November 2, 2016 / 10:47 AM / 2 years ago

Sarkozy tente d'enfermer Juppé dans le "piège" Bayrou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont pressé mercredi Alain Juppé de clarifier les termes de son rapprochement avec François Bayrou, agitant la menace d’une majorité “otage” d’un centre “girouette” hostile aux réformes.

Nicolas Sarkozy a dit ce mercredi refuser que "la future majorité soit otage" de François Bayrou, l'allié centriste d'Alain Juppé, qui apparaît comme favori pour le premier tour des primaires de droite. /Photo prise le 21 octobre 2016/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

L’ancien président et le dirigeant du MoDem sont en guerre ouverte depuis que le centriste a voté pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012, et la perspective de la primaire de la droite et du centre, pour laquelle Alain Juppé est favori, a ravivé une détestation réciproque.

Point d’”affaire personnelle”, assurent les sarkozystes, mais la nécessité de “revenir à l’épure de la primaire” pour ne pas flouer les électeurs de la droite et du centre qui se déplaceront aux urnes les 20 et 27 novembre.

Les attaques contre François Bayrou, qui se réserve la possibilité de se présenter à la présidentielle de 2017 si le maire de Bordeaux n’emporte pas l’investiture, redoublent depuis le recul de Nicolas Sarkozy dans les sondages et la violente réplique de l’intéressé.

Dans un message publié samedi dernier sur sa page Facebook, François Bayrou met durement en cause les choix politiques et la personnalité de Nicolas Sarkozy.

L’ancien chef de l’Etat a estimé que “la violence de la charge” rendait désormais “injustifiable “une quelconque alliance entre le vainqueur de la primaire et François Bayrou”.

A la veille du second débat de la primaire, il a accentué la charge sur France Info en dénonçant une “erreur” stratégique et politique d’Alain Juppé, et dans un entretien à paraître jeudi dans Valeurs actuelles où il s’inquiète d’”accords programmatiques électoraux négociés dans le dos des Français”.

“Je ne veux pas que demain la future majorité soit otage de Bayrou”, dit-il.

“Qu’a promis Alain Juppé? Quelle part du projet politique du MoDem sera mise en oeuvre? La régularisation des sans-papiers? Le droit de vote des étrangers? La création d’une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu? La proportionnelle aux élections?”, s’interroge-t-il dans Valeurs actuelles, recensant des thèmes rédhibitoires pour l’électorat de droite.

“QUAND C’EST FLOU...”

Dans les mêmes termes, les lieutenants de l’ancien président ont martelé mercredi leur angle d’attaque lors d’une rare conférence de presse commune en forme de démonstration de force.

“Nous voulons la clarté. Nous refusons un centre girouette qui est avec nous le lundi pour gagner la ville de Pau et qui est le mardi avec François Hollande pour concourir au retour du socialisme à la tête du pays”, a déclaré François Baroin aux côtés, notamment, de Luc Chatel, Eric Ciotti, Eric Woerth, Gérald Darmanin et du centriste François Sauvadet.

Le sénateur (Les Républicains) de Troyes a même puisé dans les annales de la primaire socialiste de 2011 pour jeter le trouble sur la candidature d’Alain Juppé. “Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup”, a-t-il lancé, reprenant les termes de Martine Aubry à l’encontre de François Hollande.

“Nous ne voulons pas de fronde pour la prochaine législature, or tout le passé de l’action du MoDem concourt à poser cette question”, a ajouté celui que Nicolas Sarkozy présente comme son futur Premier ministre s’il est réélu.

Pour l’UDI François Sauvadet, le président du MoDem “n’a pas renoncé à son vieux rêve d’une coalition qui rassemblerait la droite et la gauche” et s’avance “masqué” dans la campagne.

“François Bayrou, c’est l’anti-réforme” a affirmé Eric Woerth, citant le vote du Béarnais contre la réforme des retraites de 2010. Les sarkozystes rappellent aussi en boucle son vote de la motion de censure contre le gouvernement Villepin en 2006, contre le gouvernement Fillon en 2010.

“Plutôt que de ressasser le passé, tournons-nous vers l’avenir? Nous avons besoin du centre pour gagner”, a répliqué le directeur de campagne d’Alain Juppé sur Twitter.

Gilles Boyer assure en outre que le maire de Bordeaux “n’a rien promis, à personne : ni ministères, ni circonscriptions. S’il l’emporte, c’est son projet qui s’appliquera.”

Pour Eric Ciotti, la précision ne suffit pas : “Nous demandons une clarification à Alain Juppé. L’immixtion violente de Bayrou dans le débat doit amener cette clarification.”

Edité par Yves Clarisse

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