November 23, 2015 / 6:19 AM / 3 years ago

Mauricio Macri élu à la présidence de l'Argentine

par Jorge Otaola et Juliana Castilla

Le candidat de l'opposition libérale Mauricio Macri a été élu dimanche président de l'Argentine en remportant le second tour face à son rival péroniste de centre gauche Daniel Scioli, qui a concédé la défaite. Après dépouillement de pratiquement tous les bulletins de vote, Mauricio Macri, maire de droite de la capitale Buenos Aires, était crédité de 51,5%. /Photo prise le 22 novembre 2015/REUTERS/Enrique Marcarian

BUENOS AIRES (Reuters) - Le candidat de l’opposition libérale Mauricio Macri a été élu dimanche à la présidence de l’Argentine en remportant le second tour avec 51,5% des voix face à son rival péroniste de centre gauche, Daniel Scioli, qui était soutenu par la présidente sortante.

“C’est le début d’une nouvelle ère qui doit nous conduire vers la croissance et le progrès dont nous avons besoin”, a déclaré le président élu, favori des milieux d’affaires, à ses partisans en liesse.

Issu d’une riche famille de l’immigration italienne, l’actuel maire de la capitale a mené campagne en promettant de relancer une croissance économique anémique, de juguler l’inflation et d’en finir avec la corruption.

“Nous avons dit que nous devions édifier, de la Terre de feu au sud jusqu’à Jujuy au nord, une nouvelle Argentine sans pauvreté, et c’est ce que nous allons faire”, a poursuivi Macri, qui n’est que le troisième candidat non péroniste élu à la présidence depuis la fin de la dictature militaire, en 1983.

Mauricio Macri a annoncé pendant la campagne électorale qu’il ouvrirait le pays aux capitaux en levant les mesures de contrôle des changes. Il veut aussi éliminer les taxes sur les exportations de maïs et de blé et réduire progressivement les droits perçus sur les chargements de soja. Il entend également mettre fin au bras de fer entre l’Argentine et les détenteurs d’obligations souveraines du pays qui ont rejeté par deux fois, en 2005 et 2010, des rééchelonnements de la dette nationale.

Il a toutefois prévenu avant le second tour qu’il ne serait “pas possible de régler en un jour tous les problèmes laissés par l’administration sortante”.

Mauricio Macri s’en est pris lundi au président de la banque centrale d’Argentine, Alejandro Vanoli, et a demandé aux responsables de cet établissement de quitter leurs fonctions afin de permettre au nouveau gouvernement de désigner une équipe en laquelle il aura toute confiance.

“Le gros problème de l’Argentine, aujourd’hui, c’est que pendant quatre ans, on n’a pas eu de croissance, pendant quatre ans aucun emploi n’a été créé et maintenant, il faut qu’on fasse repartir le pays”, a dit Mauricio Macri lors d’une conférence de presse.

CRISE ÉCONOMIQUE

Il s’est engagé à revoir la politique menée par Cristina Fernandez: “Le contrôle des capitaux est une erreur. Nous en finirons avec l’opacité du gouvernement, avec le fait que l’on n’a pas accès aux statistiques et que la banque centrale n’est pas indépendante”, a-t-il continué.

L’indice Merval de la bourse de Buenos Aires a grimpé de 25% depuis la performance surprise réalisée par Macri au premier tour le 25 octobre.

Le nouveau président prêtera serment le 10 décembre.

Âgé de 56 ans, Mauricio Macri avait obtenu au premier tour le score inattendu de 34,3% des suffrages, talonnant Daniel Scioli, qui était soutenu par la présidente sortante, Cristina Fernandez (36,9%).

“Le peuple argentin a élu un nouveau président, Mauricio Macri, que je viens de féliciter au téléphone”, a déclaré ce dernier à ses partisans.

Cristina Fernandez achève un double mandat de quatre ans et ne pouvait solliciter un troisième mandat consécutif. Elle a été précédée à la présidence par son défunt mari Nestor Kirchner.

Elle laisse un pays profondément divisé entre les classes populaires, qui applaudissent les généreux programmes sociaux mis en place par le couple Kirchner, et les milieux d’affaires, qui dénoncent les nombreux contrôles instaurés sur l’économie du pays, la troisième d’Amérique latine.

L’Argentine affiche un important déficit budgétaire, que Fernandez a financé en émettant des pesos, ce qui a contribué à alimenter une inflation bien supérieure à 20%. Les réserves en devises sont à leur plus bas niveau depuis neuf ans et le pays ne peut se financer sur les marchés obligataires depuis qu’il a fait défaut sur sa dette l’an dernier.

Ces dernières semaines, Cristina Fernandez s’était exprimée à plusieurs reprises pour appeler les électeurs à garantir le maintien des programmes sociaux du gouvernement en faveur de l’éducation, de la santé et des mères pauvres. “Quand je partirai, plaise à Dieu que ne soit pas détruit ce qu’il a fallu des années pour construire”, avait-elle lancé à ses partisans lors d’un récent meeting.

avec Richard Lough; Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below