December 4, 2016 / 10:07 AM / 2 years ago

Les cendres de Fidel Castro inhumées à Santiago de Cuba

SANTIAGO DE CUBA (Reuters) - Point d’orgue de neuf jours de deuil officiel, les cendres de Fidel Castro ont été portées en terre, dimanche, au cimetière Santa Ifigenia de Santiago de Cuba, dans l’est de l’île, non loin de la Sierra Maestra où il avait mené la rébellion dans les années 1950.

Le cortège transportant les cendres de l'ancien président cubain Fidel Castro. Point d'orgue de neuf jours de deuil officiel, les cendres de l'ancien chef d'État ont été portées en terre, dimanche, au cimetière Santa Ifigenia de Santiago de Cuba, dans l'est de l'île, non loin de la Sierra Maestra où il avait mené la rébellion dans les années 1950. /Photo prise le 4 décembre 2016/REUTERS/Carlos Barria

La famille du “Commandante” a assisté à la cérémonie, décrite comme “solennelle et privée” par les médias officiels, tandis qu’au même moment, à La Havane, était tirée une salve de 21 coups de canon. Fidel Castro repose désormais auprès de José Marti, héros de l’indépendance dont il était l’admirateur.

La télévision cubaine n’a pas retransmis en direct la cérémonie privée d’inhumation au cimetière.

Parti de La Havane, le cortège funèbre transportant les cendres de l’ancien dirigeant cubain était arrivé samedi à Santiago. Il avait achevé ainsi un périple de trois jours et de 1.000 km au cours duquel des centaines de milliers de Cubains, scandant “Je suis Fidel!”, avaient rendu, tout au long du trajet, un dernier hommage au “Comandante”.

Après la mise en terre des cendres, le deuil national de neuf jours décrété par le pouvoir cubain doit prendre fin ce dimanche à midi heure locale.

Fidel Castro est mort le 25 novembre à l’âge de 90 ans. Les autorités n’ont pas dévoilé la cause de son décès mais il était de santé particulièrement fragile depuis qu’une grave maladie avait failli lui être fatale en 2006. Après cet événement, il s’était retiré en transmettant les rênes du pays à son frère cadet Raul, aujourd’hui âgé de 85 ans.

Dans un discours devant la foule rassemblée sur la place centrale de Santiago et en présence de dignitaires étrangers, ce dernier a annoncé samedi qu’aucune statue ne serait érigée en souvenir de Fidel Castro ni qu’aucun lieu public ne porterait son nom, conformément à ses volontés.

“CAUCHEMAR SANS FIN”, DIT UNE DISSIDENTE

Cette volonté d’anonymat contraste avec le sort réservé à José Marti dont les bustes sont partout à Cuba et dont le nom a été donné à l’aéroport international de La Havane. Un monument important à la mémoire du poète et écrivain, mort en 1895 durant la guerre d’indépendance contre l’Espagne, s’élève dans la capitale, place de la Révolution.

Dans le même discours, prononcé sur la place centrale de Santiago devant des dizaines de milliers de personnes, Raul Castro a promis de défendre l’héritage socialiste de son frère aîné.

“C’est le Fidel invaincu qui nous appelle à suivre son exemple!”, a-t-il lancé, dans son uniforme de général, sous les acclamations de la foule qui scandait “Je suis Fidel!”

“Oui, nous surmonterons tous les obstacles, les troubles et les menaces, pour construire le socialisme à Cuba”, a-t-il dit.

“Dans le monde unipolaire, celui des transnationaux, qui a surgi après la chute du bloc socialiste, l’enseignement durable de Fidel est que oui, (...)l’homme est capable de surmonter les situations les plus difficiles!”, a poursuivi le président.

Après avoir renversé le régime pro-américain de Fulgencio Batista en 1959, Fidel Castro et ses révolutionnaires ont ensuite amalgamé les idéaux d’indépendance de José Marti au communisme d’obédience soviétique qu’ils prônaient.

“L’union des deux idées a été très importante pour le peuple cubain”, explique Maria Martinez, 50 ans, qui travaille dans un musée. “Fidel a suivi les idées de Marti.”

Les opposants du régime ont fait profil bas au cours des neuf jours de deuil, mais Yoani Sanchez, écrivaine et dissidente, s’en est pris sur Twitter aux hommages hagiographiques.

“La réalité a oscillé entre ‘délirante’ et ‘hallucinatoire’, comme un cauchemar sans fin qui empire si l’on allume la télévision”, a-t-elle écrit.

Bertrand Boucey, Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français

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