June 19, 2015 / 12:44 PM / in 3 years

Dylann Roof aurait avoué avoir commis la tuerie de Charleston

par Edward McAllister, Harriet McLeod et Alana Wise

Dylann Roof a avoué être l'auteur de la tuerie dans une église fréquentée par la communauté noire mercredi soir à Charleston, en Caroline du Sud, au cours de laquelle neuf personnes ont été tuées, /Photo prise le 18 juin 2015/ REUTERS/Jason Miczek

CHARLESTON, Caroline du Sud (Reuters) - Dylann Roof, l’auteur de la tuerie dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, au cours de laquelle neuf personnes ont été tuées mercredi soir, est visé par neuf chefs d’inculpation pour meurtres, a annoncé vendredi la police de la ville.

Il devra également répondre de possession d’arme en relation avec un crime violent.

Dylann Roof, 21 ans, a été arrêté jeudi dans une petite ville de Caroline du Nord, à 350 km au nord de Charleston.

Selon la police, il est resté assis parmi les fidèles de l’Emanuel African Methodist Episcopal Church de Charleston pendant près d’une heure avant d’ouvrir le feu, tuant six femmes et trois hommes. Malgré les supplications de ses victimes, il a rechargé cinq fois son arme, a témoigné un rescapé.

Parmi ses victimes, âgées de 26 à 87 ans, figurent quatre pasteurs dont un élu démocrate au Sénat local, Clementa Pinckney.

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si la tuerie était un crime motivé par la haine, dans un contexte lourd marqué ces derniers mois aux Etats-Unis par la mort de plusieurs Afro-Américains abattus par des policiers alors qu’ils n’étaient pas armés.

Selon la chaîne de télévision CNN, qui cite des sources policières, Dylann Roof a avoué être l’auteur de la tuerie, ce qu’un porte-parole de la police a refusé de confirmer.

Nikki Haley, gouverneur de Caroline du Sud, a déclaré sur NBC que le jeune homme de 21 ans méritait selon elle la peine de mort. “C’est sans aucun doute un crime de haine”, a dit la républicaine Nikki Haley. “Nous avons discuté avec les enquêteurs (...), ils ont dit avoir vu le diable de leurs yeux.”

“CRIME DE HAINE”

La Caroline du Sud est l’un des cinq Etats américains qui ne reconnaît pas la qualification de crime de haine, une accusation qui se traduit le plus souvent par des condamnations plus lourdes car l’acte reproché est motivé par la couleur de la peau de la victime, son sexe ou son orientation sexuelle.

Barack Obama a souligné que ce genre de violences se produisait trop souvent aux Etats-Unis, estimant qu’il ramenait le pays à une “période sombre” et qu’il illustre le danger que comporte une législation trop souple sur les armes à feu, aux termes du deuxième amendement à la Constitution américaine.

“Après cette stratégie, nous allons chanter et nous tenir la main mais le problème, ce sont les armes. La Caroline du Sud et le pays sont devenus complètement fous”, a déclaré Wendell Gilliard, un élu démocrate représentant Charleston à la Chambre des représentants locale.

Le lieu de culte où la tuerie s’est produite, communément appelé “Mother Emanuel”, a été fondé au début du XIXe siècle. Incendié en 1820 lors d’une révolte d’esclaves, il a été reconstruit par la suite.

Cette tragédie rappelle l’attentat à la bombe commis contre une église afro-américaine de Birmingham (Alabama) qui avait provoqué la mort de quatre jeunes filles en septembre 1963 et avait galvanisé le mouvement en faveur des droits civiques.

Selon le Southern Poverty Law Center, 4.120 crimes liés à la haine raciale ont été commis aux Etats-Unis depuis 2003, dont 56 assassinats.

Guy Kerivel, Danielle Rouquié et Nicolas Delame pour le service français

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