December 25, 2015 / 5:14 PM / in 2 years

L'Indien Modi s'invite chez Nawaz Sharif au Pakistan

par Mehreen Zahra-Malik

Le Premier ministre indien, Narendra Modi (à droite), a fait halte vendredi au Pakistan et rencontré son homologue, Nawaz Sharif, dans le cadre d'une visite qui n'a été décidée que quelques heures plus tôt à l'initiative de la partie indienne. Cette visite est la première d'un chef de gouvernement indien au Pakistan depuis plus de dix ans. /Photo prise le 25 décembre 2015/REUTERS/Press Information Department

ISLAMABAD (Reuters) - Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a fait halte vendredi au Pakistan et rencontré son homologue, Nawaz Sharif, dans le cadre d’une visite qui n’a été décidée que quelques heures plus tôt à l’initiative de la partie indienne.

Cette visite, demandée par Narendra Modi quelques heures avant qu’il ne reparte d’Afghanistan, est la première d’un chef de gouvernement indien au Pakistan depuis plus de dix ans.

Les relations entre le Pakistan et l’Inde restent très tendues et émaillées de nombreux accrochages frontaliers, qui ont entraîné la suspension du dialogue bilatéral en août dernier. La question de la région himalayenne du Cachemire, dont une partie est administrée par l’Inde, demeure la plus importante pomme de discorde entre les deux pays.

Nawaz Sharif a donné l’accolade à Narendra Modi après son arrivée à l’aéroport de Lahore, dans l’est du Pakistan, puis les deux hommes sont montés à bord d’un hélicoptère pour se rendre dans la propriété de Sharif, non loin de là, comme on a pu le voir sur des images de la télévision nationale pakistanaise.

“Alors vous êtes enfin venu !”, a dit Sharif à Modi, selon un responsable du ministère pakistanais des Affaires étrangères qui était présent. “Oui, tout à fait. Me voilà !”, lui a répondu son homologue indien.

Narendra Modi a effectué sa visite au retour d’un voyage à Moscou, après lequel il a fait une halte à Kaboul. De la capitale afghane, il a téléphoné à Nawaz Sharif vendredi matin pour lui souhaiter son anniversaire le jour de ses 66 ans, et il lui a demandé si, sur le chemin du retour, il pourrait effectuer une halte au Pakistan, a expliqué à la presse le chef de la diplomatie pakistanaise, Aizaz Chaudhry.

“Et le Premier ministre (Sharif) lui a dit : ‘Je vous en prie, venez, vous êtes mon invité, venez prendre le thé avec moi’”.

“DÉCISION ABSURDE”

Les deux chefs de gouvernement ont discuté pendant une heure et demie et partagé un repas en début de soirée, avant que le Premier ministre indien ne reprenne son avion.

“Parmi les décisions prises, il y a le renforcement des relations bilatérales et aussi des contacts personnels, afin qu’une atmosphère propice au processus de paix puisse être créée”, a dit Aizaz Chaudhry.

Après la brouille de l’été dernier, les contacts de haut niveau ont repris lorsque les deux dirigeants se sont brièvement entretenus le 30 novembre à Paris en marge de l’ouverture de la conférence sur le climat des Nations unies (COP21).

Cet échange a été suivi par une visite du chef de la diplomatie indienne au Pakistan, début décembre.

La visite de Narendra Modi au Pakistan relève d’une décision spontanée prise par lui-même et par le conseiller à la sécurité nationale indienne, Ajit Doval, et ne doit pas être interprétée comme un revirement soudain de la position de l’Inde, a déclaré un proche conseiller du Premier ministre indien.

“Mais, oui, c’est un signal clair pour dire que l’on peut s’engager activement, et rapidement”, a dit ce collaborateur, sous le sceau de l’anonymat.

L’initiative de cette halte pakistanaise a été immédiatement critiquée par l’opposition indienne, qui a jugé que rien dans l’attitude récente du Pakistan ne justifiait un réchauffement des relations entre les deux pays.

“C’est une décision absurde, voire franchement ridicule”, a déclaré Manish Tewari, le chef du parti du Congrès.

Un porte-parole du parti Bharatiya Janata (BJP) de Narendra Modi a de son côté déclaré que l’Inde était disposée à répondre à toute initiative du Pakistan visant à améliorer leurs relations.

Avec Krishna N. Das à New Delhi, Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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