December 12, 2015 / 10:40 AM / 3 years ago

Un texte "ambitieux et équilibré" soumis à la COP21

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Laurent Fabius a proposé samedi à la conférence climat de Paris d’adopter un projet d’accord, qu’il a qualifié d’”ambitieux et équilibré”, sur la lutte contre le réchauffement de la planète, à l’issue d’une dernière nuit de discussions.

Laurent Fabius a proposé à la conférence climat de Paris d'adopter un projet d'accord, qu'il a qualifié d'"ambitieux et équilibré", sur la lutte contre le réchauffement de la planète, à l'issue d'une dernière nuit de discussions. Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, visiblement ému, s'adressait au "comité de Paris", une instance de concertation mise en place pour surmonter les désaccords sur le contenu final du texte. /Photo prise le 12 décembre 2015/REUTERS/Philippe Wojazer

Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, visiblement ému, s’adressait au “comité de Paris”, une instance de concertation mise en place au début de la semaine pour surmonter les désaccords sur le contenu final du texte.

“Nous sommes parvenus, c’est ma conviction profonde, à un projet d’accord ambitieux et équilibré qui reflète les positions des parties”, a-t-il dit. “Le projet d’accord proposé est (...) juste, durable, dynamique (...) et juridiquement contraignant.”

Quelques instants plus tard, François Hollande, qui avait ouvert la conférence le 30 novembre avec 150 chefs d’Etat et de gouvernement et assistait à cette dernière réunion du “comité de Paris”, a accentué la pression sur les chefs de délégation, dont de très nombreux ministres.

Toutes les conditions sont réunies et elles ne le seront plus avant longtemps”, a déclaré le président français.

“Vous êtes sur la dernière marche. Il faut se hisser encore à la hauteur de l’enjeu”, a-t-il ajouté. “Il n’y aura pas de report, il n’y aura pas de sursis possible, l’accord décisif pour la planète, c’est maintenant.”

Le projet de texte ne devait être remis qu’un peu plus tard mais Laurent Fabius en a énuméré les grandes lignes.

Il fixe pour objectif de contenir l’augmentation de la température moyenne de la planète “bien en deçà de 2°C et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C.”

La mention de ce seuil de 1,5° a été salué par de vifs applaudissements, notamment de la part de nombreux pays en développement pour lesquels il s’agissait d’une ligne rouge.

Le texte “tient compte sur chaque sujet des responsabilités différenciées des pays, de leurs capacités respectives à la lumière des circonstances nationales”, a ajouté Laurent Fabius.

Il prévoit la soumission ou l’actualisation tous les cinq ans de contributions nationales en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement de la planète. La révision de ces contributions ne pourra se faire qu’à la hausse.

“TOURNANT HISTORIQUE”

Le projet de décision attaché à l’accord prévoit que les 100 milliards de dollars par an d’aide aux pays en développement promis en 2009 par les pays développés pour 2020, année d’entrée en vigueur de l’accord, devront être un “plancher” pour l’après-2020. “Un nouvel objectif chiffré devra être défini au plus tard d’ici 2025”, a précisé Laurent Fabius.

Le fait que le chiffre de 100 milliards de dollars par an soit sorti de l’accord proprement dit était une exigence des Etats-Unis, qui ont reçu le soutien sur ce point de l’Union européenne, selon des sources proches des négociations.

Celui-ci prévoit enfin tous les cinq ans un bilan collectif des progrès réalisés dans la réduction des émissions de GES, afin de pouvoir réagir si les efforts sont insuffisants.

“S’il est adopté, ce texte sera donc un tournant historique”, a estimé Laurent Fabius.

Pour devenir un accord, le texte doit être formellement adopté dans l’après-midi par la COP21 en séance plénière (pour ce faire, il suffira qu’aucune délégation n’élève d’objections).

Son adoption conclura un cycle de négociations engagé en 2011 à la conférence de Durban, en Afrique du Sud.

Vendredi soir, Laurent Fabius avait mis en demeure les négociateurs de conclure. “Il faut savoir terminer une négociation”, avait-il dit.

Tout au long de la semaine, le président de la COP21 et son équipe d’environ 80 personnes ont enchaîné les consultations sous tous les formats, pour tenter de trouver des compromis sur les points les plus durs — questions financières, objectifs à long terme, traitement différencié des pays selon leur niveau de développement, processus de révision des engagements nationaux.

La conférence, qui devait s’achever vendredi par l’adoption d’un texte final, a été prolongée de 24 heures.

Avec Chine Labbé

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