November 16, 2016 / 10:37 AM / 2 years ago

John Kerry tente de rassurer les délégués de la COP22

par Yeganeh Torbati et Nina Chestney

John Kerry (à droite) est arrivé à Marrakech avec pour mission de rassurer les représentants des quelque 200 pays participant à la COP22 inquiets de la promesse faite par Donald Trump à ses électeurs de sortir les Etats-Unis de l'accord sur la lutte contre les changements climatiques. /Photo prise le 16 novembre 2016/REUTERS/Mark Ralston

MARRAKECH, Maroc (Reuters) - John Kerry a tenté mercredi à Marrakech de rassurer les représentants des quelque 200 pays participant à la COP22 inquiets de la promesse faite par Donald Trump à ses électeurs de sortir les Etats-Unis de l’accord sur la lutte contre les changements climatiques.

Le secrétaire d’Etat américain s’est exprimé devant l’assemblée plénière des délégués en essayant de relativiser les déclarations faites par le candidat républicain lors de la campagne électorale.

“Bien que je ne puisse pas prédire la politique que conduira notre président élu, je peux vous dire ceci : mon expérience de la vie publique m’a appris que certains problèmes apparaissent un peu différemment quand on est en campagne et quand on entre effectivement en fonction”, a déclaré John Kerry.

Pour le président élu des Etats-Unis, le réchauffement climatique est un canular qui justifie un retrait de l’accord de Paris conclu lors de la COP21 en décembre 2015.

Donald Trump estime que le contribuable américain n’a pas à financer les programmes internationaux de réduction des émissions de CO2 et est favorable à la relance de l’exploitation charbonnière dans la “rust belt”, région touchée par la désindustrialisation.

Dramatisant son propos et évoquant sa rencontre la semaine passée dans l’Antarctique avec des scientifiques inquiets de la situation, John Kerry a rappelé que “2016 sera l’année la plus chaude de l’histoire”.

“Pour l’instant, on bat des records tous les mois. Il arrive un moment où même les plus fervents sceptiques doivent admettre qu’il se passe quelque chose de préoccupant”, a-t-il ajouté.

Faisant le même constat, un groupe réunissant plus de 360 entreprises et investisseurs, dont certains aussi célèbres que DuPont, Gap, General Mills, Hewlett Packard, L’Oreal USA, Nike, Schneider Electric ou Unilever, a lancé un appel en faveur du respect de l’accord de Paris.

LA CHINE ATTENTIVE

Dans un communiqué adressé à Donald Trump mais également à Barack Obama, aux membres du Congrès et à des dirigeants mondiaux, le groupe baptisé “360+” demande aux Etats-Unis de rester fidèles aux engagements pris.

“Échouer à construire une économie peu dépendante du carbone mettrait la prospérité américaine en péril. Mais adopter maintenant les bonnes mesures créera des emplois et soutiendra la compétitivité américaine”, estime le groupe dans ce texte présenté à Marrakech.

“Le soutien des Etats-Unis est essentiel car ils sont la première économie développée du monde”, a rappelé Liu Zhenmin, membre de la délégation chinoise.

S’il met en oeuvre ses promesses, le futur président américain hypothèquera l’héritage de Barack Obama dont l’engagement en faveur du climat a été une des priorités politiques sur le plan intérieur et dans les relations internationales.

Une source au sein de l’équipe Trump a indiqué cette semaine que le futur président cherchait un moyen rapide de contourner les engagements pris par son pays dans le cadre de l’accord de Paris.

Le protocole est entré en vigueur le 4 novembre, soit quatre jours avant la présidentielle américaine, ayant obtenu à cette date l’engagement d’un nombre suffisant d’Etats signataires.

Les Etats-Unis et la Chine ont travaillé en étroite concertation pour parvenir à l’accord de Paris et cette collaboration entre les deux plus gros pollueurs de la planète a convaincu d’autres pays de participer à l’effort collectif.

L’accord prévoit de limiter d’ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre afin que le réchauffement climatique soit “nettement en dessous de 2°C” en 2100 par rapport à l’époque pré-industrielle.

Les intentions de Donald Trump en ce domaine demeurent marquées du sceau de l’incertitude, le futur président des Etats-Unis ayant fait des déclarations contradictoires sur d’autres sujets.

Pour l’instant, la Maison blanche fait comme si rien ne devait être remis en cause et dit maintenir le cap d’une réduction des émissions américaines de CO2 de 80% d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 2005.

Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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