May 5, 2015 / 11:26 AM / 3 years ago

Tollé et enquête sur le "fichage" religieux à Béziers

TOULOUSE (Reuters) - Le parquet de Béziers (Hérault) a ouvert mardi une enquête préliminaire sur le fichage religieux des élèves auquel le maire Robert Ménard, apparenté Front national, aurait procédé.

Le parquet de Béziers (Hérault) a annoncé mardi avoir ouvert une enquête préliminaire sur le fichage des élèves en fonction de la religion auquel le maire de la commune, Robert Ménard, a dit procéder. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

L’enquête devra permettre d’établir la réalité d’un tel fichier, précise le parquet dans un communiqué.

En déplacement en Arabie saoudite, François Hollande a fustigé une pratique “contraire à toutes les valeurs de la République” et assuré que des sanctions seraient prises.

Des perquisitions ont été menées mardi à la mairie de Béziers où Robert Ménard a déclaré à la presse qu’il n’existait “aucun fichier, aucune fiche informatique ou manuscrite”.

Il avait pourtant dit lundi disposer de statistiques sur l’appartenance religieuse des enfants scolarisés dans sa commune - 64,6% d’entre eux seraient musulmans.

Robert Ménard a estimé mardi qu’il voyait dans cette polémique le reflet d’un “problème avec l’immigration” et invoqué l’absence de maîtrise du français des parents de ces enfants, qu’il voudrait “aider” grâce à ses méthodes.

“Les statistiques par l’origine des prénoms existe, et c’est la gauche qui les promeut”, a-t-il poursuivi, citant notamment les travaux de l’Observatoire des discriminations.

“Comment font les maires de gauche qui servent aux enfants des cantines des repas sans porc pour savoir qui en mange et qui n’en mange pas?” a lancé l’ancien président de Reporters sans frontières, dont les propos ont provoqué un tollé politique.

“L’ESPRIT DE 1939”

C’est la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, qui a demandé à la rectrice de Montpellier de saisir la procureur “pour protéger les élèves (...) et mettre un terme immédiat à cette pratique qui attente à la République.”

“L’esprit de 1939 est de retour, les mêmes vieux démons et ces balafres faites à la République. La même lâcheté sur des enfants”, a réagi pour sa part la ministre de la Justice, Christiane Taubira, sur Twitter. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, évoque un “climat de guerre civile verbale” qui “mine notre cohésion nationale”.

Gérald Darmanin, député UMP et porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne pour la présidence du parti, écrit sur les réseaux sociaux que son second prénom est Moussa et interroge : “Enfant dans votre ville, aurais-je été fiché ?”

L’association SOS Racisme dit étudier “les recours juridiques pour faire cesser ce fichage ethnique”. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) établit un parallèle entre le fichage des juifs en 1940 et l’initiative de Robert Ménard.

La FCPE, première fédération de parents d’élèves, souligne que “ces mêmes procédés, stigmatisant des citoyens, ont conduit par le passé à l’horreur”.

La loi du 6 janvier 1978 précise qu’il est interdit de “collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques”.

Julie Rimbert, Gregory Blachier avec Sophie Louet et John Irish, édité par Yves Clarisse

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