June 26, 2015 / 11:40 AM / 3 years ago

L'EI commet un massacre à Kobani, progresse à Hassaka en Syrie

BEYROUTH (Reuters) - L’Etat islamique (EI) a poursuivi vendredi sa double offensive dans le nord de la Syrie, l’une contre la ville de Kobani frontalière de la Turquie et tenue par les miliciens kurdes, l’autre contre Hassaka, dans le nord-est du pays près de la frontière irakienne.

A Suruc, à la frontière turque avec la Syrie, une famille endeuillée après la perte d'un proche dans la ville syrienne de Kobani. L'offensive lancée par l'Etat islamique contre la ville d'Hassaka dans le nord-est de la Syrie, après celle de Kobani, aurait provoqué le déplacement de 60.000 civils, indique l'antenne des Nations unies dans le pays, ajoutant que les mouvements de population dans cette région pourraient concerner jusqu'à 200.000 personnes. /Photo prise le 26 juin 2015/REUTERS/Murad Sezer

Les affrontements entre les djihadistes et les miliciens kurdes de l’YPG se poursuivent à Kobani où les assaillants ont tué près de 150 civils, ont indiqué vendredi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et des sources kurdes.

Il s’agit du deuxième plus important massacre de civils commis par les djihadistes depuis la découverte en décembre dernier des corps de 230 membres de la tribu d’Al Cheitaat dans un charnier dans la province orientale de Daïr az Zour, a ajouté l’OSDH.

Plusieurs dizaines de djihadistes ont participé à l’attaque de Kobani, qui a impliqué au moins trois voitures piégées, a précisé l’OSDH, ajoutant que des personnes âgées, des femmes et des enfants figurent au nombre des victimes civiles.

L’attaque visait également le village voisin de Brakh Bootan.

A Hassaka, où l’offensive lancée jeudi par l’EI a déjà provoqué le déplacement de 60.000 civils et pourrait à terme concerner 200.000 personnes, selon l’antenne des Nations unies en Syrie, le gouvernement de Bachar al Assad a admis vendredi être en mauvaise posture.

Contredisant des déclarations du gouverneur de cette ville du nord-est du pays, qui avait déclaré plus tôt dans la journée à la télévision syrienne que la ville était “sûre” et avait appelé la population à rentrer, le ministre syrien de l’Information a déclaré que l’armée y faisait face à “une agression terroriste sans précédent”.

DAMAS APPELLE LES HABITANTS À PRENDRE LES ARMES

Indiquant qu’un bâtiment des services de sécurité a été pris d’assaut et en partie détruit par les djihadistes, il a appelé les habitants à prendre les armes pour défendre la ville contre l’EI.

“Je demande à tout homme, toute jeune femme et tout jeune homme de prendre les armes et de se rendre immédiatement sur la ligne de front pour défendre la ville”, a déclaré Omran al Zoubi à la télévision d’Etat.

Hassaka, qui comptait environ 300.000 habitants avant le début de la guerre, est divisée en plusieurs zones administrées séparément par le gouvernement syrien et par des autorités kurdes.

Proche des frontières de la Turquie et de l’Irak, elle est totalement coupée par voie terrestre des zones encore contrôlées par le gouvernement syrien à l’ouest du pays.

L’EI, qui s’est emparé de plusieurs quartiers de la ville, a annoncé vendredi après-midi sur son compte Twitter avoir libéré les détenus de la prison d’Hassaka.

Le Bureau de l’Onu pour la coordination des affaires humanitaires a estimé vendredi matin que 50.000 personnes avaient déjà été déplacées dans la localité même d’Hassaka tandis que 10.000 autres ont fui en direction du Nord vers la ville d’Amouda, près de la frontière turque.

Ces estimations se fondent sur les chiffres des partenaires locaux et sur le département syrien des Affaires sociales.

“On estime que 200.000 personnes pourraient tenter de fuir la ville dans les prochaines heures pour gagner les zones du nord du gouvernorat, principalement à destination d’Amouda et de Kamichli”, précise l’organisation onusienne.

Kamichli est située à 80 km au nord d’Hassaka, sur la frontière avec la Turquie.

DES COMBATS AUSSI DANS LE SUD

Les deux offensives de l’EI ont été lancées simultanément aux premières heures de la journée de jeudi et ont pris pour cible des objectifs difficiles à défendre par les airs, limitant l’intervention des avions de la coalition internationale sous commandement américain.

L’armée de l’air syrienne a en revanche mené des raids au sud d’Hassaka, a rapporté l’OSDH. Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, un grand nombre de combattants de l’EI ont été tués par ces frappes. Cette information n’a pas été confirmée de source indépendante.

Les forces gouvernementales syriennes sont engagées sur un autre front, dans le sud du pays, cette fois face à une alliance rebelle composée notamment de groupes soutenus par l’Occident qui ont lancé jeudi une offensive pour chasser les dernières forces de Bachar al Assad de la province de Deraa.

Selon l’OSDH, ces combats ont fait au moins 34 morts en vingt-quatre heures, dont des insurgés.

Bachar al Zoubi, le chef de l’Armée de Yarmouk, un des mouvements rebelles sudistes, a déclaré à Reuters que les combats se poursuivaient vendredi et que les insurgés progressaient lentement.

Avec Tom Perry; Pierre Sérisier et Tangi Salaün pour le service français, édité par Guy Kerivel

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