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Quinze ans de prison pour Benghalem, bourreau présumé de l'EI

PARIS (Reuters) - Salim Benghalem, bourreau présumé du groupe Etat islamique, a été condamné jeudi à 15 ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers, pour son rôle dans une filière française d’acheminement de candidats au djihad vers la Syrie en 2013.

Salim Benghalem, bourreau présumé de l'Etat islamique et visé par un mandat d'arrêt international, a été condamné jeudi à 15 ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers, pour son rôle dans une filière française d'acheminement de militants islamistes vers la Syrie courant 2013. Six autres membres présumés de cette filière ont été condamnés à des peines allant de six à neuf ans de prison. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Visé par un mandat d’arrêt international, il était jugé en son absence depuis le 1er décembre devant le tribunal correctionnel de Paris, aux côtés de six autres membres présumés de cette filière, dont la plupart se sont rendus en Syrie.

Ces derniers ont été condamnés à des peines allant de six à neuf ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers pour trois d’entre eux et une interdiction définitive du territoire pour l’un des condamnés, qui est étranger.

Les trois auxquels ont été infligées des périodes de sûreté, outre Salim Benghalem, ont pris selon le tribunal une part active à la filière et à son financement.

Des peines allant de six ans à dix ans de prison avaient été requises à leur encontre.

Jugeant qu’il constituait “une menace” pour la France, le parquet avait requis la condamnation de Salim Benghalem à 18 ans de prison accompagnés d’une période de sûreté des deux tiers.

Dans une vidéo de février dernier attribuée à l’Etat islamique, ce Français inscrit depuis septembre 2014 sur une liste de “combattants terroristes étrangers” recherchés par les Etats-Unis menaçait “clairement” la France.

Il est par ailleurs soupçonné d’avoir été l’un des geôliers de quatre journalistes français retenus en otage en Syrie et libérés en 2014.

RADICALISÉ A PARTIR DE 2011

Condamné cinq fois par la justice française entre 2001 et 2010, notamment pour tentative de meurtre, Salim Benghalem est connu depuis de nombreuses années des services de renseignement, notamment pour ses liens avec certains membres d’une filière pakistano-afghane du 19e arrondissement de Paris.

C’est dans le cadre de ce réseau que Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attaque contre Charlie Hebdo qui a fait douze morts il y a un an jour pour jour, a été condamné en mai 2008 à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Selon le quotidien Le Monde, Salim Benghalem a été la cible en octobre dernier de frappes aériennes françaises sur Rakka, fief du groupe Etat islamique en Syrie.

Son procès est le premier portant sur une filière d’acheminement de djihadistes depuis les attentats du 13 novembre dernier qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

“On avait beaucoup de crainte en arrivant dans cette salle d’audience puisqu’on était à quelques jours des événements. Le tribunal a essayé de s’extraire un maximum de ce qui pouvait se passer à l’extérieur”, selon Me Xavier Nogueras, avocat de l’un des condamnés.

“On est confronté à cette nouvelle politique qui consiste à leur infliger deux tiers de sûreté (...). C’est quelque chose qui se fixe notamment sur la dangerosité”, a-t-il ajouté.

“On est puni pour ce qu’on a fait, pas sur ce que potentiellement on pourrait faire. C’est une forme de glissement, je pense, un peu dangereux pour nos sociétés”, a-t-il encore dit.

avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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