December 9, 2015 / 3:17 PM / 3 years ago

Encore des points à trancher dans le projet d'accord à la COP21

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Laurent Fabius a remis mercredi aux 195 pays participant à la conférence de Paris sur le climat un projet d’accord en progrès par rapport aux précédentes versions mais qui ne règle toujours pas les trois principaux points au coeur de la négociation.

Manifestation d'organisations de défense de l'environnement au Bourget, où se tient la COP21. Laurent Fabius a remis mercredi aux 195 pays participant à la conférence de Paris sur le climat un projet d'accord en progrès par rapport aux précédentes versions mais qui ne règle toujours pas les trois principaux points au coeur de la négociation. /Photo prise le 9 décembre 2015/REUTERS/Jacky Naegelen

Les organisations de défense de l’environnement invitées en observatrices ont manifesté en fin d’après-midi au coeur de la “zone bleue” sous juridiction de l’Onu pour faire pression sur les délégations engagées dans des consultations tous azimuts.

François Hollande a reconnu que des Etats montraient encore “des résistances” et nourrissaient des “interrogations”, lors d’une remise de décorations à l’Elysée, notamment à son envoyé spécial pour les questions climatiques, Nicolas Hulot.

Le président français a refusé de nommer ces pays “pour ne pas compliquer les négociations” dans un “moment décisif”.

Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21 a déclaré mardi qu’il espérait faire adopter un accord vendredi à 18h00 et il s’en tient à ce calendrier.

Par rapport au brouillon rendu samedi par les négociateurs avant de passer la main au niveau ministériel, le nombre de passages dont la formulation n’a pas été arrêtée a été réduit des trois quarts, a dit Laurent Fabius.

“C’est nettement mieux mais c’est encore trop”, a-t-il ajouté lors d’une brève réunion du “comité de Paris”, instance de concertation ouverte à toutes les délégations.

“Il faut nous préparer à avancer cette nuit et demain en vue de l’adoption d’un accord dans les délais fixés.”

La présidence de la COP et les neuf binômes de ministres de pays développés et en développement chargés de trouver des compromis, les “facilitateurs”, avaient déjà travaillé toute la nuit de mardi à mercredi pour aboutir à ce projet de texte.

Selon Laurent Fabius, restent notamment à trancher les points relatifs à la différenciation (la modulation des efforts demandés aux pays selon leur niveau de développement), à l’aide financière et au “niveau d’ambition” de l’accord.

“JUSTICE CLIMATIQUE”

Ces trois volets sont depuis le début les plus durs à résoudre, tant ils se heurtent à une multitude d’intérêts.

En matière d’ambition, la nouvelle mouture, bien que nettement plus ramassée que les précédentes (seulement 14 pages pour le projet d’accord proprement dit) réintroduit même trois options concernant l’objectif de réchauffement climatique.

La première stipule que les futurs signataires s’engagent à contenir ce réchauffement “sous 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels” à la fin du siècle.

La deuxième propose “bien en dessous de 2°C”, tout en reconnaissant les risques encourus par certaines pays au-dessus de 1,5°C et en préconisant des efforts supplémentaires.

La troisième reprend l’objectif de 1,5°C demandé par les pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques.

Les organisations de défense de l’environnement continuent pour leur part un intense lobbying dans les allées de la COP21.

“L’ambition finale de l’accord de Paris est encore entre crochets”, a expliqué à des journalistes le porte-parole de la fondation de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin.

En fin d’après-midi, environ 500 représentants de la société civile et de ces ONG venus du monde entier, souvent très jeunes, ont manifesté dans le hall principal de la “zone bleue” pour protester contre un manque d’ambition présumé des négociateurs.

Ils brandissaient des pancartes demandant la “justice climatique” ou plaidant pour un réchauffement limité à 1,5°.

Au milieu des manifestants, l’ancien négociateur philippin Yeb Saño, se montrait quelque peu amer.

“Personnellement, je n’ai aucune illusion sur la possibilité d’influer les gouvernements en manifestant”, a-t-il déclaré à Reuters. “Mais cela montre que nous sommes solidaires.”

Avec Alister Doyle, Elizabeth Pineau et Megan Rowling, édité par Yves Clarisse

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