November 4, 2016 / 7:37 AM / 2 years ago

Plus de 3.800 migrants évacués du camp de Stalingrad à Paris

PARIS (Reuters) - Plus de 3.800 migrants installés dans un campement en plein Paris, à proximité de la station de métro de Stalingrad, ont été évacués sans incident vendredi vers des centres d’accueil.

Un total de 3.852 migrants installés dans un campement en plein Paris, à proximité de la station de métro de Stalingrad, ont été évacués sans incident CE vendredi vers des centres d'accueil. L'opération, commencée à 6h00 (5h00 GMT), s'est achevée peu après midi. /Photo prise le 4 novembre 2016/REUTERS/Benoit Tessier

L’opération, commencée à 6h00 (5h00 GMT), s’est achevée peu après midi, a constaté sur place un reporter de Reuters. “C’est terminé”, a déclaré une porte-parole de la préfecture de la région Ile-de-France, qui chiffre le nombre précis à 3.852.

A midi, l’essentiel des 600 policiers mobilisés étaient repartis et les rues adjacentes rouvertes à la circulation.

Les services de la propreté de la Ville ont alors commencé à démanteler le campement et enlever les tentes.

“Face à la question migratoire, à Paris comme à Calais nous assumons nos responsabilités”, a déclaré le Premier ministre Manuel Valls à Marseille, en marge d’un comité interministériel de la mer, en référence à l’évacuation, achevée jeudi, de plus de 6.000 personnes qui résidaient dans la “jungle” de Calais.

Cette évacuation était réclamée par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, qui avait écrit fin octobre aux ministres concernés pour insister sur son “absolue nécessité”, pour mettre fin à une “situation devenue insoutenable”.

Selon la préfecture de région, 82 autocars ont été utilisés pour emmener ces 3.852 migrants, dont 339 personnes vulnérables (femmes, enfants), vers quelque 80 centres d’accueil temporaires répartis en Ile-de-France, parmi lesquels des gymnases.

Dans un premier temps, 500 à 600 personnes, essentiellement des Afghans, avaient été évacuées du quai de Jemmapes, le long du canal Saint-Martin, à partir de 6h00.

Peu après 7h00, un reporter de Reuters a vu des migrants commencer à être conduits vers des autobus, avenue de Flandre, non loin de la station Stalingrad. Filtrés par un barrage de CRS, ils étaient autorisés à prendre sacs et valises avec eux.

TRENTIÈME OPÉRATION D’ÉVACUATION

Leur situation doit être examinée dans les centres temporaires où ils ont été conduits. S’ils sont éligibles à une demande d’asile, ils iront ensuite dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO), a expliqué Christine Gauthier, responsable régionale du logement, à Reuters.

“Il s’agit d’abord de rassurer les personnes, leur dire qu’il y a des possibilités pour après”, a déclaré Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité, une des organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires présentes sur place.

“Une fois dans les centres d’urgence, il faudra qu’ils puissent se reposer. Il faudra ensuite se poser pour examiner la situation de chacun”, a-t-il ajouté.

Selon le directeur général de l’office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, les transferts vers les CAO débuteront en début de semaine prochaine.

Ce campement avait vu sa population exploser dans la foulée du démantèlement de celui de Calais (Pas-de-Calais), la semaine dernière. “Ce sont des personnes arrivées très récemment en France, parfois depuis seulement quelques jours, parfois depuis quelques semaines”, a expliqué la ministre du Logement.

“C’est la trentième opération d’évacuation sur Paris”, a souligné Emmanuelle Cosse, selon qui “plus de 20.000 personnes” ont été concernées à ce jour par ces opérations.

Elle a estimé qu’il faudrait à l’avenir, pour éviter que de nouveaux campements sauvages se réinstallent à Paris, prendre en charge immédiatement les migrants, au fur et à mesure de leur arrivée, pour les envoyer dans des centres d’hébergement.

“La semaine prochaine ou dans les semaines à venir un centre d’accueil provisoire va ouvrir en région parisienne, qui va être un sas”, a précisé la ministre du Logement.

Avec Matthias Blamont et Emmanuel Jarry, Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse

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