December 11, 2015 / 7:09 AM / 3 years ago

Pas d'accord à la COP21 qui joue les prolongations

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - La conférence de Paris sur le climat devra prolonger ses travaux de 24 heures faute d’accord sur la lutte contre le réchauffement climatique, malgré une nouvelle nuit de négociations au niveau ministériel.

Laurent Fabius a annoncé vendredi après une nuit de négociations qu'il ne serait finalement pas en mesure de présenter dans la journée un accord final sur la lutte contre le réchauffement climatique à la conférence de Paris, comme initialement prévu, mais qu'il pensait pouvoir le faire samedi matin. /Photo prise le 1er décembre 2015/REUTERS/Stéphane Mahé

Selon plusieurs sources qui ont suivi les débats à huis clos au Bourget, près de Paris, jusqu’à près de 06h00 du matin vendredi, des pays clefs, dont la Chine et les Etats pétroliers du Golfe, ont raidi leur position.

Initialement, la COP21 devait se clore vendredi. Mais son président, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé après la suspension des discussions qu’il ne serait pas en mesure de présenter un texte final dans la journée comme initialement prévu.

“Aujourd’hui, le texte va être remis en ordre et je vais procéder à des consultations”, a-t-il déclaré à BFM TV. “Je présenterai le texte (...) samedi matin, tôt dans la matinée, et nous pourrons prendre la décision nécessaire à la mi-journée.”

“Mais l’atmosphère est bonne, (...) les choses vont dans le bon sens”, a-t-il ajouté. Mais des observateurs, qui ont pu suivre les débats en direct, ont estimé que la nuit avait été difficile, voire “très dure”.

“Des pays importants se sont retranchés derrière leurs lignes rouges au lieu d’avancer sur les compromis”, a ainsi dit Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation Nicolas Hulot.

Un sentiment confirmé par le député écologiste belge Jean-Marc Nollet, qui a suivi les discussions de l’intérieur de la salle où Laurent Fabius avait réuni les ministres chefs de délégation, dont le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

L’Arabie Saoudite, comme le Koweit, a ainsi déclaré ne pouvoir accepter un objectif plus ambitieux qu’un réchauffement limité à 2°C en 2100 alors que le projet d’accord distribué jeudi mentionne aussi le seuil de 1,5°C, réclamé par de nombreux pays en développement.

“REVENIR À L’ESSENTIEL”

L’Arabie saoudite et l’Irak ont également rejeté toute mention d’une tarification du carbone.

Plusieurs pays développés ont demandé un élargissement à d’autres Etats du périmètre des bailleurs d’aide aux pays les plus vulnérables. Mais la Chine a refusé de voir intégrer à l’accord l’aide financière qu’elle accorde dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

D’autres pays, comme le Japon ou la Suisse, ont estimé que l’accord allait trop loin. “Les responsabilités historiques ne peuvent être illimitées”, a ainsi dit le représentant suisse.

La date de la première révision des engagements nationaux en matière de réduction des gaz à effet de serre a aussi fait débat.

Le projet actuellement sur la table fixe comme objectif de contenir l’augmentation moyenne de la température de la planète bien en-dessous de 2 degrés Celsius par rapport au niveau pré-industriel et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse de température à 1,5 degré, afin de réduire significativement l’impact des changements climatiques.

“Il reste 24 heures pour revenir à l’essentiel. On peut encore construire l’avenir. Mais la fenêtre se rétrécit de jour en jour”, a dit Nicolas Hulot, envoyé spécial du président français, François Hollande.

“Je demande aux chefs d’Etat de se grandir à cet instant crucial pour l’humanité. (...) Si les chefs d’Etat n’ouvrent pas le chemin, attention que les peuples ne se fraient eux-mêmes la voie. Attention que la tentation du fatalisme ne conduise au fanatisme”, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a assuré sur France Inter que les nouvelles étaient “bonnes”.

“Il faut arriver à un compromis exigeant. (...) Il sera exigeant je n’en doute pas, notamment sur les objectifs que nous nous donnons. (...) C’est forcément compliqué. Nous trouverons un bon compromis”, a dit le chef du gouvernement.

Emmanuel Jarry avec Simon Carraud, Sophie Louet, Nina Chestney, David Stanway et Alister Doyle

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