October 31, 2016 / 1:22 PM / 2 years ago

La France met fin à l'opération Sangaris en Centrafrique

BANGUI (Reuters) - La France a officiellement mis fin lundi à l’opération Sangaris déclenchée en décembre 2013 en Centrafrique tout en assurant qu’elle resterait aux côtés des autorités de Bangui, toujours confrontées à des flambées de violences entre groupes armés.

Des soldats français à Bangui, en République centrafricaine. La France a officiellement mis fin lundi à l'opération Sangaris déclenchée en décembre 2013 en Centrafrique tout en assurant qu'elle resterait aux côtés des autorités de Bangui, toujours confrontées à des flambées de violences entre groupes armés. /Photo d'archives/REUTERS/Andreea Campeanu

“Sangaris a rempli sa mission”, a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors de la cérémonie de clôture de l’opération au camp militaire de M’Poko, à Bangui.

“Vous aviez trois missions : mettre fin au chaos, accompagner les forces internationales et permettre la tenue d’élections. Ces trois missions sont remplies, personne ne peut le contester”, a-t-il souligné.

Pour autant, “ce n’est pas parce que l’opération Sangaris s’achève que la France abandonne la Centrafrique”, a-t-il dit.

“Nous resterons très vigilants sur l’évolution de la situation et nous conserverons une capacité d’intervention avec un très court préavis grâce à un échelon local et grâce aux unités de l’opération Barkhane et aux autres forces prépositionnées en Afrique”, a précisé le ministre.

Lancée sous mandat de l’Onu le 5 décembre 2013 pour mettre fin à un cycle de violences entre communautés, Sangaris — du nom d’un papillon africain — a mobilisé au plus fort de la crise plus de 2.000 hommes.

Les effectifs militaires français ont été ramenés en juin à 350 hommes qui font désormais office de réserve tactique au profit des 12.500 casques bleus de la Minusca, appuyés par l’Union européenne.

INQUIÉTUDE

D’ici début 2017, le contingent passera sous les 300 hommes : 90 déployés au sein de la mission européenne EUTM RCA, 90 au sein d’une unité de soutien à la Minusca en matière de drones tactiques et 80 composant une force de réaction rapide au profit des forces nationales centrafricaines.

Si la situation dans le pays n’a plus rien à voir avec celle qualifiée de “prégénocidaire” de 2013, le pays est toujours en proie à des violences. Vingt-cinq personnes ont encore été tuées vendredi dans des violences déclenchées par des groupes armés à Bambari et ses environs, au nord-est de la capitale Bangui, selon la Minusca.

La présence des contingents français et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a permis de rétablir un calme fragile et d’organiser des élections, qui ont porté en février 2016 Faustin Archange Touadéra à la tête du pays.

“Le départ de Sangaris est pour nous, disons-le franchement, une source d’inquiétude”, a déclaré lundi le président de l’Assemblée nationale centrafricaine.

“La sécurité n’est toujours pas garantie sur tout le territoire. Pire, le départ annoncé de Sangaris semble doper les ardeurs belliqueuses des uns et des autres”, a ajouté Abdoul Karim Meckassoua lors d’un discours à l’Assemblée.

Interrogé sur ces inquiétudes, Jean-Yves Le Drian a rappelé que la mission Sangaris avait vocation à être éphémère et a appelé à renforcer les outils de sécurité intérieure.

En cas de nouvelle spirale de violences, la France, également présente dans la région à N’Djamena et Libreville, serait par ailleurs en mesure d’intervenir rapidement si Bangui en faisait la demande, souligne-t-on à Paris.

Edité par Sophie Louet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below