December 2, 2015 / 10:05 AM / in 3 years

Karim Benzema réaffirme son innocence dans l'affaire Valbuena

PARIS (Reuters) - Le footballeur Karim Benzema, mis en examen dans l’enquête sur un chantage présumé aux dépens de son coéquipier des Bleus Mathieu Valbuena, affirme ne pas être coupable et dit espérer un dénouement heureux à cette affaire.

La défense de Karim Benzema a annoncé mercredi qu'elle allait porter plainte pour violation du secret de l'instruction après la publication du procès-verbal d'audition de la star de l'équipe de France de football, dans lequel il dit avoir voulu "aider" Mathieu Valbuena dans une affaire de chantage. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L’attaquant du Real Madrid a été mis en examen avec quatre autres personnes pour son rôle présumé dans une tentative d’extorsion de fonds et placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec son coéquipier, ce qui complique la préparation des Bleus à sept mois de l’Euro 2016.

“Je ne joue pas un jeu, je suis là pour être sincère”, dit-il dans un entretien diffusé mercredi par TF1.

“J’ai rien fait (...) je suis pas coupable”, ajoute-t-il.

“J’espère que ça va bien se terminer (...) qu’on retourne tous en équipe de France pour gagner cet Euro.”

Les maîtres-chanteurs présumés, que Karim Benzema assure ne pas connaître, auraient été en possession d’une vidéo intime embarrassante pour Mathieu Valbuena.

Depuis le début, Karim Benzema nie toute implication dans un chantage. Mais Mathieu Valbuena, qui s’est dit “déçu” de son attitude, estime qu’il l’a “indirectement” invité à payer.

“Que j’entende que j’ai fait du chantage, que je lui ai demandé de l’argent, ça me rend fou”, déclare Karim Benzema dans l’entretien à TF1. “On n’a jamais, jamais parlé d’argent ou quoi que ce soit.”

Selon lui, Mathieu Valbuena “s’est fait retourner le cerveau avec toutes les interviews.”

Le Monde a publié mercredi l’intégralité du procès-verbal de l’audition de Karim Benzema qui a conduit à sa mise en examen.

Une “fuite” dont son avocat Alain Jakubowicz s’est dit “stupéfait”, confirmant son intention de porter plainte pour violation du secret de l’instruction.

UN “GROS MALENTENDU”

Dans ce procès-verbal, Karim Benzema tient des propos souvent confus.

Il affirme ne pas avoir vu la “sextape” impliquant Mathieu Valbuena - “un pote”, dit-il - mais lui en avoir parlé sur la foi de ce que lui en avait dit son “ami” Karim Zenati, qui selon lui l’avait vue et parlait d’une vidéo “chaude”.

L’attaquant de l’équipe de France parle d’un “gros malentendu” avec son coéquipier.

“Au départ, je voulais le mettre au courant d’une histoire qu’il y avait sur lui et l’aider”, dit-il dans le procès-verbal, en affirmant avoir voulu l’orienter vers Karim Zenati pour que ce dernier l’aide à régler l’affaire s’il le désirait.

Il admet que les propos peu amènes, voire méprisants, qu’il tient sur Mathieu Valbuena dans ses conversations téléphoniques avec Karim Zenati sont inopportunes, mais parle d’”un délire”.

“Ce n’était que de l’aide, je n’avais rien d’autre derrière la tête, de chantage ou d’argent. De l’argent, j’en ai. Je n’en ai pas besoin. Karim (Zenati, NDLR) non plus. Je lui en donne de l’argent, il est employé dans ma société. Après, au téléphone, on a abusé, je m’en veux de parler de cette manière, parce que c’est pas bien.”

Sur TF1, Karim Benzema a été plus loin, assurant qu’il avait voulu rentrer en contact avec Mathieu Valbuena pour s’excuser de ces propos. C’est “la seule chose que je regrette dans tout ça”, a-t-il dit.

Son rôle dans cette affaire continue de susciter des commentaires politiques.

“Si (un sportif) n’est pas exemplaire, il n’a pas sa place dans l’équipe de France”, a déclaré mardi le Premier ministre Manuel Valls sur Europe 1, ajoutant que si l’un de ses ministres était mis en examen, “il ne serait plus membre du gouvernement”.

Pour Karim Benzema, a ajouté le chef du gouvernement, “d’une certaine manière, c’est pareil. Quand on assume des responsabilités, quand on incarne l’équipe de France, il faut être exemplaire”.

“C’est de l’acharnement”, a réagi le footballeur. “On m’accuse, on me traîne dans la boue (...) comme si j’étais un criminel.”

Sur Europe 1, l’ancien président Nicolas Sarkozy a aussi critiqué la prise de position de Manuel Valls. “Ce n’est pas l’Etat de droit, pour moi”, a-t-il dit.

Yves Clarisse, avec Sophie Louet, édité par Simon Carraud et Chine Labbé

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