10 décembre 2016 / 17:39 / il y a un an

Démonstration de force de Macron, "candidat du travail"

PARIS (Reuters) - Conforté par les sondages dans sa position de troisième homme de l‘élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a fait samedi une démonstration de force en organisant un meeting géant à Paris, où il a déroulé son programme de “candidat du travail”.

Conforté par les sondages dans sa position de troisième homme de l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a fait samedi une démonstration de force en organisant un meeting géant à Paris, où il a déroulé son programme de "candidat du travail". /Photo prise le 1er décembre 2016/REUTERS/Jacky Naegelen

“Nous sommes ensemble ce soir 15.000”, a lancé l‘ancien ministre de l‘Economie à la foule réunie au Parc des Expositions de la capitale, le plus grand meeting à ce jour de sa campagne entamée le 16 novembre par l‘annonce de sa candidature. Un chiffre qui correspond à la capacité maximale de la salle.

“Il n‘y a pas de fatalité, il y a une espérance”, a-t-il déclaré dans un discours prononcé sur un ton enflammé. “Ce rêve fou, vous êtes en train de le réaliser.”

Après le triomphe de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, Emmanuel Macron est mesuré à la troisième place dans les sondages, derrière l‘ancien Premier ministre et la présidente du FN Marine Le Pen, mais devant Manuel Valls, qui a quitté Matignon la semaine dernière pour se lancer, et le candidat de “La France insoumise”, Jean-Luc Mélenchon.

L‘ancien ministre de François Hollande, qui a refusé de participer à la primaire organisée par le PS, s‘est présenté comme le rassembleur d‘un vaste courant progressiste avec son mouvement En marche! qui compte selon lui 120.000 adhérents.

“Je suis le candidat du travail”, a-t-il dit en refusant l‘idée selon laquelle la robotisation en sonnerait le glas.

Il propose de continuer à réduire le coût du travail pour les entreprises mais le crédit d‘impôt compétitivité-emploi (Cice), créé sous le quinquennat en cours pour améliorer la compétitivité des entreprises, sera transformé en allègement pérenne de 6 points pour toutes les entreprises.

La durée légale du temps de travail resterait de 35 heures, mais les modalités d‘application seraient fixées par des négociations de branches ou d‘entreprises.

18 MILLIONS D‘EUROS POUR LA CAMPAGNE

Il a réaffirmé sa proposition de remplacer les cotisations d‘assurance chômage et maladie des salariés par une hausse de la contribution sociale généralisée, à l‘assiette plus large, pour augmenter leur pouvoir d‘achat -- un couple de salariés au Smic gagnerait 500 euros nets de plus chaque année.

Cette mesure sera financée par une hausse de la CSG limitée à 1,7 point, y compris sur les revenus du capital et pour les retraités les plus aisés. Seuls les 40% de retraités les plus modestes et les chômeurs seront épargnés par cette hausse.

Emmanuel Macron, qui propose de transférer la gestion de l‘assurance chômage des partenaires sociaux à l‘Etat, a également pris le contrepied du candidat de la droite, François Fillon, en matière de protection sociale, en particulier dans le domaine de la santé, où il refuse tout déremboursement.

Il a aussi fait l‘éloge des fonctionnaires, dont François Fillon veut réduire le nombre de 500.000 : il embaucherait ainsi 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires de 2017 à 2020.

L‘ancien ministre entend que les entreprises qui licencient plus que les autres ou qui recourent excessivement aux contrats courts se voient imposer un malus tandis que celles qui privilégient l’emploi durable bénéficieraient d’un bonus.

La protection de l’assurance chômage sera étendue à tous, notamment aux indépendants, aux artisans, aux petits commerçants, aux autoentrepreneurs qui n‘en bénéficient pas.

Les salariés qui démissionnent auront le droit de bénéficier de la protection de l’assurance chômage dans la limite d‘une fois tous les cinq ans pour éviter les abus.

Selon son entourage, Emmanuel Macron a déjà levé 3,7 millions d’euros auprès de 12.000 donateurs et espère récolter 9 millions d’euros en tout, qui seront complétés par un prêt bancaire personnel de 9 millions d’euros.

Le maire de Lyon, Gérard Collomb, l‘un des caciques du Parti socialiste qui soutient de longue date l‘ancien banquier de 38 ans, a estimé qu‘un “mouvement des progressistes” était né.

“Vous avez vu le monde qui est ici ? Qui aujourd’hui est capable de rassembler un force aussi grande ? Je pense qu’il y a un mouvement des progressistes qui est né aujourd’hui et qui va se développer dans les prochaines semaines et qui peut nous emmener à la victoire alors que tout le monde pensait que les choses étaient déjà jouées d’avance”, a-t-il dit à la presse.

Edité par Yves Clarisse

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