December 8, 2015 / 10:15 PM / 3 years ago

Nicolas Sarkozy ne voit rien d'"immoral" dans le vote FN

ROCHEFORT, Charente-Maritime (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui défend depuis le premier tour des régionales sa stratégie consistant à ne pas trancher entre le Front national (FN) et la gauche, a jugé mardi que le vote en faveur de la formation d’extrême droite n’avait rien d’immoral.

Lors d'un meeting de soutien à aux candidats LR en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Nicolas Sarkozy, qui défend depuis le premier tour des régionales sa stratégie consistant à ne pas trancher entre le Front national (FN) et la gauche, a jugé mardi que le vote en faveur de la formation d'extrême droite n'avait rien d'immoral. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Lors d’un meeting de soutien à ses candidats en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le président du parti Les Républicains (LR) a dit avoir pris “en conscience” la décision de ne pas retirer, ni fusionner ses listes dans les régions où le FN est en mesure de l’emporter au second tour, dimanche.

“Le vote FN n’est pas immoral”, a lancé Nicolas Sarkozy lors de cette réunion à Rochefort (Charente-Maritime). “Le vote FN n’est pas un vote contre la République”, a-t-il également affirmé.

Après avoir évoqué les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, l’ancien président de la République a repris des thématiques susceptibles de séduire l’électorat du parti de Marine Le Pen.

Il a notamment assuré que, s’il avait soutenu l’état d’urgence, l’assignation à résidence et la déchéance de nationalité, il n’était pas question pour autant de taire toute critique à l’égard du gouvernement.

“Un pays qui se tait est un pays qui meurt”, a-t-il jugé sous les applaudissements.

“La France n’en peut plus de colère, d’exaspération, d’angoisse. (...) Le peuple de France se demande si la France de toujours restera la France”, a ajouté le président des Républicains.

“LA RURALITÉ SE SENT ABANDONNÉE”

Toujours le regard tourné vers sa droite, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il avait été “le premier à parler des racines chrétiennes de la France”, à dire que “les Français en ont assez qu’un groupe de voyous fasse régner la terreur dans certains quartiers” et que “la ruralité se sent abandonnée”.

La stratégie de Nicolas Sarkozy ne fait pas l’unanimité dans son camp puisque les centristes, ainsi que l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux de LR, ont exprimé leur désaccord.

A Rochefort, Nicolas Sarkozy a également défendu l’alliance pour ces régionales avec les centristes de l’UDI et du Modem.

“J’ai voulu l’union parfaite dans toutes les régions de France”, a-t-il dit à l’attention de ses alliés, indiquant que faire des différences entre les régions en fonction des résultats était “un problème de boutiquier”.

“On a fait l’union pour diriger les régions mais cette union d’aujourd’hui doit être l’union de demain”, a-t-il ajouté.

Dimanche dernier, la liste de droite et des centristes conduite dans le Sud-Ouest par Virginie Calmels est arrivée en deuxième position (27,2%) derrière celle menée par le président socialiste sortant en Aquitaine, Alain Rousset (30,4%), et devant celle du FN (23,2%).

Edité par Simon Carraud

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