December 3, 2015 / 6:20 AM / 3 years ago

Fusillade en Californie, CNN évoque un lien avec le terrorisme

SAN BERNARDINO, Californie (Reuters) - Les autorités américaines tentent toujours de déterminer si le couple accusé d’avoir tué 14 personnes et d’en avoir blessé 21 autres à San Bernardino, en Californie, avant de tomber sous les balles de la police entretenait des liens avec des groupes islamistes à l’étranger, a-t-on appris jeudi de source proche de l’enquête.

Syed Rizwan Farook, l'homme qui a abattu avec sa femme 14 personnes et en a blessé 21 autres mercredi en Californie, était en contact avec des entités liées au terrorisme, rapporte CNN Les autorités n'écartent aucune piste pour exliquer la tuerie commise à San Bernardino. /Photo prise le 3 décembre 2015/REUTERS/Mike Blake

Citant des sources policières, CNN rapporte pour sa part que Syed Rizwan Farook, l’homme du couple, était en contact avec des personnes faisant l’objet d’enquête du FBI pour terrorisme international.

Il semble qu’il se soit radicalisé, ajoute la chaîne américaine qui, citant d’autres sources policières, dit cependant que d’autres facteurs, comme un litige lié à son travail, pourraient avoir joué un rôle dans le passage à l’acte.

Farook, qui était âgé de 28 ans, et sa femme, Tashfeen Malik, 27 ans, tous deux de confession musulmane, ont ouvert le feu en pleine fête de fin d’année organisée mercredi dans les locaux des services sociaux à San Bernardino. Farook y était employé, chargé de l’inspection sanitaire des restaurants et des piscines. Au terme d’une chasse à l’homme de plusieurs heures, lui et sa femme ont été tués dans une fusillade avec la police.

“Ni Farook ni Malik n’étaient connus du FBI ou ne figuraient sur une liste d’individus potentiellement radicalisés”, souligne CNN. “Cependant, Farook avait parlé au téléphone ou via les réseaux sociaux avec plusieurs individus faisant l’objet d’enquête pour terrorisme.”

“NOUS NE CONNAISSONS TOUJOURS PAS LES MOBILES DES TIREURS”

Lors d’une conférence de presse organisée après les révélations de la chaîne, le chef de la police de San Bernardino, Jarrod Burguan, a réaffirmé : “Nous ne connaissons toujours pas les mobiles des tireurs.” Il a ajouté que Farook était inconnu des services de police avant la tuerie de mercredi.

Le directeur du FBI à Los Angeles, David Bowdich, a souligné qu’aucune piste ne pouvait être exclue à ce stade de l’enquête et qu’il serait “irresponsable et prématuré” d’imputer la tuerie à un acte de terrorisme.

Le couple, a-t-il ajouté, était rentré aux Etats-Unis en juillet 2014 à la suite d’un voyage qui l’avait conduit au Pakistan et, peut-être, dans d’autres pays. L’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a confirmé que le jeune homme avait séjourné une dizaine de jours dans le pays durant l’été 2014.

A Washington, des responsables proches de l’enquête ont souligné qu’à ce stade de l’enquête la police ne disposait pas d’éléments tangibles établissant un lien direct entre le couple et un groupe islamiste à l’étranger.

PLUS DE 350 FUSILLADES DEPUIS JANVIER

Citoyen américain, Syed Rizwan Farook était né dans l’Illinois d’une famille émigrée du Pakistan, a déclaré Hussam Ayloush, directeur exécutif du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) pour la région de Los Angeles.

Tashfeen Malik était née au Pakistan et avait vécu en Arabie saoudite avant d’épouser Farook. Le couple avait une petite fille de six mois, qu’ils ont laissée à la garde de sa grande-mère maternelle avant leur équipée meurtrière.

Il s’agit de la fusillade la plus meurtrière aux Etats-Unis depuis le massacre de l’école primaire Sandy Hook de Newton, dans le Connecticut, qui avait fait 27 morts en décembre 2012, dont le tireur.

La tuerie relance une énième fois les inquiétudes face aux violences avec armes à feu aux Etats-Unis. Depuis le début de l’année, il y a eu plus de 350 fusillades au cours desquelles quatre personnes au moins ont été blessées ou tuées, selon le site shootingtracker.com.

Mais l’attaque de San Bernardino, ville ouvrière de 220.000 habitants à une centaine de kilomètres à l’est de Los Angeles, diffère cependant de nombre des fusillades aux Etats-Unis, notamment par le fait qu’elle a impliqué deux personnes et non pas un seul individu.

Et dans le contexte des primaires en vue de l’élection présidentielle de novembre prochain, à la lumière également des attaques du 13 novembre à Paris revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) qui ont fait 130 morts, plusieurs candidats républicains, dont Donald Trump, ont déclaré que la tuerie à l’Inland Regional Center était probablement liée au terrorisme.

Barack Obama a déclaré pour sa part que les enquêteurs ignoraient encore les mobiles des tueurs. “Il est possible que ce soit lié au terrorisme. Mais nous n’en savons rien. Il est possible aussi que ce soit lié à un problème d’ordre professionnel”, a dit le président, qui a ordonné que les drapeaux soient mis en berne.

Le président démocrate, qui milite en vain pour l’adoption d’une législation sur le contrôle des armes à feu, s’est aussi ému sur CBS qu’il existe aux Etats-Unis “une liste noire du transport aérien recensant des gens qui ne peuvent monter à bord d’avions mais qui pourraient en revanche entrer maintenant dans un magasin (...) et acheter une arme à feu sans que nous ne puissions rien faire pour les en empêcher”.

LES TUEURS S’ÉTAIENT PRÉPARÉS

Mercredi en fin de matinée, Farook assistait à la fête de fin d’année organisée dans les locaux des services sociaux du comté de San Bernardino. Il en est parti, peut-être après une altercation avec un autre participant, avant de revenir avec son épouse.

Le couple était armé de deux fusils d’assaut et de deux pistolets, retrouvés sur les lieux de la fusillade avec les forces de l’ordre, cinq heures après leur intrusion mortelle dans les locaux des services sociaux de San Bernardino.

Il avait également piégé l’Inland Regional Center avec des explosifs, que les artificiers ont désamorcés.

Les tireurs présumés, a dit Jarrod Burguan lors de sa conférence de presse, ont tiré entre 65 et 75 fois dans le centre social. Lors de la fusillade avec les forces de l’ordre, les policiers ont tiré à 76 reprises. Au total, la police a retrouvé dans le véhicule du couple 1.600 cartouches.

Lors d’une perquisition dans une maison a priori utilisée par le couple, les enquêteurs ont découvert 4.500 cartouches supplémentaires de même que douze bombes “tuyaux” artisanales et du matériel servant à la fabrication d’explosifs.

“Ils s’étaient préparés à commettre ce qu’ils ont fait comme s’ils étaient en mission”, a déclaré Jarrod Burguan.

Jeudi, dix blessés étaient toujours hospitalisés, dont deux dans un état grave mais stabilisé.

avec Timothy Ahmann, Julia Edwards et Mark Hosenball à Washington et Lisa Richwine et Alex Dobuzinskis à Los Angeles; Bertrand Boucey, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français

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