June 4, 2015 / 11:33 AM / 4 years ago

Paris insiste sur les financements pour un accord sur le climat

MARSEILLE/PARIS (Reuters) - La France souhaite la conclusion d’un pré-accord sur les questions de financement de la lutte contre le réchauffement climatique d’ici les assemblées d’automne de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Lima, les 9 et 11 octobre, a déclaré jeudi le ministre des Finances, Michel Sapin.

Lors de son discours d'ouverture du Forum méditerranéen sur le climat, la MedCop21, François Hollande a déclaré qu'il n'y aurait pas d'accord en décembre prochain à Paris lors de la conférence internationale pour lutter contre le réchauffement climatique sans déblocage des financements nécessaires, 100 milliards d’euros par an. /Photo prise le 4 juin 2015/REUTERS/Claude Paris/Pool

Les participants au sommet sur le climat de Copenhague, en 2009, se sont engagés à consacrer 100 milliards de dollars par an, publics et privés, à l’aide aux pays en développement pour qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et s’adaptent aux conséquences des dérèglements climatiques.

Mais cette question reste un des principaux points à régler par la conférence sur le climat de Paris (COP21), qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre.

“C’est la question cruciale. Il n’y aura pas d’accord à Paris s’il n’y a pas les financements”, a déclaré jeudi à Marseille le président François Hollande, lors de l’ouverture du Forum méditerranéen sur le climat, la MedCop21.

Cette conférence mobilise les acteurs impliqués dans la lutte contre le changement climatique en Méditerranée.

Un Fonds vert pour le climat, dont la création a été décidée au sommet de Copenhague, réunit aujourd’hui une dizaine de milliards de dollars.

“DÉBLAYER” LE TERRAIN

“Nous devons arriver, au-delà de ce fonds vert, à mobiliser des financements pour qu’à partir de 2020 100 milliards puissent être dégagés” par an, a dit François Hollande. “C’est à la fois une condition pour l’accord et c’est un levier considérable pour l’économie et la croissance verte.”

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la totalité des aides publiques bilatérales et multilatérales liées au climat et octroyées au pays en développement a atteint 37 milliards de dollars en 2013.

Mais la prise en compte de tout ou partie de ces sommes dans l’enveloppe de 100 milliards promise se heurte à des problèmes de définition de leur nature et de leur destination.

“Nous avons souhaité mettre en oeuvre une clarification méthodologique (...) pour qu’on dise ce qu’il y a exactement dans ces 100 milliards”, a déclaré Michel Sapin en marge d’une conférence ministérielle de l’OCDE sur le climat.

Il a dit avoir bon espoir quant à l’aboutissement de ces travaux. Mais il reste également à compléter les financements publics par des fonds privés.

“Le plus fondamental c’est la réorientation des financements privés vers des activités” sobres en GES, a-t-il souligné devant la presse.

“En terme de calendrier, notre souhait est que (...) nous puissions avancer de manière à ce qu’à Lima nous ayons, si ce n’est un accord total et complet, en tous les cas les bases d’un accord sur les questions de financement.”

Le ministre français des Finances a précisé que les acteurs principaux se réuniraient en marge des assemblées du FMI et de la Banque mondiale à Lima pour “déblayer” le terrain et “avoir une base solide pour la suite des débats sur ces questions”.

Jean-François Rosnoblet et Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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