December 14, 2015 / 6:34 AM / 3 years ago

Violences à Bangui en plein référendum constitutionnel

BANGUI (Reuters) - De violents combats ont fait au moins deux morts et des dizaines de blessés dimanche dans un secteur musulman de Bangui, la capitale centrafricaine, alors que les électeurs étaient appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel.

Catherine Samba-Panza, présidente de transition de la République centrafricaine. De violents combats ont fait au moins deux morts et des dizaines de blessés dimanche dans un secteur musulman de Bangui, la capitale, alors que les électeurs étaient appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel devant ouvrir la voie aux élections présidentielle et législatives fixées au 27 décembre. /Photo d'archives/REUTERS/Siegfried Modola

L’adoption attendue de cette nouvelle Constitution doit ouvrir la voie aux élections présidentielle et législatives fixées au 27 décembre, appelées à parachever le retour d’un processus démocratique dans un pays toujours dirigé par un cabinet et une présidente de transition.

Mais les ex-rebelles de la Séléka, partisans de la formation d’un nouveau gouvernement de transition, rejettent ce processus électoral, estimant que les conditions ne sont pas réunies pour assurer des scrutins crédibles.

Des hommes armés de fusils automatiques et de lance-roquettes ont mené plusieurs attaques pour tenter de bloquer les opérations de vote dans le quartier de PK5, a dit le général Bala Keita, commandant de la mission de l’Onu (Minusca).

“Nous avons dû parfois suspendre les opérations de vote pour riposter aux assaillants, c’est arrivé trois ou quatre fois, et puis le vote a repris”, a-t-il dit. “C’est une zone de guerre (...) C’est vraiment extraordinaire - nous aidons des gens à voter tout en nous battant contre d’autres qui veulent les en empêcher.”

Des témoins ont rapporté que les tirs et les explosions avaient éclaté peu après l’arrivée dans le quartier de PK5 des soldats de la Minusca. Ces violences ont fait au moins deux morts, toujours selon des témoins.

L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) a annoncé avoir pris en charge dans la journée 23 personnes blessées par des tirs d’arme à feu ou des éclats de grenade. Deux casques bleus ont été blessés dans les combats à Bangui, selon un responsable de la Minusca. Un troisième a été touché à Bria, dans le centre du pays.

Des tirs avaient déjà été entendus dans la nuit de samedi à dimanche aux abords de PK5, où vivent retranchés les musulmans de la ville et où le pape François a achevé à la fin du mois dernier sa visite en Centrafrique. Tout au long de son séjour à Bangui, le chef de l’Eglise catholique a exhorté chrétiens et musulmans à fraterniser et à refuser la haine.

SELON L’ONU, ON A VOTÉ NORMALEMENT DANS 80% DES BUREAUX

La nouvelle Constitution soumise aux voix est une étape essentielle en vue d’un rétablissement des institutions en Centrafrique, qui a sombré dans le chaos début 2013 quand les rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, ont pris le contrôle de Bangui.

Les exactions qu’ils ont commis ont entraîné des représailles de la part des milices chrétiennes anti-balaka et le pays a basculé dans un cycle de violences intercommunautaires qui a fait des milliers de morts, déplacé près d’un demi-million d’habitants et provoqué l’intervention des soldats français de l’opération Sangaris puis des casques bleus de l’Onu.

Les opérations de vote, qui ont commencé avec du retard dans un bon nombre de quartiers de Bangui, se sont achevées dans la soirée et le dépouillement a aussitôt débuté. L’Autorité nationale des élections a indiqué cependant que le vote se poursuivrait probablement dans la journée de lundi là où des problèmes logistiques ont empêché son bon déroulement.

La Britannique Diane Corner, chef adjointe de la Minusca, a estimé pour sa part que le scrutin s’était déroulé normalement dans 80% des bureaux de vote du pays. “Il y a eu des événements plutôt dramatiques, mais dans un petit nombre d’endroits”, a-t-elle dit.

Dans un communiqué diffusé dimanche matin, la coalition de la Séléka a estimé que les conditions - parmi lesquelles le retour des réfugiés - n’étaient pas réunies pour permettre le déroulement des prochaines élections.

“La République centrafricaine n’est pas prête à organiser des élections inclusives, démocratiques, crédibles, sûres et transparentes”, ont dit les ex-rebelles. “Une troisième équipe de transition, consensuelle, est nécessaire. Les élections et le référendum doivent être annulés.”

Le projet de Constitution qui était soumis aux électeurs limite les pouvoirs du président et accentue ceux du Parlement. Il propose aussi la création d’un Sénat en plus de l’actuelle Assemblée nationale et crée une Haute Cour de justice chargée de juger les crimes les plus graves.

avec Anthony Fouchard et Sebastien Lamba; Eric Faye, Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le service français

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