December 17, 2015 / 2:37 PM / 3 years ago

Vladimir Poutine appuie le processus diplomatique sur la Syrie

MOSCOU (Reuters) - Toutes les parties impliquées dans le conflit en Syrie doivent faire des concessions mais il est hors de question pour la Russie d’accepter que des forces extérieures décident du sort des dirigeants syriens, a déclaré jeudi Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine, lors de sa conférence de presse annuelle à Moscou. Alors qu'une nouvelle réunion internationale est prévue vendredi à New York pour tenter d'accélérer la recherche d'une solution politique, le président russe a apporté son soutien aux travaux en cours en vue de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie. /Photo prise le 17 décembre 2015/REUTERS/Maxim Zmeyev

“Nous pensons que seuls les Syriens peuvent décider qui doit les gouverner”, a dit le président russe, qui s’exprimait à l’occasion de sa conférence de presse annuelle.

Il a ajouté que les opérations de l’armée russe en Syrie se poursuivraient tant que les forces de Bachar al Assad poursuivraient les leurs. Poutine a ordonné fin septembre aux forces russes d’entrer en action en Syrie en soutien aux forces du régime d’Assad.

Alors qu’une nouvelle réunion internationale est prévue vendredi à New York pour tenter d’accélérer la recherche d’une solution politique, le président russe a apporté son soutien aux travaux en cours en vue de l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu sur la Syrie.

“Nous ferons tout pour aider au règlement de cette crise”, a-t-il dit. “Nous soutenons l’initiative des Etats-Unis au sujet d’une résolution de l’Onu.”

Il s’est interrogé par ailleurs sur la nécessité pour la Russie de conserver une base militaire permanente en Syrie puisque l’armée russe est dotée d’armes d’une portée suffisante “pour frapper” quiconque à plusieurs milliers de kilomètres autour des frontières russes.

“Je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d’une base (permanente) là-bas. Ce sont des infrastructures tout à fait significatives, il faut y investir de l’argent”, a-t-il dit.

L’armée russe dispose actuellement de l’usage d’une base navale à Tartous, en Syrie, au sud de Lattaquié.

S’il s’est montré plutôt conciliant vis-à-vis des projets de Washington, Vladimir Poutine a eu des mots très durs envers la Turquie, dont l’aviation a abattu un chasseur-bombardier russe le 24 novembre dernier à la frontière syrienne, un incident rarissime entre Moscou et un pays membre de l’Otan.

La Russie a imposé des sanctions économiques à Ankara en représailles.

“Si quelqu’un au sein de la direction turque a décidé de lécher les Américains à un endroit particulier, je ne sais pas s’il a agi correctement et si les Américains avaient besoin de cela”, a lancé le président russe.

Vladimir Poutine a laissé entendre que les Turcs auraient pu détruire l’avion russe pour qu’en échange, Washington ferme les yeux sur le déploiement de soldats turcs en Irak.

“Il y a peut-être eu un tel arrangement”, a-t-il dit.

“Il est difficile sinon impossible pour nous de parvenir à un accord avec l’actuel gouvernement turc”, a ajouté le président russe, qualifiant une nouvelle fois la destruction du SU-24 d’”acte hostile”.

“Qu’ont-ils obtenu ?” a poursuivi Vladimir Poutine. “Ils croyaient peut-être que nous partirions de Syrie ? Mais la Russie n’est pas ce genre de pays.”

Maria Tsvetkova et Christian Lowe; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below