January 6, 2016 / 6:34 AM / 2 years ago

Obama, les larmes aux yeux, défend son projet sur les armes

WASHINGTON (Reuters) - Essuyant des larmes lors de l’évocation d’enfants tués lors de massacres, Barack Obama a défendu mardi sa volonté de renforcer le contrôle des antécédents des acheteurs d’armes à feu aux Etats-Unis, estimant que les exemptions actuellement accordées pour les ventes dans les foires ou sur internet n’ont aucun sens.

Essuyant des larmes lors de l'évocation d'enfants tués lors de massacres, Barack Obama a défendu mardi sa volonté de renforcer le contrôle des antécédents des acheteurs d'armes à feu aux Etats-Unis, estimant que les exemptions actuellement accordées pour les ventes dans les foires ou sur internet n'ont aucun sens. /Photo prise le 5 janvier 2016/REUTERS/Carlos Barria

Le président américain a dit ne pas s’attendre à une modification de la législation encadrant les armes à feu au cours de la dernière année de son second mandat, tout en s’engageant à tout faire pour que le contrôle de ces armes devienne une thème majeur lors de la campagne des élections présidentielles, prévues en novembre.

Entouré de membres de familles de personnes tuées lors de massacres, Barack Obama a estimé, à l’occasion d’une allocution prononcée dans la salle Est de la Maison blanche, que le droit constitutionnel des Américains à porter des armes devait être contre-balancé par le droit de vivre leurs vies.

Le président américain a souvent dit que le massacre de 20 enfants et de six adultes dans une école élémentaire à Newtown, dans le Connecticut, en décembre 2012 avait été la plus rude épreuve de son mandat.

“A chaque fois que je pense à ces gamins, cela me rend fou de rage”, a dit Barack Obama, avant d’être saisi par l’émotion et d’essuyer des larmes coulant sur ses joues.

Barack Obama avait déjà tenté de renforcer les restrictions sur les ventes d’armes à feu après la tuerie de Newtown, mais ses projets avaient été bloqués par le Congrès.

Le mois dernier, la fusillade de San Bernardino (14 morts), en Californie, commise par un couple de musulmans radicalisés vraisemblablement inspirés par l’Etat islamique a redonné de l’énergie à l’équipe présidentielle pour tenter à nouveau de légiférer, cette fois par décret.

Jeudi, le président participera à une émission de télévision sur CNN à 20h00 (vendredi 01h00 GMT) pendant laquelle il s’efforcera de gagner le soutien du public dans un pays où le lobby des armes à feu est très puissant, avant son discours sur l’état de l’Union le 12 janvier.

LA NRA JUGE ABUSIVES LES NOUVELLES MESURES

“Nous avons créé un système dans lequel des personnes dangereuses sont autorisées à jouer avec différentes règlementations”, a poursuivi Barack Obama.

Il a déclaré que les nouvelles mesures qu’il préconise ne sont pas “un complot visant à priver d’armes tous les Américains”.

“Je suis convaincu que nous pouvons trouver des moyens de réduire la violence due aux armes à feu en respectant le deuxième amendement de la Constitution”, a ajouté le président américain.

Selon des responsables de la Maison blanche, le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) exigera désormais que les personnes qui vendent des armes dans des magasins, dans des foires ou via internet aient une licence et qu’elles procèdent à des vérifications.

La puissante organisation pro-arme National Rifle Association (NRA) a fustigé les propositions de Barack Obama, qu’elle juge abusives et a promis de lutter pour défendre le droit des Américains de porter des armes.

Selon la NRA, aucune de ces propositions n’aurait pu empêcher les tueries de masses évoquées par le président.

Barack Obama, qui compte utiliser son pouvoir réglementaire pour faire passer ces nouvelles mesures contre l’avis du Congrès à majorité républicaine, a averti dès lundi que les mesures présentées ne suffiraient pas à prévenir des fusillades meurtrières ni des crimes violents, tout en estimant qu’elles pourraient néanmoins sauver des vies.

Hillary Clinton, favorite pour l’investiture démocrate en vue de la présidentielle du 8 novembre prochain, a salué le projet de Barack Obama. L’ancienne secrétaire d’Etat a dit qu’elle prendrait elle aussi des décrets sur le contrôle des armes si elle devenait présidente.

Selon un sondage Reuters/Ipsos publié le mois dernier, 65% des personnes interrogées jugent important d’apporter une réponse à la question du contrôle des armes.

Avec Julia Edwards, Robert Laffola, Steve Holland, Richard Cowan, Susan Cornwall, Susan Heavey et Megan Cassella; Danielle Rouquié, Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten pour le service français

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