April 29, 2015 / 11:24 AM / 3 years ago

Création d'une structure de prise en charge pour les djihadistes

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a annoncé mercredi la création, d’ici à la fin de l’année, d’une “structure” de prise en charge des jeunes Français de retour de zones de djihad comme la Syrie qui ne seraient pas suivis judiciairement.

Manuel Valls (ici avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve) a annoncé mercredi la création, d'ici à la fin de l'année, d'une "structure" de prise en charge des jeunes Français de retour de zones de djihad comme la Syrie qui ne seraient pas suivis judiciairement. /Photo prise le 22 avril 2015/REUTERS/Philippe Wojazer

En avril 2014, le gouvernement français a adopté un plan de prévention et de lutte contre les filières djihadistes prévoyant notamment un numéro vert et une plate-forme de signalement sur internet à destination des familles qui craignent le basculement, voire le départ, d’un proche.

Des structures d’accueil ont aussi été créées au niveau des préfectures pour accueillir les parents désarmés.

Un an plus tard, près de 1.900 signalements ont été enregistrés, dont un quart pour des mineurs et plus de 40% pour des jeunes femmes, a indiqué mercredi le Premier ministre.

“Nous devons aller encore plus loin et explorer de nouvelles pistes”, a-t-il déclaré lors d’un discours en clôture de rencontres internationales de magistrats antiterroristes à Paris.

“Une structure sera créée d’ici la fin d’année afin de prendre en charge, sur la base du volontariat, des jeunes de retour de zones de conflit et ne faisant pas, bien sûr, l’objet de poursuites judiciaires”, a ajouté Manuel Valls.

“Par un accompagnement individualisé, une prise en charge psychologique et un encadrement renforcé, ces jeunes devraient retrouver toute leur place dans notre société.”

La question du traitement des djihadistes de retour des zones de combat n’était jusque-là pas abordée, le programme gouvernemental ayant pour vocation première de “tarir la source”.

La piste d’un “centre unique” avait été avancée par des élus de droite, mais elle se heurtait à la difficulté de trouver une collectivité locale qui accepte de l’accueillir, comme le soulignait en fin d’année dernière le préfet Pierre N’Gahane, chargé du volet prévention.

DISCUSSIONS AVEC DES ÉLUS LOCAUX

Le ministère de l’Intérieur, qui a proposé ce projet, se dit toutefois “confiant”. “On va en parler avec des élus locaux”, dit-on dans l’entourage de Bernard Cazeneuve.

Ce centre, qui ne sera pas fermé et ne recevra que des volontaires, accueillera divers intervenants et prendra en charge tous ceux dont le profil se situe dans une “zone grise”, entre ceux qui ont pris part aux combat et sont suivis par la justice et ceux qui sont radicalisés mais pas encore partis.

Des jeunes traumatisés et repentis, d’autres qui ont été en Turquie mais dont on ne sait pas s’ils ont véritablement rejoint la Syrie, des femmes retenues prisonnières: autant de profils qui pourraient se retrouver dans ce centre.

D’abord destiné aux personnes qui ne sont pas prises en charge par la justice, il pourra s’ouvrir dans un second temps aux personnes placées sous contrôle judiciaire, indique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Intérieur.

Il devrait accueillir “quelques dizaines de personnes” au début, mais l’idée est de “monter en puissance”.

Interrogé sur l’efficacité d’un centre où ne sont envoyés que des volontaires, le ministère souligne que tous les dispositifs de suivi de jeunes radicalisés ou en voie de radicalisation mis en place via le numéro vert se font aussi sur la base du volontariat. Et plusieurs dizaines de jeunes sont ainsi pris en charge, précise-t-on.

Quelque 1.605 Français ou résidents en France sont impliqués dans des filières de départ vers la Syrie et l’Irak, 445 sont actuellement en Syrie et 99 sont morts sur place, a indiqué mercredi le Premier ministre.

Parmi eux, sept ont commis un attentat suicide.

Selon la commissaire européenne à la Justice, près de 6.000 Européens sont actuellement en Syrie. Ils pourraient être 10.000 d’ici la fin de l’année.

Chine Labbé, édité par Sophie Louet

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