28 décembre 2016/REUTERS/James Lawler Duggan

“En dépit de tous nos efforts ces dernières années, la perspective d’aboutir à une solution impliquant deux Etats est maintenant en grave danger”, a-t-il déclaré.

Mais, a-t-il ajouté lors d’un discours prononcé au département d’Etat, les Etats-Unis “ne peuvent pas, en toute conscience, ne rien faire, ne rien dire, au moment où les chances d’aboutir à la paix s’amenuisent”.

Toutefois, a poursuivi le chef de la diplomatie américaine dans un discours en forme de bilan, “il est vrai que les tendances observées sur le terrain - violence, terrorisme, expansion des colonies de peuplement et occupation d’une durée apparemment indéterminée - détruisent tout espoir de paix de part et d’autre et ne font que renforcer la réalité d’un seul Etat, dont la plupart des gens en fait ne veulent pas”.

John Kerry a en outre défendu la position prise par l’administration du président Barack Obama la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies lors du vote d’une résolution réclamant l’arrêt par Israël du développement des colonies juives de peuplement.

Fait exceptionnel, Washington s’est abstenu lors de ce vote, au lieu d’opposer son veto comme il le fait d’habitude, ce qui a permis l’adoption du texte. Une position que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a jugé honteuse.

John Kerry a enfin souligné qu’il incomberait à la prochaine administration républicaine et au président élu Donald Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier, de se prononcer sur les colonies de peuplement, sur le statut de Jérusalem et sur le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble.

Dans un communiqué, Benjamin Netanyahu a au contraire fustigé un discours “biaisé” à l’encontre d’Israël.

“Comme la résolution du Conseil de sécurité que le secrétaire Kerry a présenté aux Nations unies, le discours de ce soir était dirigé contre Israël”, a dit le premier ministre israélien.

Pour ce dernier, John Kerry est “obsédé” par les colonies et il ignore tout des racines du conflit, de l’opposition des Palestiniens à l’existence d’un Etat juif quelles que soient ses frontières.

Dans un communiqué lu par le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, le président palestinien Mahmoud Abbas s’est dit optimiste sur les chances de conclure un jour un accord de paix avec Israël tout en exigeant que la colonisation cesse avant la réouverture de pourparlers.

Yeganeh Torbati et Lesley Wroughton, Gilles Trequesser pour le service français

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